Henri IV : « Je suis votre chef, mon royaume est mon corps, vous avez cet honneur d'être les membres... » | L’Histoire en citations
Henri IV : « Je suis votre chef, mon royaume est mon corps, vous avez cet honneur d'être les membres... »
Citation du jour

Citations louis xiiiAutoportrait croisé de nos deux grands rois de France.

L’Histoire en citations donne la parole à Henri IV (assassiné le 14 mai 1610) et Louis XIV (roi à la mort de son père Louis XIII, le 14 mai 1643). Voilà deux personnages « de roman », nés pour être rois, au contraire de Louis XIII et Louis XV. Henri IV paraît plus humain, proche de son peuple et de nous ; Louis XIV, plus royal, incarne la monarchie absolue pour le pire et le meilleur. Resituons-les dans le récit national.

Même sens de l’État relevant de la passion autant que de la raison, même vocation royale et même autorité naturelle poussée à l’extrême au « siècle de Louis XIV », même incarnation nationale et même conscience du rôle des institutions.

À feuilleter pour tout savoir.

« Je suis votre chef, mon royaume est mon corps, vous avez cet honneur d’être les membres, d’obéir et d’y apporter la chair, le sang, les os et tout ce qui en dépend. »579

HENRI IV (1553-1610), au Parlement de Bordeaux

Lettres et négociation de Paul Choart… et de François d’Aerssen…, 1598-1599 (1846), Paul Choart de Buzanval, baron François van Aerssen.

Après des rois faibles et dans la tourmente d’une dernière guerre de Religion qui occupe la moitié de son règne, il incarne au sens propre ce pouvoir royal qui affronte toutes les formes d’opposition.

« Les gens de justice sont mon bras droit, mais si la gangrène se met au bras droit, il faut que le gauche le coupe. »646

HENRI IV (1553-1610), Déclaration au Parlement, 7 février 1599

Le pouvoir du roi doit s’affirmer face à tous les corps intermédiaires : Parlements, cours souveraines, états provinciaux, collèges d’officiers, assemblées d’ordres.

« La France et moi avons besoin de reprendre haleine. »642

HENRI IV (1553-1610), 2 mai 1598

Personnification parfaite, année heureuse, pour la France enfin pacifiée ! Paix faite avec les protestants, paix signée avec l’ennemi espagnol.

« Un peuple, c’est une bête qui se laisse mener par le nez, principalement les Parisiens. »631

HENRI IV (1553-1610), septembre 1594

Grand roi pour la France, c’est aussi un meneur d’hommes. Mais la « bête » ne sera pas domestiquée avant Louis XIV.

« L’État, c’est moi. »807

LOUIS XIV (1638-1715)

Le plus célèbre tweet de l’histoire de France. Mot réputé apocryphe et souvent cité, qui reflète la réalité et fut prononcé par le roi âgé de 16 ans (avant le début du règne personnel), selon l’historien Louis Madelin (La Fronde).

« Nous sommes la tête d’un corps dont les sujets sont les membres. »808

LOUIS XIV (1638-1715), Mémoires pour l’instruction du Dauphin (1662)

Le roi qui incarne le pouvoir s’identifie à la France. Comme Henri IV, mais le temps n’était pas encore venu de la monarchie absolue.

« Ce qu’ils [les rois] semblent faire contre la loi commune est fondé le plus souvent sur la raison d’État, qui est la première des lois mais la plus inconnue et la plus obscure à ceux qui ne gouvernent pas. »813

LOUIS XIV (1638-1715), Raison d’État (2009), Bernard Bachelot

Le roi soumet sa vie à la raison d’État et la France suit son roi. La notion sera ensuite débattue à l’infini.

« Aussitôt qu’un roi se relâche sur ce qu’il a commandé, l’autorité périt, et le repos avec elle. »846

LOUIS XIV (1638-1715), Mémoires pour l’instruction du Dauphin (1662)

Leçon de Mazarin, héritée de Richelieu, souvenirs de la Fronde et d’une France en proie à l’anarchie, caractère autoritaire et goût du pouvoir mêlés à un orgueil inné : tout concourt pour faire de Louis XIV un monarque absolu.

« Je résolus sur toutes choses de ne point prendre de Premier ministre […] rien n’étant plus indigne que de voir d’un côté toute la fonction et de l’autre le seul titre de Roi. »855

LOUIS XIV (1638-1715), Mémoires pour l’instruction du Dauphin (1662)

Il entreprend la rédaction de ce précieux document, la première année du règne personnel, songeant déjà à l’éducation politique de son successeur et l’initiant, par l’exemple, au difficile métier de roi. Son autorité est désormais sans partage.

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