« Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne, Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates on les pendra. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Révolution

Assemblée constituante (suite)

« Ça ira », un chant aux multiples versions, reflet de l’opinion populaire qui se radicalise.

Le « Ça ira », né bon enfant, devient le chant révolutionnaire le plus célèbre et le roi perd tout espoir, préparant sa fuite hors de France. Mirabeau meurt sans plus d’illusion le 2 avril 1791, sitôt panthéonisé - pas pour longtemps, le peuple apprendra bientôt la trahison de son grand homme. Certains députés modérés croient encore à une monarchie constitutionnelle à l’anglaise, pour en finir avec la Révolution.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne, Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates on les pendra. »1381

Ah ! ça ira, couplet anonyme, sur une musique de BÉCOURT (XVIIIe siècle), chanson

Le plus célèbre « refrain de la Révolution française », né bon enfant, soudain se durcit, se radicalise, quand une main anonyme ajoute ce couplet vengeur. Toujours sur le même air de contredanse populaire du Carillon national.

À la populace qui voulait le pendre à la lanterne :
« Eh bien, quand j’y serai, y verrez-vous plus clair ? »1382

Abbé MAURY (1746-1817) (…)

Prédicateur célèbre, député du clergé à la Constituante, seul capable de tenir tête à Mirabeau et ressemblant, selon le mot de Montlosier, à « un grenadier déguisé en séminariste », il reste l’un des principaux soutiens de l’Ancien Régime (…) Ce fils de cordonnier fera une belle carrière : cardinal (en 1794), archevêque de Paris (en 1810).

« Les choses qu’on peut écrire sont si désagréables qu’on n’en est pas souvent tenté. Hélas ! […] Voilà une bien triste année de passée, et Dieu seul sait ce qui arrivera dans celle-ci. L’horizon ne s’éclaircit pas. »1383

LOUIS XVI (1754-1793), Lettre à Mme de Polignac (grande amie de Marie-Antoinette), 3 janvier 1791

Il prépare sa fuite, depuis la fin de l’année 1790. Son dernier cas de conscience date du 26 décembre : il a dû accepter la loi du serment obligeant les prêtres à respecter la Constitution civile du clergé – les « jureurs » seront pourtant moins nombreux que les « réfractaires ». L’année à venir sera plus terrible encore, pour le roi.

« Mon ami, j’emporte avec moi les derniers lambeaux de la monarchie. »1384

MIRABEAU (1749-1791), à Talleyrand, fin mars 1791. Son « mot de la fin politique » (…)

Talleyrand est venu voir le malade, juste avant sa mort (2 avril 1791) (…) Mirabeau, l’Orateur du peuple, fut le premier personnage marquant de la Révolution. Le peuple prend le deuil de son grand homme, qui a droit aux funérailles nationales et au Panthéon (…) La monarchie n’en perd pas moins son meilleur soutien, personne ne peut plus sauver ce régime (…)

« Périssent les colonies plutôt qu’un principe. »1385

Pierre Samuel DUPONT de NEMOURS (1739-1817), Constituante, 13 mai 1791. Archives parlementaires de 1787 à 1860 (1888), Assemblée nationale

Réponse (résumée) aux défenseurs des colons pour qui l’application aux colonies de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen signifiait la fin du système colonial (…) La phrase est aussi attribuée à Barnave par Lamartine dans son Histoire des Girondins. Et selon d’autres sources, à Robespierre (…) Le décret sur le statut des Nègres sera bien timoré (…) l’esclavage sera aboli par la Convention, trois ans plus tard.

« La Révolution est finie. Il faut la fixer et la préserver en combattant les excès. Il faut restreindre l’égalité, réduire la liberté et fixer l’opinion. Le gouvernement doit être fort, solide, stable. »1386

Adrien Jean François DU PORT (1759-1798), Constituante, 17 mai 1791. La Révolution française (1965), François Furet, Denis Richet

Avec Barnave et de Lameth, il forme au sein de l’assemblée un « triumvirat » prônant des réformes pour concilier monarchie constitutionnelle et principes révolutionnaires (…) Il ne sera pas le dernier à vouloir la fin de cette révolution qu’un homme ou un événement vient chaque fois relancer – cette fois, c’est la fuite à Varennes.

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