« Bienheureux ceux qui n'ont pas attendu pour vendre leurs biens l'arrivée des Barbares. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Gaule et Grandes Invasions du Ve siècle.

Diverses tribus barbares déferlent à nouveau en Europe et défient l’Empire romain. Attila, le chef des Huns, pille la Gaule et reste dans la mémoire collective comme le Fléau de Dieu.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Bienheureux ceux qui n’ont pas attendu pour vendre leurs biens l’arrivée des Barbares. »39

Romains louant Dieu, 410

Saints et patrons : les premiers moines de Lérins (2004), René Nouailhat.

La Gaule a vécu au IVe siècle sa dernière période de calme. Le Ve siècle est celui des Grandes Invasions barbares. Vandales, Suèves, Alains, Wisigoths, Francs, Burgondes, Huns déferlent sur l’Europe et vont entraîner la chute de l’Empire romain. Ainsi les Romains se félicitent-ils d’avoir vendu leurs biens et de s’être réfugiés en Afrique (…)

« Le roi Athaulf, chef des Goths, avait d’abord aspiré avec ardeur à effacer le nom romain. Mais les Goths étaient incapables d’obéir à des lois à cause de leur barbarie sans frein […] Il a préféré alors rehausser le nom romain avec le concours des Goths, pour figurer auprès de la postérité comme le restaurateur de l’empire romain. »40

JÉRÔME (vers 347-420). Histoires (Contre les Païens), Orose

Les barbares Germains qui fuient devant les Huns sont attirés par les richesses de l’Empire romain : les Goths de l’Ouest (Wisigoths) sont venus dans l’idée de piller et détruire. Mais bientôt, nombre d’entre eux se romanisent, tel cet Athaulf dont parle le futur saint Jérôme (…)

« Que d’autres villes soient menaçantes par leur situation, fondées sur des hauteurs par d’humbles puissances ; que des remparts édifiés sur des crêtes abruptes se glorifient de n’avoir jamais été abattus ; toi, ce sont tes blessures qui te font aimer et le siège que tu as subi a rendu publique ta ferme loyauté. »41

SIDOINE APOLLINAIRE (430-487), faisant l’éloge de Narbonne. Lettre au noble narbonnais Consentius, en 465-466

Cet auteur gallo-romain et chrétien du Ve siècle fait allusion au siège de la ville, prise en 436 par Théodoric Ier, roi des Wisigoths. Quinze ans après, on retrouve Théodoric allié aux Romains, pour vaincre les Huns aux champs Catalauniques.

« Cette race [les Huns] dépasse toutes les formes de la sauvagerie […] Ils sont affreusement laids. On dirait des bêtes à deux pattes. Ils ne se nourrissent pas d’aliments cuits au feu ni assaisonnés, mais de racines de plantes sauvages et de chairs demi crues d’animaux de toute sorte qu’ils échauffent quand ils sont à cheval entre leurs cuisses. »42

AMMIEN MARCELLIN (vers 330-vers 400), Res Gestae (Histoires)

C’est le plus grand historien de cette Antiquité tardive, le dernier à écrire en latin (…) Peuplade turco-mongole, très provisoirement unifiée par Attila en un vaste empire, les Huns massacrent les autres barbares, pillent l’Empire d’Orient et envahissent la Gaule en 451 : « Là où Attila a passé, l’herbe ne repousse plus. »

« Déjà les habitants se préparaient à évacuer leurs murs ; ils en sont dissuadés par les assurances prophétiques d’une simple bergère de Nanterre, Geneviève, devenue, depuis, la patronne de la capitale. »43

Louis-Pierre ANQUETIL (1723-1806), Histoire de France (1851)

(…) Michelet, lyrique pour évoquer Jeanne d’Arc, ne consacre qu’une ligne à cette première grande résistante de l’histoire : « Paris fut sauvé par les prières de Sainte Geneviève. » (…) Mais Geneviève sauvera réellement Paris de la famine, lorsque les Francs assiégeront la ville en 465 (…) Elle mourra à près de 90 ans. La sainte patronne de Paris est fêtée le 3 janvier.

« Ce fut une lutte atroce, pleine de péripéties, furieuse, opiniâtre, telle que l’Antiquité n’en avait jamais vu. »44

JORDANÈS (VIe siècle), Histoire des Goths (551)

Après avoir pillé la Gaule, Attila s’apprête à retourner vers le Rhin. Aetius, général romain d’origine barbare, a pris la tête d’une armée composée de Romains, Wisigoths, Burgondes et Francs (…) La coalition inflige aux Huns d’Attila une sanglante défaite aux champs Catalauniques, situés dans la région de Troyes (juillet 451). La défaite laisse quand même les Huns assez nombreux et forts pour déferler sur l’Italie du Nord (…)

« Allons, enfant du Nord scythique [Hun], toi qui ne montres ta rage et ta bravoure que pour tuer un homme sans armes, viens te mesurer avec un homme armé. Déjà, ma colère t’a beaucoup accordé : je t’ai donné bataille et je veux que tu te défendes ; il me plaît de n’immoler qu’un combattant. »45

AVITUS (Ve siècle), provoquant un guerrier hun en combat singulier. Panégyrique d’Avitus (456), Sidoine Apollinaire

Avitus a combattu les Huns. Son beau-fils, Sidoine Apollinaire, patricien romain illustre par son éloquence, même auprès des Barbares, fait le panégyrique du nouvel empereur, lors de son couronnement à Rome le 1er janvier 456, en rappelant ce fait héroïque. Le panégyrique est un genre rhétorique en vogue sous l’Antiquité et jusqu’au début du Moyen Âge (…)

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