Chanson : « Belle, l'œil doit l'admirer, Reine, l'Europe la révère, Mais le Français doit l'adorer... » | L’Histoire en citations
Chanson : « Belle, l'œil doit l'admirer, Reine, l'Europe la révère, Mais le Français doit l'adorer... »
Citation du jour

lumières citationsL’état de grâce dure deux ans. Le retournement de l’opinion est spectaculaire. La plupart des ministres en sont conscients ou complices, mais la Révolution était-elle évitable ? On peut en débattre à l’infini. En attendant, l’Histoire en citations se déroule aussi en chansons.

À feuilleter pour tout savoir.

« Belle, l’œil doit l’admirer, Reine, l’Europe la révère, Mais le Français doit l’adorer, Elle est sa reine, elle est sa mère. »1207

Romance en l’honneur de Marie-Antoinette, chanson (1774)

Histoire de France par les chansons (1982), France Vernillat, Pierre Barbier.

La jeune et jolie reine jouit d’une immense popularité depuis son arrivée en France il y a quatre ans, et Versailles la salue en ce style précieux. C’est l’état de grâce parfait, comme jamais avant et jamais après. Certes, il y a des jalousies et déjà quelques soupçons contre l’« Autrichienne » à la cour. On aura plus tard la preuve qu’elle est manipulée par sa famille autrichienne, restant très attachée à sa mère, Marie-Thérèse, impératrice d’Autriche et forte personnalité.

« Enfin, j’ons vu les Édits / Du roi Louis Seize !
En les lisant à Paris, / J’ons cru mourir d’aise.
Je n’irons plus au chemin / Comme à la galère
Travailler soir et matin / Sans aucun salaire.
Le Roi, je ne mentons point, / A mis la corvée à bas. »1218

Les Édits (1776), chanson des Jacques Bonhomme de France

Turgot, en janvier 1776, demande au Conseil l’abolition de la corvée royale des paysans (les Jacques), remplacée par une taxe additionnelle payable par tous les propriétaires terriens. S’y ajoute une série de mesures fiscales pour plus de justice et d’efficacité. Au total, six édits. Amorce d’une véritable équité fiscale :  mesure très populaire auprès du petit peuple, le ministère semble bien assuré, mais tous les privilégiés frappés fiscalement vont s’opposer aux édits de Turgot.

« Je vois qu’il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple. »1219

LOUIS XVI (1754-1793), à ses conseillers du Parlement de Paris, 12 mars 1776

Le peuple chante… Mais les magistrats prient le roi de retirer les édits, tous les privilégiés de France font chorus contre le ministre des Finances. Le roi fait enregistrer les édits par lit de justice – autrement dit, il les fait passer en force et réduit le Parlement au silence. Ce sera son dernier effort pour soutenir Turgot qui ne peut rien, seul contre tous, sans l’appui du roi.

« N’oubliez jamais que c’est la faiblesse qui a mis la tête de Charles Ier sur un billot ; c’est la faiblesse qui a rendu Charles IX cruel ; c’est elle qui a formé la Ligue sous Henri III ; qui a fait de Louis XIII, qui fait aujourd’hui du roi du Portugal des esclaves couronnés. »1221

TURGOT (1727-1781), Lettre à Louis XVI, printemps 1776

Ses réformes sont constamment attaquées depuis deux ans et le ministre sait sa disgrâce proche. Elle lui est signifiée le 12 mai. Il a le geste de refuser la pension offerte par le roi. A-t-il voulu aller trop loin, trop vite, trop fort ? A-t-il été victime d’un complot, appuyé par Marie-Antoinette et son entourage ? Ou la situation de cette France d’Ancien Régime était-elle vraiment désespérée ?

« Madame, si c’est possible, c’est fait ; impossible, cela se fera. »1233

CALONNE (1734-1802), ministre des Finances répondant à une demande de Marie-Antoinette, 1784

Délaissée par son royal époux, peu soucieuse de l’étiquette à la cour et moins encore des finances de l’État, dépensière et futile, Marie-Antoinette va accumuler les erreurs. Mais elle est innocente dans la fameuse « Affaire du Collier », malgré la rumeur qui l’accuse.

« Plus scélérate qu’Agrippine
Dont les crimes sont inouïs,
Plus lubrique que Messaline,
Plus barbare que Médicis. »1242

Pamphlet contre la reine. Vers 1785

Dauphine adorée, reine devenue terriblement impopulaire en dix ans, pour sa légèreté de mœurs, mais aussi pour ses intrigues et son ascendant sur un roi faible jusqu’à la soumission. L’affaire du Collier va renforcer ce sentiment. Le siècle des Lumières laisse en héritage à la Révolution l’œuvre de Voltaire et de Rousseau, mais aussi des « basses Lumières », masse de libelles et de pamphlets à scandale où le mauvais goût rivalise avec la violence verbale, inondant le marché clandestin du livre et sapant les fondements du régime. Après les favorites de Louis XV, Marie-Antoinette devient la cible privilégiée : quelque 3 000 pamphlets la visant relèvent, selon la plupart des historiens, de l’assassinat politique.

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