Juppé : « Un Premier ministre, on le lèche, on le lâche, on le lynche ! »
Citation du jour

Suite de l’humour institutionnel. L’Histoire en citations enfile les perles en situation, sous la Cinquième République. Un petit rappel s’impose.

« Un Premier ministre, on le lèche, on le lâche, on le lynche ! »3383

Alain JUPPÉ (né en 1945)

La Malédiction Matignon (2006), Bruno Dive, Françoise Fressoz.

Il a vécu un court état de grâce, devenu Premier ministre (1995-1997) et maire de Bordeaux. Reconnu par Chirac comme « le meilleur d’entre les hommes de droite », il se rend vite impopulaire, par le projet de réforme des retraites, le gel des salaires des fonctionnaires, la déroute des « Juppettes » (huit femmes débarquées du gouvernement après quelques mois d’exercice) et cette raideur de l’homme qui se dit lui-même « droit dans ses bottes. » Mais le pire est à venir.

En 1998, Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt » -  pour des faits commis en tant que secrétaire général du RPR et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Le 30 janvier 2004, le tribunal correctionnel de Nanterre le condamne lourdement : dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et dix ans d’inéligibilité ! L’appel interjeté suspend l’application de la peine, jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel. Le 1er décembre 2004, condamnation réduite à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité. Juppé vit une traversée du désert qui passe par le Canada…

Nombre de commentateurs estiment qu’il paie pour Chirac, reconnu comme responsable moralement.

Toutes les citations qui suivent
sont commentées dans nos Chroniques.

« On était dans un appartement avec une fuite de gaz. Chirac a craqué une allumette pour y voir clair. »3342

Patrick DEVEDJIAN, commentant la dissolution et le résultat des élections, en 1997, prix de l’humour politique en 1998

Député de droite et réélu, il vit en pénitence au RPR, ayant choisi le clan Balladur contre Chirac, à la présidentielle de 1995. Retour en grâce en 2002, victoire de Sarkozy en 2007, mais le clan sarkozyste fait barrage : « Il y avait tellement de gens à mon enterrement que j’ai décidé de ne pas m’y rendre. » Preuve de sa popularité sur le terrain et de la complexité du jeu politique, il est réélu président du conseil général des Hauts-de-Seine.

« Je voterais Dominique de Villepin, même s’il ne se présentait pas. »3397

Azouz BEGAG, fin octobre 2006 sur Canal Plus, à propos de l’élection présidentielle à venir

Le premier cas public d’« antisarkozysme primaire » se trouve à droite. Ministre chargé de la Promotion de l’égalité des chances, il est entré en conflit ouvert avec Sarkozy, candidat déclaré qui le surnomme « Vidéo-Begag » pour ses gaffes. « Il n’a pas les codes de la vie politique », estime un collègue. Mais l’« Arabe de service » a un soutien de poids, Villepin, chef du gouvernement, ennemi intime de Sarkozy, et vice-versa.

« Le débat politique revient à peu près à ceci : « Mon poêle à mazout est tombé en panne, que comptez-vous faire quand vous serez élu ? » »3409

Claude ALLÈGRE, Le Point, 28 février 2007

Toutes les campagnes présidentielles sont dénigrées, les candidats devant sacrifier au rite du micro et du plateau, courant de radios en télés, pour répondre aux questions des « vrais gens », alors…Géochimiste et homme politique connu pour son franc-parler, Allègre a suscité des controverses médiatiques, pour ses prises de position sur le réchauffement climatique, d’où le poêle à mazout en question.

« Passer de rien à chef de l’État, Hollande va souffrir… »3472

Brice HORTEFEUX, député européen, conseiller de Nicolas Sarkozy, en lice pour le Prix Press Club, humour et politique

Fidèle lieutenants de Sarko, l’un des patrons de la cellule « Riposte » à l’Élysée en 2012, chargé de définir la ligne d’attaque ou de défense - en bref, guetter et créer les petits mots qui font mal. Hollande, candidat à la présidence, fait tout pour contredire l’image de cette « gauche molle » que Martine Aubry lui a collée. Juste quand le représentant de la « gauche folle », Mélenchon, va le traiter de « capitaine de pédalo dans la tempête ».

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