Louis XIV : « Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu'on les respectât comme ses lieutenants... » | L’Histoire en citations
Louis XIV : « Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu'on les respectât comme ses lieutenants... »
Citation du jour

 

Louis XIV et Dieu… Dieu, c’est moi. Le roi ne l’a pas dit, il a dû le penser, dans cette monarchie de droit divin, devenue absolue sous son règne.

Quant à sa piété personnelle… Louis le Grand ne fut jamais Saint Louis, ni même Louis XI, mais sur le tard et sous l’influence de la très pieuse Mme de Maintenon, il s’est davantage tourné vers la religion.

« Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu’on les respectât comme ses lieutenants, se réservant à lui seul le droit d’examiner leur conduite. Sa volonté est que quiconque est né sujet obéisse sans discernement. »809

LOUIS XIV (1638-1715), Mémoires pour l’instruction du Dauphin (1662)

La monarchie est de droit divin et le roi n’est comptable que devant Dieu. Aussi longtemps que dure ce postulat, rien ne peut être remis en question. Il fallait les philosophes du Siècle des Lumières et la Révolution de 1789.

« Quelque mauvais que puisse être un prince, la révolte de ses sujets est toujours infiniment criminelle. »810

BOSSUET (1627-1704), Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte (posthume)

L’évêque de Meaux, véritable chef de l’Église en France, pousse très loin la doctrine de la monarchie absolue et de droit divin. Mais il exprime l’opinion de l’immense majorité des Français, et même des Européens de l’époque, pour qui le roi est l’image de Dieu sur Terre et de sa toute-puissance. Cela dit, être roi est un métier pour Louis XIV, son premier devoir étant de l’exercer aussi consciencieusement et rigoureusement que possible.

« [Louis XIV] est Dieu, il faut attendre sa volonté avec soumission, et tout espérer de sa justice et de sa bonté, sans impatience, afin d’en avoir plus de mérite. »831

Duchesse de MONTPENSIER (1627-1693), Mémoires de Mlle de Montpensier

La Grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans, cousine germaine de Louis XIV, rescapée de la Fronde et de l’exil qui s’ensuivit pour elle, extravagante princesse, illustre bien l’adage : l’argent ne fait pas le bonheur. On peut même dire que son immense fortune héritée de sa mère (Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier) lui attire de nombreux prétendants et d’innombrables ennuis en amour. Elle souffre également de voir la noblesse neutralisée, impuissante et humiliée, sous le règne de Louis XIV.

« Messieurs, voilà le roi d’Espagne. La naissance l’appelait à cette couronne, le feu roi [d’Espagne] aussi par son testament, toute la nation l’a souhaité […] C’était l’ordre du ciel, je l’ai accordé avec plaisir. »922

LOUIS XIV (1638-1715), à la foule des courtisans, après un Conseil resté célèbre, 16 novembre 1700

Louis XIV présente ainsi son petit-fils âgé de bientôt 17 ans, second fils du Grand Dauphin. Et invoque « l’ordre du ciel » pour adouber le nouveau souverain. Le roi a pris avis de son entourage le plus proche, décidant enfin d’accepter le testament de Charles II. Cadeau prestigieux pour la France, mais risque immense que l’Europe l’accepte mal. Pour l’heure et en ce jour historique, la joie à la cour l’emporte largement sur la crainte.

« Dieu a donc oublié tout ce que j’ai fait pour lui ? »936

LOUIS XIV (1638-1715), apprenant l’hécatombe à la bataille de Malplaquet, septembre 1709

Œuvres choisies de Chamfort (1826)

Malplaquet n’est qu’une semi-défaite. Les Français peuvent se replier en bon ordre, et les deux camps revendiquent la victoire. « Encore une défaite comme ça, Sire, et nous avons gagné la guerre », assure Villars. Mais l’année suivante, d’autres villes tombent (Béthune, Douai). La France est à bout de force, Paris même est menacé. Le roi demande à nouveau la paix. Ses voisins sont trop heureux de l’humilier.

« J’ai toujours ouï dire qu’il est difficile de mourir ; pour moi qui suis sur le point de ce moment si redoutable aux hommes, je ne trouve pas que cela soit difficile. »946

LOUIS XIV (1638-1715), à Mme de Maintenon, 28 août 1715. Son mot de la fin

Dernières paroles rapportées. Il meurt le 1er septembre. La grandeur du roi face à l’adversité des dernières années, la piété et la dignité de l’homme devant la mort frappent même ses ennemis les plus intimes : Saint-Simon saluera « cette fermeté d’âme, cette égalité extérieure, cette espérance contre toute espérance, par courage, par sagesse, non par aveuglement ».

« Dieu seul est grand, mes frères. »947

Jean-Baptiste MASSILLON (1663-1742), Oraison funèbre de Louis XIV, 2 septembre 1715, à la Sainte-Chapelle de Paris

L’évêque de Clermont semble plus moraliste qu’apologiste, au début de l’hommage rendu à Louis le Grand : « Dieu seul est grand, mes frères, et dans ces derniers moments surtout où il préside à la mort des rois de la terre, plus leur gloire et leur puissance ont éclaté, plus, en s’évanouissant alors, elles rendent hommage à sa grandeur suprême. »

Massillon fait preuve ensuite d’une belle habileté rhétorique. Il revient à la grandeur du roi dont les victoires « ont été autrefois assez publiées » et le seront encore « pour notre instruction ». Mais il est grand aussi par les épreuves subies, ses malheurs et ses disgrâces, et Massillon évoque les deuils, la mort du Dauphin et du duc de Bourgogne, qui rendent le roi humain, par sa souffrance de père. Il retrace le règne en une vaste fresque, ne dissimule pas le passif, cette part d’ombre qui vient en antithèse et fait ressortir les actions du Roi-Soleil. Enfin, en bonne logique chrétienne, le roi, vivante image de Dieu sur terre, est plus grand encore dans la mort que dans la vie : « Louis meurt en roi, en héros, en saint. »

Siècle de Louis XIV

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