Gautier : « Qu’importe que ce soit un sabre ou un goupillon, ou un parapluie qui nous gouverne ! C’est toujours un bâton. »
Citation du jour

 

Monarchie de juillet. Période à la fois si proche et lointaine de nous, vue par l’Histoire en citations et avec un humour bien français ! Les auteurs parlent politique, critiquent et s’engagent pour la plupart. Le socialisme est une idée neuve qui va séduire les classes pauvres. Cependant que la bourgeoisie, déjà impopulaire, profite insolemment de la prospérité économique.

« Qu’importe que ce soit un sabre ou un goupillon, ou un parapluie qui nous gouverne ! C’est toujours un bâton. »2041

Théophile GAUTIER (1811-1872), Mademoiselle de Maupin (1835)

C’est l’exception à la règle de l’engagement politique, social et moral des Hugo, Lamartine et George Sand, Michelet et Tocqueville. Contre les « Jeunes-France » romantiques, ce « parfait magicien des lettres françaises » (selon Baudelaire) affirme la doctrine de « l’art pour l’art » dans la préface de Mademoiselle de Maupin.

Le sabre symbolise l’autorité militaire et le goupillon, l’Église dans une France très chrétienne. Ce rejet, ce dégoût, cette méfiance vis-à-vis de la Politique en général et du Pouvoir en particulier ne vont cesser de croître au fur et à mesure que la démocratie s’installe en France.

C’est un paradoxe dont va souffrir la République. Les intellectuels seront rejoints par les classes populaires. Abstention aux élections, anarchisme militant, populisme, extrémisme de droite ou de gauche… On en verra les conséquences, sous la Troisième République, la Quatrième et la Cinquième jusqu’à aujourd’hui.

Toutes les citations qui suivent
sont commentées dans nos Chroniques.

« Tous ces prétendus hommes politiques sont les pions, les cavaliers, les tours ou les fous d’une partie d’échecs qui se jouera tant qu’un hasard ne renversera pas le damier. »2038

Honoré de BALZAC, Monographie de la presse parisienne (1842)

Résonance étonnamment actuelle ! Comme la plupart des génies de son temps, Balzac est tenté par la politique. C’est surtout un observateur des mœurs, doublé d’un « visionnaire passionné » (Baudelaire). Les quelque 90 romans de sa Comédie humaine ont d’abord pour titre Études sociales et les jeux politiques y sont croqués sans indulgence.

« Ce qui effraie le plus dans les partis, ce n’est pas ce qu’ils disent, c’est ce qu’ils négligent ou refusent de dire. »2042

Louis BLANC, L’Organisation du travail (1839)

Les partis politiques, au sens moderne du terme, sont nés sous la Monarchie de Juillet. Louis Blanc, journaliste de gauche et socialiste d’opposition violente, exprime lui aussi sa méfiance vis-à-vis de la politique. Là encore, étonnante actualité du propos !

« J’appelle bourgeois quiconque pense bassement. »2053

Gustave FLAUBERT, Correspondance (1842)

Critiquer la bourgeoisie, exercice tentant pour tout écrivain témoin de son temps ! Cette définition de la nouvelle classe qui règne sous la monarchie d’un roi bourgeois est signée d’un fils de grand bourgeois (père médecin-chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen), passionné de littérature et particulièrement inspiré par la sottise bourgeoise qui s’affiche, insolente.

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