Adalbéron : « Puisque Louis de divine mémoire a quitté cette terre sans laisser d'enfants, il a fallu chercher après mûre délibération quelqu'un pour le remplacer... » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Chronique (987-1328)

Hugues Capet, premier Capétien du Moyen Âge.

Fils d’Hugues le Grand (dit le « faiseur de rois »), élu avec appui de l’Église, fait aussitôt élire et sacrer son fils, rendant la monarchie héréditaire. Robert le Pieux sera pourtant excommunié par le pape. Guillaume de Normandie, dit « le Bâtard », devient « le Conquérant » et s’impose en roi d’Angleterre. Fierté de la Normandie, mais que de guerres à venir !

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Puisque Louis de divine mémoire a quitté cette terre sans laisser d’enfants, il a fallu chercher après mûre délibération quelqu’un pour le remplacer […] Quelle dignité peut-on conférer à Charles […] qui a eu la stupidité de s’abaisser au point de servir un roi étranger sans en rougir ? »153

ADALBÉRON de Reims (vers 925-988), Discours, 987. Histoires (chronique du temps, posthume), Richer de Reims

À la mort du jeune Louis V (suite à un accident de chasse), l’archevêque de Reims veut éliminer Charles de Lorraine, oncle du défunt, qui s’était rallié à l’empereur germanique Othon II.

« Souhaitez-vous le bonheur ou la ruine de la république ? Si vous voulez son malheur, vous devez promouvoir Charles ; si vous voulez sa prospérité, couronnez comme roi l’éminent duc Hugues. »154

ADALBÉRON de Reims (vers 925-988), Discours, 987. Histoires (chronique du temps, posthume), Richer de Reims

L’archevêque de Reims indique ici le « bon choix » pour le trône ! Il faut logiquement éliminer Charles de Lorraine, qui malgré sa légitimité héréditaire, a démérité. Il plaide donc pour Hugues Capet, fils d’Hugues le Grand, maire du palais et homme de pouvoir sous Louis V (…)

« Dans la personne de Hugues Capet s’opère une révolution importante : la monarchie élective devient héréditaire ; en voici la cause immédiate : le sacre usurpa le droit d’élection. »155

François René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), Analyse raisonnée de l’histoire de France (1845)

(…) C’est l’un des apports capitaux du règne d’Hugues Capet : il fonde une nouvelle dynastie et pour en assurer la pérennité, le jour de Noël suivant (25 décembre 987), il s’empresse de faire élire et sacrer par anticipation son fils Robert dit le Pieux, qu’il associe au trône.

« Qui t’a fait comte ? — Qui t’a fait roi ? »156

HUGUES Ier (vers 941-996) et ADALBERT de Périgord (968-995), vers 990-993. Chroniques (rédigées entre 1024 et 1029), Adémar de Chabannes

Le roi, légitimé par le sacre de Reims et créateur de la dynastie capétienne, apostrophe le comte Adalbert qui a envahi la Touraine (…) Le comte réplique en insultant son suzerain dont il met en cause l’autorité, mais aussi la légitimité (…) Cet échange de propos illustre les relations tendues entre le roi et ses grands vassaux, souvent plus puissants que lui (…)

« Le roi de France qui, malgré l’interdiction apostolique, a épousé sa parente, doit se rendre auprès de nous pour nous donner satisfaction, de même que les évêques qui ont autorisé ces noces incestueuses ; s’ils refusent de venir, qu’ils soient privés de la communion. »157

GRÉGOIRE V (973-999), synode à Pavie, 998. Histoires d’amour de l’histoire de France, tome I (1954), Guy Breton

Le pape fulmine contre Robert II le Pieux (…) Le roi l’a bravé en répudiant sa première femme Rosala (…) Passionnément épris, il épouse sa cousine, la trop belle comtesse de Blois. C’est l’excommunication (…)

« Celui qui l’a pris en avait sans doute plus besoin que moi. »158

ROBERT II le Pieux (vers 970-1031), à sa femme Constance. Histoire des Français (1821-1844), Simonde de Sismondi

Un jour de fête, à Étampes, Robert a fait entrer quelques pauvres dans la salle où il soupe, et il leur donne à manger par terre comme à des chiens que gâte leur maître. Après leur départ, on s’aperçoit qu´ils ont coupé les franges d´or du manteau royal. La reine, en colère, regrette les belles franges, mais le roi excuse le larcin (…)

