Joseph de Maistre : « Il faut avoir le courage de l'avouer, madame, longtemps nous n'avons point compris la révolution dont nous sommes les témoins... » | L’Histoire en citations
Joseph de Maistre : « Il faut avoir le courage de l'avouer, madame, longtemps nous n'avons point compris la révolution dont nous sommes les témoins... »
Citation du jour

Chronique Révolution citationsLes émigrés (majoritairement « de droite ») sont des témoins précieux. Bien informés des « événements », assurés qu’ils n’en seront pas (mortellement) victimes, ils donnent libre cours à leurs critiques. Parfois très extrêmes, certains (et certaines) font quand même preuve d’une belle forme d’objectivité.

À feuilleter pour tout savoir.

« Il faut avoir le courage de l’avouer, madame, longtemps nous n’avons point compris la révolution dont nous sommes les témoins, longtemps nous l’avons prise pour un événement. Nous étions dans l’erreur : c’est une époque ; et malheur aux générations qui assistent aux époques du monde ! »1626

Joseph de MAISTRE (1753-1821), Lettre à la marquise de Costa, 1794

Joseph de Maistre (1963), Claude-Joseph Gignoux.

Lettre écrite après un an d’exil en Suisse, terre d’asile pour beaucoup d’émigrés. Ce philosophe, magistrat et historien, fut d’abord acquis aux idées nouvelles. Mais les excès et les dérives le poussent dans le camp des contre-révolutionnaires. Bien des nobles de cette époque ont dû penser ainsi. Les peuples heureux n’ont pas d’histoire, et la Révolution est et reste l’époque la plus mémorable de l’histoire de France, pour le meilleur et pour le pire, avec un inventaire toujours à suivre.

« Ce qui distingue la Révolution française, et ce qui en fait un événement unique dans l’histoire, c’est qu’elle est mauvaise radicalement ; aucun élément de bien n’y soulage l’œil de l’observateur : c’est le plus haut degré de corruption connu ; c’est la pure impureté. »1627

Joseph de MAISTRE (1753-1821), Considérations sur la France (1796)

Deux ans après une lettre empreinte d’un certain fatalisme face à l’histoire, le jugement de cet auteur – monarchiste, intégriste et catholique – se radicalise. Il dit aussi que « tout est miraculeusement mauvais dans la Révolution. »

« Des sottises faites par des gens habiles ; des extravagances dites par des gens d’esprit ; des crimes commis par d’honnêtes gens… Voilà les révolutions. »1628

Vicomte Louis de BONALD (1754-1840), Pensées sur divers sujets (1817)

Dans le camp des contre-révolutionnaires, aussi résolu que de Maistre, ce philosophe et sociologue, défenseur de la monarchie et du catholicisme, est l’autre grand pourfendeur de la démocratie et de l’athéisme.

« Une suite d’événements sans pareils ont fait de la France un monde nouveau. »1731

Jacques NECKER (1732-1804), Dernières vues de politique et de finances (1802)

Ex-ministre des finances de Louis XVI, retiré de la scène politique depuis 1790, installé en Suisse à Coppet, sur les bords du lac Léman, avec sa fille Mme de Staël, partisan de toujours du gouvernement anglais (monarchie constitutionnelle), le septuagénaire, revient sur son préjugé contre la Révolution à la française et ses effets.

« La Révolution de France est une des grandes époques de l’ordre social. Ceux qui la considèrent comme un événement accidentel n’ont porté leurs regards ni dans le passé ni dans l’avenir. »1624

Mme de STAËL (1766-1817), Considérations sur les principaux événements de la Révolution française (1818)

La fille de Necker se penche sur ce passé récent, avec néanmoins un recul dans le temps – les « années Napoléon » seront une autre épreuve pour cette femme de tête et de cœur, libre d’esprit et de parole.

« Je n’ai jamais trouvé que l’on ait été trop loin ; mais j’ai toujours trouvé qu’on a été trop vite. »1625

Comtesse de GENLIS (1746-1830). Mme la comtesse de Genlis en miniature, ou Abrégé critique de ses mémoires (1826), Charles Louis de Sévelinges

Gouvernante des enfants de la famille d’Orléans, notamment du futur Louis-Philippe, Stéphanie Félicité du Crest de Saint-Aubin a beaucoup lu Rousseau et se montre d’abord favorable à la Révolution. Puis elle émigre – Angleterre, Suisse, Belgique, Allemagne. Elle change d’avis, mais garde une certaine modération dans ses propos.

Partager cet article

L'Histoire en citations - Gaule et Moyen Âge

L'Histoire en citations - Renaissance et guerres de Religion, Naissance de la monarchie absolue

L'Histoire en citations - Siècle de Louis XIV

L'Histoire en citations - Siècle des Lumières

L'Histoire en citations - Révolution

L'Histoire en citations - Directoire, Consulat et Empire

L'Histoire en citations - Restauration, Monarchie de Juillet, Deuxième République

L'Histoire en citations - Second Empire et Troisième République

L'Histoire en citations - Seconde Guerre mondiale et Quatrième République

L'Histoire en citations - Cinquième République

L'Histoire en citations - Dictionnaire