Louis XIII : « Assurez-vous toujours de mon affection qui durera jusqu'au dernier soupir de ma vie. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Naissance de la monarchie absolue - Règne de Louis XIII et Richelieu (suite)

Le roi soutient son ministre inconditionnellement et le ministériat prouve son efficacité.

Nommé « principal ministre d’État », Richelieu triomphe de la reine mère (1630) et confond impitoyablement tous les comploteurs qui trouvent appui auprès du frère du roi, Gaston d’Orléans, et de la reine Anne d’Autriche.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Assurez-vous toujours de mon affection qui durera jusqu’au dernier soupir de ma vie. »703

LOUIS XIII (1601-1643), Lettre à Richelieu, 16 octobre 1629

Vie de Louis XIII (1936), Louis Vaunois.

Richelieu sera nommé « principal ministre d’État », le 21 novembre, duc et pair de France le 26. Et quand l’affection ne sera plus ce qu’elle est, la fidélité à cette parole donnée demeure, même si Richelieu craint toujours le brusque revirement pouvant tout réduire à néant : sa mission, sa politique, sa carrière, sa fortune (…)

« Nul ne peut égaler l’immortel Richelieu
Son esprit est divin soit en paix soit en guerre
Il s’en parle partout comme d’un demi-Dieu
Et lui seul peut suffire à gouverner la terre. »704

Alexandrins illustrant une gravure de Le Blond. Le Château de Richelieu : XVIIe-XVIIIe siècles (2009), Marie-Pierre Terrien, Philippe Dien

Richelieu y figure à cheval. L’intelligence et l’ambition du cardinal qui s’est mis au service de la France sont incontestables. Mais ce style de poésie fait partie de la propagande qui, avec la police, devient l’un des moyens de gouverner.

« Ce fou n’a qu’une idée, abattre la maison d’Autriche […] Il déclenchera la guerre générale et les hordes de barbares se jetteront sur le trottoir français. »705

Pamphlet contre Richelieu. Mazarin (1972), Paul Guth

En 1630, que d’opposants à la politique anti-habsbourgeoise de Richelieu ! (…) Lequel paie des publicistes à gages pour mener une propagande anti-espagnole incessante, d’où une guérilla de libelles et de pamphlets. Dès 1631, La Gazette de Théophraste Renaudot a pour but de réduire les « faux bruits qui servent souvent d’allumettes aux mouvements et séditions intestines » (…)

« C’est le plus grand serviteur que jamais la France ait eu. »706

LOUIS XIII (1601-1643), défendant le cardinal contre sa mère au lendemain de la journée des Dupes, le 11 novembre 1630 (…)

Marie de Médicis a tenté de perdre Richelieu (…) Avec la reine, elle a profité d’une grave maladie du roi pour l’éloigner de son ministre et obtenir sa future disgrâce (…) Le 10 novembre 1630, elle presse son fils de tenir parole (…) Le lendemain, Richelieu, convoqué, se croit perdu et se jette à ses genoux. Louis XIII le relève, le prie de rester, exile Marie de Médicis (…)

« Comme les femmes n’ont pas de voix en l’Église, je suis de l’opinion des anciens et modernes qui croient qu’elles n’en doivent point avoir en l’État. »707

Cardinal de RICHELIEU (1585-1642). Vie de Louis XIII (1936), Louis Vaunois

Propos misogyne, mais avis fondé, si l’on songe au rôle de Marie de Médicis et d’Anne d’Autriche, adversaires du cardinal et le plus souvent nuisibles à la France, du temps de leur règne comme de leur régence.

« Ne craignez rien. Je serai votre second contre tout le monde, sans en excepter mon frère. Mon honneur y est engagé. »708

LOUIS XIII (1601-1643), à Richelieu. Histoire de la vie de Louis XIII roi de France et de Navarre (1768), Richard de Bury

Gaston d’Orléans (Monsieur, frère du roi) a fait irruption dans l’hôtel du cardinal, rue Saint-Honoré, et l’a violemment menacé. Il doit quitter le royaume le 30 janvier 1631. « Le mal que l’on vous fera, je le regarderai comme fait à moi-même et je saurai vous venger », promet le roi à son principal ministre d’État.

« Je m’aperçois assez que l’on s’en prend au cardinal et qu’on ne s’ose plaindre de ma personne. Plus je verrai qu’on l’attaquera, cela sera cause que je l’aimerai davantage et porterai son parti. »709

LOUIS XIII (1601-1643), au sieur de La Barre Le Sec, 25 juillet 1631. Vie de Louis XIII (1936), Louis Vaunois

Il était venu lui parler de la reine mère, Marie de Médicis. Prisonnière, évadée, la voilà exilée hors de France. Elle le restera jusqu’à sa mort à Cologne, en 1642. Le « parti des bons Français » (…) a définitivement gagné contre le parti dévot. Le couple formé par Louis XIII et Richelieu est uni, ce « ministériat » demeure la grande force du règne (…)

« L’humeur des Français est si prompte qu’elle veut la fin de ses désirs aussitôt qu’elle les a conçus. »710

Cardinal de RICHELIEU (1585-1642), Testament politique

L’homme rouge ne cessa de déplorer la « légèreté » des sujets de Sa Majesté, cause des difficultés de la fin du règne : l’esprit de sédition demeure chez les Grands, réapparaît de plus belle chez le peuple et va rendre précaires toutes les entreprises du « principal ministre d’État ».

« N’éveillez pas cette grosse bête. »711

Cardinal de RICHELIEU (1585-1642). Mazarin (1972), Paul Guth

Il s’agit de Paris (ou de son Parlement, selon une autre source). Le cardinal sait la ville frondeuse par nature, et par accès. Son successeur le cardinal de Mazarin, moins habile ou moins chanceux, subira le réveil de la « grosse bête », dramatique durant la Fronde.

« Un pauvre capucin m’a désarmé avec son chapelet ; le perfide a su faire entrer dans son capuchon six bonnets d’Électeurs. »712

FERDINAND II de Habsbourg (1578-1637) (…)

L’empereur d’Allemagne exprime sa colère contre (…) le Père Joseph. Richelieu a remarqué les capacités de ce capucin, (…) L’« Éminence grise » prend part à toutes les grandes affaires de l’État, telles les tractations avec les Électeurs catholiques dressés contre l’empereur, dans la guerre de Trente Ans (…) « guerre couverte » avant l’entrée en « guerre ouverte » (1635).

« Il entra dans toutes les affaires, parce qu’il n’avait pas la force de résister à ceux qui l’y entraînaient pour leurs intérêts ; il n’en sortit jamais qu’avec honte, parce qu’il n’avait pas le courage de les soutenir. »713

Cardinal de RETZ (1613-1679), Mémoires (1671-1675)

Portrait de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, décrit sans indulgence. Il n’en mérite guère. Dépourvu de tout caractère, il est de tous les complots contre le roi ou Richelieu, lâchant ses complices au dernier moment et fort de son impunité, aussi longtemps qu’il est l’héritier de la couronne – Louis XIII étant sans enfant (…)

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