Thiers : « Si je réussissais, je serais obligé d'épouser la République... » | L’Histoire en citations
Thiers : « Si je réussissais, je serais obligé d'épouser la République... »
Citation du jour

L’humour de Thiers est indiscutable - qualité rare en politique, surtout quand on l’applique à sa propre personne. Naturellement, il en fait profiter ses adversaires, étant lui-même victime des caricaturistes et humoristes d’une presse qui jouit enfin d’une (certaine) liberté d’expression, au XIXe siècle.

« Si je réussissais, je serais obligé d’épouser la République et je suis trop honnête garçon pour épouser une si mauvaise fille ! »2186

Adolphe THIERS (1797-1877), refusant de se porter candidat à la présidence

Histoire de France contemporaine depuis la Révolution jusqu’à la paix de 1919, volume VI (1921), Ernest Lavisse, Philippe Sagnac.

Dieu sait pourtant qu’il en rêve, de ce poste et de ce régime : être le premier président de la République ! Beaucoup de patience et ça viendra, un peu tard.
En attendant la Troisième République, la Deuxième se déchire politiquement et vit des heures tragiques, avec des émeutes populaires, surtout parisiennes, qui terrifient la France essentiellement rurale, paysanne, de moins en moins révolutionnaire, après les événements de février, de juin…

Dans ce contexte agité, Thiers président, c’était le souhait du parti de l’Ordre qui regroupe des monarchistes (légitimistes et orléanistes), des républicains conservateurs, voire modérés, unis par leur opposition au socialisme, force montante.

Bugeaud, le maréchal qui a un nom, un prestige, refuse lui aussi. Lamartine s’est malheureusement déconsidéré aux yeux de ses anciens partisans et le parti de l’Ordre se rabat sur le troisième homme : Louis-Napoléon Bonaparte. Thiers de conclure : « Sans affirmer que la nomination de M. Louis Bonaparte soit le bien, elle paraît à nous tous, hommes modérés, un moindre mal. » Même Hugo, grand républicain s’il en est, va tomber dans ce piège impérial, avant d’exercer son humour ravageur contre « Napoléon le Petit ». Mais il le fera en exil, alors que Thiers manifeste son opposition et son humour en France.

« Napoléon III n’est qu’un aventurier heureux. »2265

Adolphe THIERS (1797-1877), quand les soldats reviennent de Crimée le 28 septembre 1855, vainqueurs après la chute de Sébastopol. Il ne croit pas au génie militaire de l’empereur et l’armée française a désappris depuis Napoléon Ier l’art et la science de la guerre. Mais les Russes sont encore moins forts et Napoléon III a gagné ce nouveau pari, en « aventurier heureux ».

« Je n’aime pas le cuisinier, mais je trouve sa cuisine excellente.
— Dites à Monsieur Thiers que je ne le prendrais pas pour marmiton, car il gâterait mes sauces. »2267

NAPOLÉON III (1808-1873), apprenant le mot d’Adolphe THIERS (1797-1877) sur sa politique italienne, 1856. Deux humours qui se répondent, courtoisement. Républicain, et donc opposant depuis 1850, Thiers approuve cependant l’empereur qui soutient Victor Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne, le Roi gentilhomme, face aux Autrichiens.

« Nous sommes gueux comme des rats d’église. »2415

Adolphe THIERS (1797-1877), au gouverneur de la Banque de France, faisant allusion aux finances de l’État, 24 mars 1871. La France a perdu la guerre contre l’Allemagne. « Chef du pouvoir exécutif de la République » (régime provisoire), il travaille au redressement du pays où la religion catholique règne encore. D’où l’expression.

« Chef, c’est un qualificatif de cuisinier ! »2418

Adolphe THIERS (1797-1877). Surnommé Foutriquet pour sa houppe de cheveux et son mètre cinquante-cinq, il troque son titre de chef du pouvoir exécutif pour celui, plus prestigieux, de président de la République, 31 août 1871. Enfin, le voilà arrivé. « Libérateur du territoire », aussi conservateur que républicain, il est soutenu par Gambetta, républicain d’extrême gauche, à la tête de l’Union républicaine.

« Il faut tout prendre au sérieux, mais rien au tragique. »2427

Adolphe THIERS (1797-1877), Discours à la Chambre des députés, 24 mai 1873. Contesté pour son parti pris républicain par les monarchistes majoritaires, le président de la République a perdu son droit de parole à l’Assemblée : il ne peut plus s’exprimer que par un message lu, ne donnant lieu à aucune discussion. Il se conforme à ce « cérémonial chinois » et va perdre sa place, prise par Mac-Mahon.

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