Raffarin : « La route est droite, mais la pente est forte. »
Citation du jour

Page « Spécial Raffarin ». Les raffarinades s’enchaînent. Une seule citation en vedette, les autres suivent, dans le commentaire pour une fois « copié-collé » de la Chronique consacrée à la Cinquième République.

Retraité de la politique en 2017, l’ex Premier ministre commence une carrière de « chroniqueur », le dimanche sur l’A2 avec Laurent Delahousse.

« La route est droite, mais la pente est forte. »3376

Jean-Pierre RAFFARIN (né en 1948), nouveau Premier ministre à l’Assemblée, 3 juillet 2002

La Route est droite, mais la pente est forte : un an déjà (2003), Marie-Noëlle Lienemann.

Au lendemain des législatives gagnées dans la foulée de l’élection présidentielle face à Le Pen, Chirac unifie la droite en créant un nouveau parti, l’Union pour un mouvement populaire (UMP), que Bayrou refuse de rejoindre. Les législatives de juin 2002 amorcent la rebipolarisation du paysage politique français : l’UMP obtient une majorité absolue de députés.

On se demandait quel Premier ministre allait prendre le président réélu par défaut. Le choix surprend. C’est un giscardien, donc centriste, l’un des rares « chiraco-compatibles ». Cela peut se résumer ainsi : « La politique, ce n’est pas un sport, ce n’est pas une équipe contre une autre : on est tous l’équipe de France. » Malgré tout, Raffarin a le cœur à droite : « La France n’est encore, dans son chemin du paradis, qu’au purgatoire puisqu’il reste des socialistes. »

L’homme affiche sa modestie : « Les têtes qui gonflent sont celles qui éclatent. » Il se décrit lui-même : « J’ai mes rondeurs, mais j’ai mon énergie. » Il a un physique et une mentalité de sénateur – il est d’ailleurs sénateur de la Vienne, élu et réélu, et retournera au Sénat, après trois années passées à Matignon, trois fois renouvelé pour trois gouvernements successifs : « Je suis le pilote de l’Airbus gouvernemental. »

Populaire au début, dans « la France d’en bas » comme dans « la France d’en haut », réformateur - « Il faut mettre en place la République du bon sens » -, il se montre ferme face aux grèves et aux manifestants contre les réformes - retraite, décentralisation, assurance-maladie. Face aux éternels chantiers, aux problèmes récurrents : « La route est droite, mais la pente est forte », autrement dit, on voit bien ce qu’il faut faire, mais ce ne sera pas facile. Sarkozy, ministre de l’Intérieur en 2002, va lui faire de l’ombre et le gêner plus encore aux Finances, en 2004. Le « Non » au référendum sera le coup de grâce, en 2005, pour ce député européen qui a dit aussi : « Mon oui est plus qu´un non au non. »

En trois ans, Raffarin s’est fait remarquer par toutes les formules dont il émaille ses discours. Citons encore : « Les jeunes sont destinés à devenir des adultes » ; « Les veuves vivent plus longtemps que leur conjoint » ; « La France est forte, quand c’est une force qui va et qui sait où elle va » ; « Savoir se vaincre dans la victoire, c’est être deux fois vainqueur » ; « À force de penser au pluriel la politique, certains ont oublié le singulier de la France » ; « L’Europe à laquelle nous devons penser demain, ce n’est pas l’Europe d’hier. »

Dès 2003 et pas pistonné pour un euro, le Premier ministre obtient le prix spécial du (nouveau) Press Club de France, humour et politique, pour un an de raffarinades. Franchement, ce n’est pas volé.

 

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