Rivarol : « L'Assemblée nationale n'avait pas été députée pour faire une révolution... » | L’Histoire en citations
Rivarol : « L'Assemblée nationale n'avait pas été députée pour faire une révolution... »
Citation du jour

Chronique Révolution citationsHistoire du Centre et du centrisme, deuxième jour.

Révolution. Deux mille ans d’histoire pourraient se résumer dans cette chronique de cinq ans. On y trouve tout, y compris la naissance du centre, au sens contemporain.

Entre une forme de gauche (plus ou moins révolutionnaire) et une forme de droite (plus ou moins réactionnaire et conservatrice), voici la Plaine (dite aussi le Marais).

Aussitôt se pose la question de la subjectivité : le récit national dépend du regard porté sur tel ou tel événement ou personnage de l’Histoire en citations. Raison de plus pour en parler !

À feuilleter pour tout savoir.

« L’Assemblée nationale n’avait pas été députée pour faire une révolution, mais pour nous donner une constitution. »1326

RIVAROL (1753-1801), Journal politique national des États généraux et de la Révolution de 1789, publié cette même année

Après le serment solennel du Jeu de paume et forte de la noblesse et du clergé venus rejoindre le tiers état, l’Assemblée nationale se proclame « Constituante », le 9 juillet 1789. De fait, les députés se donnent pour but de rédiger une Constitution et de réformer l’organisation politique et sociale du royaume. Pas question de révolution, moins encore de république ! Les patriotes radicaux sont minoritaires. La majorité de l’Assemblée, modérée, souhaite une monarchie constitutionnelle. Mirabeau (député du tiers état) est le premier et plus illustre « monarchiste » - quasi centriste.

La Constituante siège jusqu’au 30 septembre 1791, pour laisser place à une autre assemblée, la Législative, qui précède la Convention : 749 députés, unanimes à voter le premier jour l’abolition de la monarchie millénaire (décret du 21 septembre 1792). Dans cette dernière assemblée révolutionnaire, la disposition des députés a une signification qui n’est pas que formelle.

Les Girondins prennent place à droite, alors qu’ils étaient à gauche sous la Législative ; et les Montagnards à gauche, eux qui siégeaient sur les bancs les plus élevés (la Montagne). Une extrême gauche minoritaire existe et surtout une masse de centristes qui forment la Plaine (ou Marais, mot péjoratif) et se rallieront plus tard à la Montagne. Mais la Convention est majoritairement girondine, jusqu’au 2 juin 1793 (insurrection populaire et arrestation des chefs Girondins).

Quant à Rivarol, c’est un précieux témoin des événements, homme de droite modéré, bel esprit fort caustique vis-à-vis des beaux esprits de son temps, grand écrivain politique défenseur de la monarchie (et de la langue française). Comme tout bon lecteur des Lumières, il a vu la vertu révolutionnaire des idées de ces philosophes pourtant non révolutionnaires. Ce monarchiste, contraint d’émigrer en juin 1792, continue à rédiger avec humour son Journal politique national.

« Dans une révolution, le parti qui soutient les opinions modérées a plus besoin que tout autre de courage. »1376

Mme de STAËL (1766-1817), Œuvres complètes de Madame la baronne de Staël (1836)

C’est bien la fille de son père qui s’exprime : Jacques Necker, banquier suisse, en charge du ministère des Finances et pourtant très populaire, à la fin de l’Ancien Régime. Sous la Révolution, la modération fut rarement une vertu à l’honneur.

« La Révolution est finie. Il faut la fixer et la préserver en combattant les excès. Il faut restreindre l’égalité, réduire la liberté et fixer l’opinion. Le gouvernement doit être fort, solide, stable. »1386

Adrien Jean François DU PORT (1759-1798), Constituante, 17 mai 1791

Avec Barnave et de Lameth, il forme au sein de la première assemblée un « triumvirat » de modérés, monarchistes prônant des réformes pour concilier monarchie constitutionnelle (à l’et principes révolutionnaires. Il ne sera pas le dernier à vouloir la fin de cette révolution qu’un homme ou un événement vient chaque fois relancer – cette fois, c’est la fuite à Varennes.

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