Arnaud Amaury : « Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ! » | L’Histoire en citations
Arnaud Amaury : « Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ! »
Citation du jour

 

La terreur est une constante dans l’histoire, avec les guerres, les attentats, toutes les formes de violence et de terrorisme qui font encore la une de l’actu.

Cette folie meurtrière eut souvent pour raison le fanatisme religieux et l’extrémisme politique. Dans l’Histoire en citations, on n’a malheureusement que l’embarras du choix ! La religion chrétienne – qui prêche l’amour du prochain - est la première cause de massacres en série, dans notre histoire de France. « Dieu le veut ! »

« Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ! »191

Arnaud AMAURY (1160-1225), avant le sac de Béziers, 22 juillet 1209

Dialogi miraculorum (posthume), Césaire d’Heisterbach, savant et religieux allemand du XIIIe siècle.

Ordre attribué à Amaury (ou Amalric), abbé de Cîteaux et légat du pape, chargé de ramener les cathares à la vraie foi.

Chef spirituel de la croisade contre les Albigeois, Amaury écrit dans une lettre au pape Innocent III : « Sans égard pour le sexe et pour l’âge, vingt mille de ces gens furent passés au fil de l’épée. » Catholiques et cathares confondus, et Dieu reconnaîtra les siens… Le Midi de la France en garde encore la mémoire.

« Ils deviendront des soldats, ceux qui, jusqu’à ce jour, furent des brigands ; ils combattront légitimement contre les barbares, ceux qui se battaient contre leurs frères et leurs cousins ; et ils mériteront la récompense éternelle, ceux qui se louaient comme mercenaires pour un peu d’argent. »167

URBAIN II (vers 1042-1099), Concile de Clermont, 1095

Ce pape, par ailleurs grand orateur, prêche la première croisade du Moyen Âge. Il s’agit d’abord de la « délivrance des Lieux saints » – Jérusalem et le tombeau du Christ – occupés par les musulmans. Le pape encourage cette entreprise militaire, promettant aux croisés le paradis (indulgence plénière). Cela rappelle furieusement un certain islamisme radical pratiquant aujourd’hui la charia (guerre sainte) en Occident et tuant au nom d’« Allahu akbar ».

« Dieu le veut ! »168

Cri de guerre et de ralliement des croisés, lancé dès la première croisade

Deux expéditions se succèdent, de nature bien différente. La « croisade populaire » part en 1096, conduite par Pierre L’Hermite et Gautier sans Avoir. Foule de pèlerins à peine armés, indisciplinés, bientôt malades et affamés, ils traversent l’Europe en massacrant les juifs et en pillant pour vivre. Ils seront anéantis en Anatolie (Asie mineure).

La croisade des barons part en 1097, 30 000 hommes et quatre armées convergent sur Constantinople. Ces chefs - Godefroy de Bouillon, Baudoin de Flandre, Hugues de Vermandois, frère du roi de France, Robert Courteheuse, duc de Normandie, Raymond de Toulouse et Bohémond de Tarente - vont prendre Antioche et Jérusalem (1099).

« La folie des croisades est ce qui a le plus honoré la raison humaine. »170

Léon BLOY (1846-1917), La Femme pauvre (1897)

Catholique ardent, visionnaire et mystique, il encense les croisades. De son côté, Nietzsche les qualifie d’« entreprises de haute piraterie ».

« Saignez, saignez, la saignée est aussi bonne au mois d’août qu’au mois de mai ! »527

Maréchal de TAVANNES (1509-1573), 24 août 1572

Œuvres complètes, volume X (1823), Voltaire

Ancien page de François Ier, gouverneur de Bourgogne où il se distingua par son fanatisme contre les réformés (protestants), il excite ses soldats au massacre de la Saint-Barthélemy, appelée « la boucherie de Paris ». Selon le journal d’un bourgeois de Strasbourg, témoin direct : « Il n’y avait point de ruelle dans Paris, quelque petite qu’elle fût, où l’on n’en ait assassiné quelques-uns… Le sang coulait dans les rues comme s’il avait beaucoup plu. » Michelet évoquera cette féroce jouissance à tuer.

Le livre de comptes de l’Hôtel de Ville de Paris inscrit 1 100 sépultures, l’historien contemporain Auguste de Thou écrit : 30 000 morts. Entre les deux, 4 000 morts est un bilan vraisemblable.

« Ah ! le méchant moine, il m’a tué, qu’on le tue ! »573

HENRI III (1551-1589), Saint-Cloud, 1er août 1589, « mot de la fin »

Dominicain de 22 ans, ligueur fanatique, Jacques Clément préparait son geste : le complot est connu, approuvé de nombreux catholiques et béni par le pape Sixte Quint. La scène se rejouera avec Ravaillac et Henri IV. Ces assassinats, comme tous les complots et attentats contre les rois de l’époque, s’inspirent de la théorie du tyrannicide, dont Jean Gerson fut l’un des prophètes : « Nulle victime n’est plus agréable à Dieu qu’un tyran. »

Notre série de citations sur le terrorisme :

  • Diderot : « Le fanatisme est une peste… »
  • Pasqua : « Nous allons terroriser les terroristes. »
  • Deniau : « … le 11 septembre 2001 marque l’entrée dans le XXIe siècle. »

Gauleetmoyenage

 

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