Lacouture : « Le 30 mai, en l'espace de cinq minutes que dura l'allocution du général, la France changea de maître, de régime et de siècle... »
Citation du jour

Après une courte absence à l’Élysée - très remarquée, très commentée -, de Gaulle a « repris la main ». La France respire. Le général sera quand même la victime collatérale de cette aventure qu’il n’a pas vu venir (« L’année 1968, je la salue avec sérénité », vœux télévisés du 31 décembre 1967) et qui l’a brisé. La suite de l’histoire va le montrer, l’année suivante.

« Le 30 mai, en l’espace de cinq minutes que dura l’allocution du général, la France changea de maître, de régime et de siècle. Avant 16 h 30, on était à Cuba. Après 16 h 35, c’était presque la Restauration. »3076

Jean LACOUTURE (1921-2015), De Gaulle, volume III. Le souverain (1986)

On l’a su plus tard, le président est allé voir le général Massu en Allemagne. Oui, mais pourquoi ?

Dans sa grande biographie consacrée à de Gaulle, Jean Lacouture confronte les interprétations qui opposent deux écoles : celle du désarroi et celle de la tactique, pour conclure que le mystère demeure : « Une « dépression » ? une « pause » à Baden ? une « manœuvre » difficile à comprendre ? un « chef-d’œuvre tactique » ? Qui, témoin, chroniqueur, analyste, partisan ou adversaire, peut dire le dernier mot sur cet étrange détour vers la Forêt-Noire ? »

Le biographe décrit par ailleurs le contexte : ressaisissement du pouvoir, revirement de l’opinion, incroyable rapidité du retour à l’ordre des choses. Mai 68 demeure le plus surprenant des happenings, jusqu’à la fin, jusqu’au triple épilogue - 1969, puis 1970.

Toutes les citations qui suivent
sont commentées dans nos Chroniques.

« Voici qu’à l’avant-veille de la Pentecôte, un bruit devenu vite tapage, puis clameur, retentit d’un bout à l’autre du pays : l’essence est revenue. La révolution est finie ; les grèves vont cesser ; le temps est doux ; la mer, la campagne, la montagne nous appellent pour le long week-end […] C’est la démobilisation générale. »3077

Pierre VIANSSON-PONTÉ, Histoire de la République gaullienne, II (1971)

Le travail reprend, après les fêtes de la Pentecôte. Le gouvernement Pompidou est remanié pour écarter les ministres trop exposés dans les événements (Éducation nationale, Jeunesse, Information, Intérieur, Affaires sociales). On prépare les élections. En juin, triomphe du pouvoir avec majorité absolue. De Gaulle parle des « élections de la trouille ».

« Cas sans précédent de suicide en plein bonheur. »3087

François MAURIAC, à propos du référendum d’avril 1969. De Gaulle, volume III (1986), Jean Lacouture

De Gaulle a perdu son dernier référendum (réforme régionale et réforme du Sénat). Il part en Irlande, pour ne pas être impliqué dans la campagne présidentielle - il votera par procuration. De retour à Colombey, il s’enferme dans sa propriété de la Boisserie pour un ultime face à face avec l’histoire : rédaction désenchantée, mais sereine, de ses Mémoires d’espoir.

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