Thiers : « Il n'y a qu'une solution radicale qui puisse sauver le pays : il faut évacuer Paris... » | L’Histoire en citations
Thiers : « Il n'y a qu'une solution radicale qui puisse sauver le pays : il faut évacuer Paris... »
Citation du jour

Le plus grand paradoxe concernant Thiers ? La répression de la Commune explique sa grande popularité dans les années 1870, auprès de la majorité des Français. C’est devenu la raison de son impopularité, dans le même temps où la Commune de Paris était célébrée pour ses héros et ses vertus révolutionnaires.

S’il faut trancher sur ce point, une seule certitude : Thiers devait réprimer en tant que responsable de l’ordre, mais la répression fut d’une violence inadmissible.

« Il n’y a qu’une solution radicale qui puisse sauver le pays : il faut évacuer Paris. Je n’abandonne pas la patrie, je la sauve ! »2361

Adolphe THIERS (1797-1877), aux ministres de son gouvernement, 18 mars 1871

Histoire de la France et des Français (1972), André Castelot, Alain Decaux.

Rappelons le contexte. Après la guerre perdue contre l’Allemagne, le siège et la capitulation de Paris, l’armistice (28 janvier 1871), une Assemblée nationale est élue, qui siège à Bordeaux et bientôt à Versailles : victoire des candidats de la paix et de la monarchie.

Thiers, « chef du pouvoir exécutif de la République » (régime provisoire) entame des pourparlers de paix avec le roi de Prusse, Guillaume Ier. Il veut aussi en finir avec les Parisiens : républicains patriotes et révolutionnaires refusent la défaite, cependant que les gardes nationaux s’organisent en fédérations. Le 18 mars, Thiers donne l’ordre de désarmer les gardes et de s’emparer des 227 canons qui ont servi à la défense de Paris contre les Prussiens.

Les 4 000 soldats font leur devoir sans enthousiasme. La foule s’interpose. Deux généraux sont arrêtés, traînés au Château rouge (ancien bal de la rue Clignancourt, devenu quartier général des Fédérés), blessés, puis fusillés. C’est l’étincelle qui met le feu à Paris, insurgé en quelques heures.

Thiers renonce à réprimer l’émeute – il dispose de 30 000 soldats face aux 150 000 hommes de la garde nationale. Il abandonne Paris au pouvoir de la rue et regagne Versailles, ordonnant à l’armée et aux corps constitués d’évacuer la place. L’insurrection du 18 mars consacre la rupture entre le Paris révolutionnaire et le gouvernement légal du pays. C’est la première journée de la Commune : la tragédie va durer 72 jours.

« Monsieur Thiers, tous les matins, annonce que dès le soir, entre les neuf heures, neuf heures un quart, il fera son entrée dans la capitale sauvage du monde civilisé. »2368

Henri ROCHEFORT (1831-1913), Le Mot d’ordre, 16 avril 1871. Thiers amasse des troupes aux portes de Paris pour écraser la révolution qui multiplie les barricades. Premiers affrontements sanglants entre les Communards (ou Fédérés) et les Versaillais, mais Thiers hésite encore à provoquer le pire. Rochefort, journaliste déjà républicain sous l’Empire, a pris parti pour la Commune.

« Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. »2370

Adolphe THIERS (1797-1877), Réponse à une délégation maçonnique, 22 avril 1871. Il continue de masser des troupes et de prendre des positions stratégiques dans la banlieue, cependant que l’organisation militaire de Paris se révèle impossible. Les gardes nationaux refusent toute discipline, tandis que le gouvernement de la Commune hésite toujours entre l’anarchie et le pouvoir fort.

« Paris sera soumis à la puissance de l’État comme un hameau de cent habitants. »2373

Adolphe THIERS (1797-1877), Déclaration du 15 mai 1871. Ces mots plusieurs fois répétés annoncent la Semaine sanglante du 22 au 28 mai.

« Le bon Dieu est trop Versaillais. »2378

Louise MICHEL (1830-1905), La Commune, Histoire et souvenirs (1898). Militante anarchiste, elle préparait un attentat contre Thiers ! Devenue la Vierge rouge des barricades, elle témoigne de l’inévitable victoire des Versaillais, vu l’inégalité des forces. Bilan de la Semaine sanglante : au moins 20 000 morts chez les insurgés, 35 000 selon Rochefort. L’armée bien organisée des Versaillais a perdu moins de 900 hommes, depuis avril. La presse unanime dénoncera la « folie furieuse » de la répression.

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