Poincaré : « La mobilisation n'est pas la guerre. » | L’Histoire en citations
 Poincaré La mobilisation n'est pas la guerre
Citation du jour

« La mobilisation n’est pas la guerre. »2580

Raymond POINCARÉ (1860-1934), Appel au pays, 1er août 1914

Dictionnaire de français Larousse, au mot « mobilisation ».

Appel affiché sur les murs des communes de France, avec l’ordre de mobilisation générale. Mais le 3 août, l’Allemagne nous déclare la guerre, d’où le Message du président aux Chambres : « Dans la guerre qui s’engage, la France sera héroïquement défendue par tous ses fils dont rien ne brisera, devant l’ennemi, l’union sacrée. »

Union sacrée, saluée par L’Humanité du 10 août : « Des entrailles du peuple, comme des profondeurs de la petite et grande bourgeoisie, des milliers de jeunes gens, tous plus ardents les uns que les autres, quittant leur famille, sans faiblesse et sans hésitation, ont rallié leurs régiments, mettant leur vie au service de la Patrie en danger. »

« Je tordrai les Boches avant deux mois. »2586

Généralissime JOFFRE (1852-1931), août 1914

Ces mots, souvent cités, font partie de la propagande, mais la croyance en une guerre courte prévaut en France, avec la reconquête de l’Alsace-Lorraine en quelques semaines. Tout commence par une guerre de mouvement et à la mi-août, plus de 4 millions d’hommes sont sous les drapeaux. Pratiquement pas de déserteurs, contrairement aux craintes du gouvernement.

Joffre a élaboré le plan français, mais la bataille des frontières se déroule selon le plan allemand (plan Schlieffen) : invasion de la Belgique et contournement des défenses françaises par le Nord. L’Allemagne croit elle aussi à une guerre courte, contre « la méprisable petite armée du général French. » (Guillaume II)

« Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre !
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés ! »2588

Charles PÉGUY (1873-1914), Ève (1914)

Deux derniers alexandrins d’un poème qui en compte quelque 8 000. Patriote et dreyfusard, socialiste et chrétien, humaniste suspect à l’Église comme au parti socialiste, isolé par son intransigeance et ignoré jusqu’à sa mort du grand public, Péguy est le plus inclassable des intellectuels.
 
Poète inspiré, il appelle de tous ses vœux la « génération de la revanche ». Lieutenant, il tombe à la tête de sa compagnie d’infanterie, frappé d’une balle au front à Villeroy le 5 septembre, veille de la bataille de la Marne.

« Une troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. »2589

Généralissime JOFFRE (1852-1931), Proclamation du 6 septembre 1914

Ordre du jour resté célèbre. L’inflexibilité se passe de commentaire, suivie d’une simple phrase sur la discipline militaire : « Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée. »

Après le recul du mois d’août et l’envahissement du nord-est de la France, voici la (première) bataille de la Marne, du 6 au 9 septembre. Joffre et Gallieni (gouverneur de Paris) vont retourner la situation. Et Foch va s’illustrer avec les taxis de la Marne.

« Mon centre cède, ma droite recule, situation excellente, j’attaque. »2590

Général FOCH (1851-1929), Message au Grand Quartier Général, première bataille de la Marne, 6 au 9 septembre 1914

Pour Foch, une bataille se perd moralement, mais se gagne de même. La défaite semblait certaine. Il la refuse. D’où ce télégraphe envoyé à Joffre qui l’a mis à la tête de la IXe armée. Quatre jours de bataille acharnée, auxquels participent les fameux taxis : 1 100 chauffeurs réquisitionnés ont conduit sur le front 5 000 hommes de la 7e DI (division d’infanterie). Le Trésor public versera 70 102 francs à la compagnie des taxis G7, appartenant au comte Walewski (petit-fils de Napoléon Ier) : c’est lui qui a eu l’idée de cette opération, parfaitement menée.

Cette victoire sauve de justesse la capitale de l’assaut allemand et redonne tout son prestige à Joffre.

« Debout les morts ! »2593

Adjudant PÉRICARD (1876-1944) du 95e RI (régiment d’infanterie), 8 avril 1915

Fait rapporté par Maurice Barrès, L’Écho de Paris du 18 novembre 1915

Dans l’attaque de la Woëvre (plaine lorraine), les Allemands ont envahi la tranchée, les soldats français gisent à terre. Soudain, un homme se soulève et crie. À cet appel, les blessés s’extirpent des cadavres, se redressent et chassent l’envahisseur.

L’adjudant de 36 ans, engagé volontaire, entre dans la légende en héros. Devenu père de dix enfants, cet « ancien combattant » réunit 6 000 témoignages de poilus, dans un ouvrage collectif : Verdun 1914-1918.

Second Empire et IIIe République

 

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