Marquis d'Argenson : « On se souviendra longtemps qu'il ressemblait à l'Amour. » | L’Histoire en citations
Marquis d'Argenson : « On se souviendra longtemps qu'il ressemblait à l'Amour. »
Citation du jour

lumières citations10 mai 1774. Mort de Louis XV et avènement de Louis XVI : deux événements logiquement associés.

C’est le commencement de la fin de l’Ancien Régime, autant dire l’agonie d’une monarchie millénaire qui se termine par la Révolution. L’Histoire en citations donne la parole aux personnages et au peuple (anonyme), les commentaires précisent la situation et donnent sens à l’Histoire. Autre intérêt de la Chronique : rappeler ce qui s’est passé avant et ce qui arrivera après…

Louis XV dit le Bien-Aimé meurt haï du peuple, au terme d’un règne de soixante ans. C’est toute une histoire, associée au siècle des Lumières. Impossible à résumer ! Donnons juste quelques repères.

À feuilleter pour tout savoir.

« On se souviendra longtemps qu’il ressemblait à l’Amour. »1090

Marquis d’ARGENSON (1694-1757), lors du sacre, en la cathédrale Notre-Dame de Reims, 25 octobre 1722

Journal et Mémoires du marquis d’Argenson (posthume, 1859)

Louis XV restera « le Bien-Aimé » pour l’histoire, même s’il finit détesté par son peuple. Les contemporains de son adolescence, unanimes, évoquent sa séduction et sa prestance, la grâce qu’il met à danser, monter à cheval, passer les troupes en revue.  Adoré de sa femme, longtemps amoureux d’elle et fidèle, il lui fait 10 enfants en 10 ans, avant de la tromper ouvertement avec un nombre record de favorites, parfois politiquement influentes.

« On se sentait forcé de l’aimer dans l’instant. »1118

CASANOVA (1725-1798), de passage en France, 1750, Histoire de ma vie (posthume)

L’aventurier et mémorialiste italien (d’expression française) confirme cette impression de prestance et de grâce que Louis XV donne à quiconque l’approche : « J’ai vu le roi aller à la messe. La tête de Louis XV était belle à ravir et plantée sur son cou l’on ne pouvait pas mieux. Jamais peintre très habile ne put dessiner le coup de tête de ce monarque lorsqu’il se retournait pour regarder quelqu’un. »

« Puisqu’il a repris sa catin, il ne trouvera plus un Pater sur le pavé de Paris. »1120

Les poissardes parlant de Louis XV, novembre 1744

Bien-Aimé, certes, mais déjà contesté. Elles ont tant prié pour la guérison du roi malade. Mais il vient de reprendre sa maîtresse Mme de Châteauroux, troisième des sœurs de Nesle, présentées au roi par le duc de Richelieu, petit-neveu du cardinal (embastillé à 15 ans pour débauche et remarié pour la troisième fois à 84 ans). La nouvelle fait grand scandale. La cour se tait, mais la rue a son franc-parler.

« Sire, je suis bien fâché d’avoir eu le malheur de vous approcher ; mais si vous ne prenez pas le parti de votre peuple, avant qu’il soit quelques années d’ici, vous et Monsieur le Dauphin et quelques autres périront. »1143

Robert François DAMIENS (1715-1757), premiers mots de sa lettre au roi écrite dans son cachot, après l’attentat du 5 janvier 1757

Louis XV ne fut que légèrement blessé par le couteau (un simple canif). Pourtant, il est profondément choqué par l’attentat : outre qu’il redoute effroyablement l’enfer, il comprend soudain et un peu tard qu’il n’est plus le bien-aimé de ses sujets. Le supplice de Damiens restera dans les annales du crime. Le spectacle des tortures infligées au parricide contribuera à l’adoption de la guillotine révolutionnaire, assurément moins barbare !

« Voyez tout le sang que coûte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l’épargner. »1123

LOUIS XV (1710-1774), à son fils le Dauphin, au soir de la victoire de Fontenoy, 11 mai 1745

Le roi parcourt le champ de bataille, jonché de 11 000 morts et blessés. Il a pris la tête de l’armée pour redonner confiance aux troupes et apporter plus de coordination aux opérations mal menées. Mais ce n’est pas un roi guerrier, pas plus que son siècle.

« Pour nous autres Français, nous sommes écrasés sur terre, anéantis sur mer, sans vaisselle, sans espérance ; mais nous dansons fort joliment. »1157

VOLTAIRE (1694-1778), Lettre à M. Bettinelli, 24 mars 1760, Correspondance (posthume). Le plus illustre philosophe des Lumières, populaire par son humour

La guerre ne se joue pas sur le sol de France et ne menace pas tragiquement ses frontières, comme au siècle dernier ou au siècle suivant. Mais elle coûte de plus en plus cher au pays et la fiscalité s’alourdit. Le problème n’est pas seulement financier. L’armée n’a pas de chefs militaires dignes de ce nom et les hommes de gouvernement se révèlent incapables de gérer la situation.

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