« Vous êtes, je crois, venus trop tard ; votre entreprise est un échec ; c’est bien manqué ; le duc s’en va et il vous rendra la pareille, pour votre honte et pour votre malheur. Si vous lui faites passer une mauvaise nuit, il vous fera passer un mauvais jour. Et que puissent les traîtres aller à mauvaise fin ! »159

GOLÉS (XIe siècle), 1046. Chronique des ducs de Normandie (1836) Benoît de Sainte-More

Un « fou » du nom de Golès s’adresse à Guy de Bourgogne et à des chevaliers ennemis de Guillaume, duc de Normandie (le futur Conquérant) : les conjurés espéraient le surprendre, alors qu’il dort dans une maison de Valognes. Averti par le vacarme fait par le fou, Guillaume réussit à s’enfuir et à se réfugier dans le château de Falaise.

« De Cotentin partit la lance
Qui abattit le roi de France. »160

Dicton (1047). Histoire du château et des sires de Saint-Sauveur-Le-Vicomte (1867), Léopold Delisle

Ce roi de France est Henri Ier, fils de Robert le Pieux, suzerain et allié du jeune duc de Normandie Guillaume, venu lui demander appui contre ses barons normands révoltés (…) Inquiet de la puissance de son vassal, le roi se retournera contre lui, ce qui lui vaudra plusieurs défaites (Mortemer en 1054, Varaville en 1058).

« Celui-là sans aucun doute triomphera de son ennemi qui a l’audace de disposer des biens qui sont en la possession de son ennemi comme des siens propres. »161

GUILLAUME le Conquérant (vers 1027-1087), à ses hommes, 1066. Histoire de Guillaume le Conquérant (biographie inachevée), Guillaume de Poitiers, historien contemporain

Le futur « Conquérant » galvanise ses hommes au courage défaillant, en leur faisant miroiter la perspective du pillage des richesses ennemies, alors qu’il prépare sa flotte à l’embouchure de la Dive (fleuve côtier de Normandie), pour faire voile vers les côtes anglaises.

« Par les splendeurs de Dieu ! Cette terre, voilà que je l’ai saisie dans mes mains. Elle ne nous échappera plus ! »162

GUILLAUME le Conquérant (vers 1027-1087), débarquant en Angleterre, 29 septembre 1066 (…)

Trébuchant sur le rivage anglais entre Eastbourne et Hastings, et tombé sur le sable, il veut ainsi conjurer le mauvais sort. Guillaume de Normandie, dit le Bâtard, aura besoin de beaucoup de chance et de courage, avant de devenir Guillaume le Conquérant, à la victoire de Hastings (14 octobre 1066), et de continuer l’aventure.

« Nous marchons à la victoire. »163

HAROLD II (vers 1022-1066), roi des Saxons, à Guillaume de Normandie, octobre 1066. (…)

Le futur « Conquérant » a envoyé un messager à Harold, pour lui proposer de régler le différend en combat singulier. Harold répond par ces mots, pour refuser, puis ajoute : « Que le Seigneur décide aujourd’hui entre moi et Guillaume selon la justice ». Harold sera tué lors de la bataille d’Hastings.

« Vous désertez la victoire et la gloire impérissable pour courir à votre perte et à l’opprobre éternel ! En fuyant, nul d’entre vous n’échappera à la mort. »164

GUILLAUME le Conquérant (vers 1027-1087), à ses soldats, Hastings, 14 octobre 1066 (…)

Ses hommes le croient mort ; il vient au milieu d’eux, les frappe de sa lance, ôte son casque pour se faire reconnaître et les ramène au combat par cette exhortation.

« Aucun jour ne brilla pour [la Normandie] plus joyeux que celui où elle apprit […] que son prince, auteur de la paix dont elle jouissait, était devenu un roi. Villes, châteaux, domaines, monastères se félicitaient grandement de sa victoire et plus encore de sa royauté. »165

GUILLAUME de Poitiers (vers 1020-1090), Histoire de Guillaume le Conquérant (biographie inachevée), Guillaume de Poitiers, historien contemporain

(…) Joie des habitants de Normandie apprenant la nouvelle : leur duc, Guillaume le Bâtard, devenu le Conquérant, après la victoire d’Hastings, est également Guillaume Ier roi d’Angleterre, sacré dans l’abbaye de Westminster (…) Ses trois fils se partagent son royaume : il s’ensuit des guerres au cours desquelles la Normandie change souvent de maître (…)

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