Flaubert : « Échafaud. – S'arranger quand on y monte pour prononcer quelques mots éloquents avant de mourir. »
Citation du jour

 

3. L’humour noir défie la mort.

Le courage est quotidien, le danger omniprésent et la guillotine a beau jeu dans l’histoire.

Ici, aucun mot de la fin proprement dit, mais des chanceux qui ont l’esprit d’en rire et désarment le destin, avec panache.

« Échafaud. – S’arranger quand on y monte pour prononcer quelques mots éloquents avant de mourir. »1585

Gustave FLAUBERT (1821-1880), Dictionnaire des idées reçues (posthume, 1913)

Le mot de Flaubert pourrait s’appliquer à bien des « mots de la fin » attribués aux personnages de la Révolution. Quels que soient leur âge, leur sexe, leur condition, leurs convictions, la plupart sont morts en héros, dignes de cette époque véritablement héroïque.

L’indexation du site présente un florilège de ces citations, plus nombreuses sous la Révolution qu’en d’autres périodes, mais sans l’humour qui prévaut dans la définition de l’échafaud, signée Flaubert.

D’autres auteurs qui se retrouvent acteurs et risquent leur vie en cette période ont d’autant plus de mérite à se jouer de la mort.

Toutes les citations qui suivent
sont commentées dans nos Chroniques.

« Citoyen président, je suis ici pour être raccourci et non pour être allongé. »1544

MARTAINVILLE au Tribunal révolutionnaire, automne 1793

Journaliste de 17 ans, au président persuadé d’être face à un aristocrate dissimulant ses origines et son nom « de Martainville ». Il fera une longue carrière dans le vaudeville.

À la populace voulant le pendre « à la lanterne » : « Eh bien, quand j’y serai, y verrez-vous plus clair ? »1382

Abbé MAURY

Prédicateur célèbre, député du clergé défendant l’Ancien Régime, capable de tenir tête à Mirabeau et ressemblant à « un grenadier déguisé en séminariste » (Montlosier).

« Les brigands dirent, en entrant chez moi : « Où est-il, ce grand homme ? Nous venons le raccourcir. » C’est un des caractères de la Révolution que ce mélange de plaisanterie et de férocité. »1412

RIVAROL, juin 1793

Écrivain politique connu et monarchiste convaincu, il a émigré peu de jours avant l’irruption des « brigands » dans sa maison.

« Bien, je n’aurai pas besoin de sable. »1562

JUNOT, déjà intrépide au siège de Toulon, décembre 1793

Il prend note sous la dictée de Bonaparte, quand un boulet anglais tombe et le couvre de terre avec son papier (on séchait l’encre avec du sable). Le voilà engagé comme aide de camp.

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