Galliffet : « C’est une guerre sans trêve ni pitié que je déclare à ces assassins. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Troisième République

La Commune gouverne Paris

La Commune ne fait pas que se défendre et attaquer. Elle gouverne Paris et prend des mesures importantes, qui préfigurent l’œuvre de la Troisième République. Mais les divergences politiques éclatent, et Thiers continue de masser des troupes autour de Paris.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« C’est une guerre sans trêve ni pitié que je déclare à ces assassins. »2366

Gaston de GALLIFFET (1830 ou 1831-1909), 3 avril 1871. Histoire socialiste, 1789-1900, volume XI, La Commune, Louis Dubreuilh, sous la direction de Jean Jaurès (1908)

Gallifet a fait fusiller sans jugement 5 Fédérés prisonniers. « J’ai dû faire un exemple ce matin ; je désire ne pas être réduit de nouveau à une pareille extrémité. N’oubliez pas que le pays, que la loi, que le droit par conséquent sont à Versailles et à l’Assemblée nationale, et non pas avec la grotesque assemblée de Paris, qui s’intitule Commune. »

Sa férocité lui vaudra le surnom de « Marquis aux talons rouges », ou « massacreur de la Commune » (…)

« J’ai vu des prisonniers sanglants, les oreilles arrachées, le visage et le cou déchirés, comme par des griffes de bêtes féroces. »2367

Camille BARRÈRE (1851-1940), témoignage en date du 3 avril 1871. Les Convulsions de Paris : Épisodes de la commune (1883), Maxime Du Camp

(…) Le 4 avril, les Versaillais réattaquent du côté de Neuilly, s’emparent de Courbevoie et Châtillon. Le 5, les Communards prennent 74 otages, dont l’archevêque de Paris – Mgr Darboy sera exécuté pendant la Semaine sanglante, le 24 mai, en application du « décret des otages » promulgué par la Commune et faute d’avoir pu être échangé contre Auguste Blanqui. George Sand, bien que souvent le cœur à gauche, est déjà horrifiée par les vols, les pillages. Hugo, de Bruxelles où il dût se rendre en ce mois d’avril, condamne la guerre civile, la pratique des otages, avant de se déclarer « pour la Commune en principe, et contre la Commune dans l’application », prônant en vain « conciliation et réconciliation » dans une lettre publiée dans Le Rappel du 28 avril.

« Monsieur Thiers, tous les matins, annonce que dès le soir, entre les neuf heures, neuf heures un quart, il fera son entrée dans la capitale sauvage du monde civilisé. »2368

Henri ROCHEFORT (1831-1913), Le Mot d’ordre, 16 avril 1871. Les Damnés de la terre (1969), Maurice Choury

Thiers amasse des troupes aux portes de Paris pour écraser la révolution, mais il attend encore son heure. Rochefort, journaliste déjà républicain sous l’Empire, a pris parti pour la Commune.

« Nous avons la mission d’accomplir la révolution moderne la plus large et la plus féconde de toutes celles qui ont illuminé l’histoire. »2369

La Commune, Déclaration au peuple français, 19 avril 1871. Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars (1872), Commission d’enquête sur l’insurrection du 18 mars, comte Napoléon Daru

La Commune ne fait pas que se défendre et attaquer. Elle gouverne Paris et prend des mesures importantes, qui préfigurent l’œuvre de la Troisième République : séparation de l’Église et de l’État, instruction laïque, gratuite et obligatoire en projet. Elle est socialiste quand elle « communalise » par décret du 16 avril les ateliers abandonnés par les fabricants en fuite, pour en donner la gestion à des coopératives formées par les Chambres syndicales ouvrières (…)

« Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. »2370

Adolphe THIERS (1797-1877), Réponse à une délégation maçonnique, 22 avril 1871. Le Coq rouge : une histoire de la Commune de Paris (1972), Armand Lanoux

Thiers continue de masser des troupes et de prendre des positions stratégiques dans la banlieue, cependant que l’organisation militaire de Paris se révèle une tâche irréalisable. Le « délégué à la Guerre » Gustave Cluseret est remplacé le 1er mai par Louis Rossel, colonel de 27 ans – au lendemain des défaites de l’armée française et de la capitulation, il a pris parti pour la Commune (il sera fusillé). Il démissionne le 10 mai, remplacé par Charles Delescluze, bientôt tué au combat (…)

« Il s’agit aujourd’hui non plus de couper les têtes, mais d’ouvrir les intelligences. »2371

Henri ROCHEFORT (1831-1913), Le Mot d’ordre, 5 mai 1871. La Tête coupée, ou La Parole coupée (1991), Arnaud Aaron Upinsky

Les divergences politiques éclatent : ainsi à l’occasion du décret instituant le 1er mai un Comité de salut public doté de larges pouvoirs. Les (néo)jacobins et la plupart des blanquistes, majoritaires, sont pour et s’opposent à quelques blanquistes, tous les proudhoniens et certains socialistes proches du marxisme (…)

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