Thiers : « Gouverner, c'est prévoir. » | L’Histoire en citations
Thiers : « Gouverner, c'est prévoir. »
Citation du jour

Thiers est doué d’un sens politique qui va se développer au fil des épreuves, qu’il soit dans l’opposition ou au pouvoir. Il met ce don au service de la France et de la République, mais il s’en sert aussi pour faire carrière et fortune, très représentatif du bourgeois de son temps. Impossible de juger un homme politique sans faire référence au contexte.

« Gouverner, c’est prévoir. »2331

Adolphe THIERS (1797-1877).
Maxime attribuée aussi au journaliste Émile de GIRARDIN (1806-1881)

Le Spectacle du monde, nos 358 à 363 (1992).

Entré en politique lors des « Trois Glorieuses », donc dans le camp des révolutionnaires qui renversent Charles X en juillet 1830, Thiers fut plusieurs fois ministre sous la Monarchie de Juillet, avec Louis-Philippe, « roi des barricades » et du « juste milieu ».

Dans l’opposition républicaine sous le Second Empire (dictature, jusqu’au tournant libéral de 1860), il se fait remarquer pour sa défense des libertés, puis son hostilité à la guerre franco-allemande. Il sait que l’armée française n’est pas prête.

Son nom restera surtout attaché à la répression de la Commune. 1871 : l’année de tous les pouvoirs pour cet homme de 74 ans, élu député par vingt-six départements à la fois et devenu « chef du pouvoir exécutif de la République », le 17 février. Lourde tâche, dans une France vaincue et déchirée.

« On vient de jeter un gant à la face de quelqu’un qu’on veut forcer à se battre ! »2307

Adolphe THIERS (1797-1877), après avoir pris connaissance de la dépêche d’Ems, Corps législatif, 13 juillet 1870. Oui ! C’est une provocation et une manœuvre du chancelier allemand Bismarck, mais la dépêche est prise comme une insulte et la France va tomber dans le panneau, pour son malheur !

« Pacifier, réorganiser, relever le crédit, ranimer le travail, voilà la seule politique possible et même concevable en ce moment. »2355

Adolphe THIERS (1797-1877), présentant son ministère et son programme à l’Assemblée, Bordeaux, 19 février 1871. Thiers, 73 ans, a été élu député (par 26 départements) le 8 février. Le pays est monarchiste. Seul Paris a voté républicain. Thiers s’engage à respecter la trêve des partis et à différer toute discussion sur la forme du régime. Il y a d’autres urgences ! Son programme prend le nom de Pacte de Bordeaux. Mais la Commune va bouleverser déjouer tous les plans.

« Avez-vous une monarchie à me proposer ? »2414

Adolphe THIERS (1797-1877), Chambre des députés, juin 1871. Le « chef du pouvoir exécutif de la République » (régime provisoire) s’adresse aux monarchistes, majoritaires à l’Assemblée, mais divisés entre légitimistes et orléanistes. Fort de son prestige qui lui vient de l’écrasement de la Commune, Thiers veut imposer la République au pays et s’imposer lui-même en Président.

« La République, c’est la nécessité. »2455

Adolphe THIERS (1797-1877). Dernier message du vieux républicain, possible successeur de Mac-Mahon à la présidence. Il meurt le 3 septembre 1877. Son idée fixe est restée la même, traversant un demi-siècle et quatre régimes. La Troisième République, malgré tous ses défauts, lui donnera finalement raison.

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