Flaubert : « Je n'aimais pas ce roi des prud'hommes. N'importe ! comparé aux autres, c'est un géant. » | L’Histoire en citations
Flaubert : « Je n'aimais pas ce roi des prud'hommes. N'importe ! comparé aux autres, c'est un géant. »
Citation du jour

Thiers. Un demi-siècle de politique politicienne, au service de la République citoyenne.

Le hasard du calendrier rapproche deux naissances très républicaines : après la semaine du 2 avril (1838) consacrée à Gambetta, celle du 15 avril (1797) est l’occasion de revoir et corriger l’idée que nous avons d’Adolphe Thiers.

Brocardé, caricaturé, chansonné, mais populaire de son vivant et presque toujours réélu, y compris dans l’opposition républicaine à la monarchie ou à l’empire. Il faut rendre justice au personnage.

Pour son portrait, l’Histoire en citations donne la parole aux contemporains.

« Je n’aimais pas ce roi des prud’hommes. N’importe ! comparé aux autres, c’est un géant. »2456

Gustave FLAUBERT (1821-1880), à la mort de Thiers, Correspondance (1893)

« … et puis il avait une vertu rare : le patriotisme. Personne n’a résumé comme lui la France, de là l’immense effet de sa mort. » Oui ! Personne n’a mieux résumé Thiers que Flaubert. Et pourtant…

Cet hommage du bout de la plume prendra encore plus de valeur par la suite : le personnel politique de la Troisième République fut d’une grande médiocrité, sauf exceptions - Gambetta, Clemenceau, Jaurès.

C’est aussi la révision d’un jugement du même auteur, ce grand bourgeois de Flaubert qui déteste les bourgeois de son temps et condamnait Thiers de son vivant, au nom de ce préjugé anti-bourgeois propre à nombre d’intellectuels, au siècle suivant.

« Rugissons contre Monsieur Thiers ! Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois ! Non, rien ne peut donner l’idée du vomissement que m’inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la bourgeoisie. »2293

Gustave FLAUBERT (1821-1880), Lettre à George Sand (1867). Thiers, élu député de Paris en mai 1863, est devenu le chef de l’opposition libérale au Second Empire de Napoléon III.

« Sans jalousie, sans petitesse, sans morgue et sans préjugés, [Thiers] se détache sur le fond terne et obscur des médiocrités du temps. »2039

CHATEAUBRIAND (1768-1848), Mémoires d’outre-tombe (posthume). Géant des lettres, éternel déçu de la politique, ce noble reste attaché à la cause sans espoir de la monarchie légitimiste, quand la noblesse perd le pouvoir au profit de la bourgeoisie montante (Monarchie de Juillet). Au gouvernement comme dans l’opposition, Thiers sera le défenseur de cette classe qu’il incarne sans complexe.

« Tous ces prétendus hommes politiques sont les pions, les cavaliers, les tours ou les fous d’une partie d’échecs qui se jouera tant qu’un hasard ne renversera pas le damier. »2038

BALZAC (1799-1850), Monographie de la presse parisienne (1842). Jeux politiques de la Monarchie de Juillet, installée dans l’histoire entre deux révolutions. Les acteurs sont croqués sans indulgence. Rastignac entre dans la galerie des grands classiques et Thiers sert de modèle à ce bourgeois avide d’argent et de pouvoir.

« Il n’est point parvenu, il est arrivé. »2084

TALLEYRAND (1754-1838), 1834. Il fut le parrain politique de Thiers, ambitieux, arriviste, intelligent et comparable à lui, par certains côtés. Le mot de « parvenu » fait référence à la fortune de Thiers, à sa carrière politique rapide, à sa réception à l’Académie française, où il est donc « arrivé », en 1834. Citons Hugo, aussi méprisant pour le style de Thiers que pour son public : « Thiers est un portier écrivain qui a trouvé des portiers lecteurs. »

« Au clair de la lune, / Brave citoyen,
Thiers cherche fortune, / Tu le connais bien.
Il est sans-culotte, / Il en fait l’aveu.
Refrain
Donne-lui ton vote / Pour l’amour de Dieu. »2167

La Candidature du citoyen Thiers en 1848, chanson nouvelle en 9 couplets, signée « Le Révélateur impartial ». Deuxième République. La campagne électorale bat son plein et la chanson (anonyme) dénonce ce politicien arriviste : il est élu aux élections complémentaires de juin 1848, qui accentuent le conservatisme de l’Assemblée.

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