Catherine de Médicis : « Je lis les histoires de ce royaume, et j’y trouve que de tous les temps, les putains ont dirigé les affaires des rois ! » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Fin de la Renaissance et prémices des guerres de Religion.

Henri II succède à François Ier. Le mirage italien opère encore. Un demi-siècle de victoires et de défaites alternées se soldent par un gain modeste pour la France, au traité de Cateau-Cambrésis (1559). Les nouvelles idées religieuses se répandent. Rien ne sert de brûler les livres ou d’emprisonner ceux qui réclament la Réforme, la « secte hérétique pullule » et Calvin en prend la tête. L’Église réformée de France est fondée (1559). Voilà le royaume divisé en deux peuples, deux religions : huguenots hérétiques contre papistes idolâtres.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Je lis les histoires de ce royaume, et j’y trouve que de tous les temps, les putains ont dirigé les affaires des rois ! »479

CATHERINE DE MÉDICIS (1519-1589) à Diane de Poitiers. Le Royaume de Catherine de Médicis (1922), Lucien Romier

Fille de Laurent II de Médicis, mariée au futur Henri II en 1533, elle faillit être répudiée pour stérilité pendant onze ans, avant de lui donner 10 enfants (…) Elle est éclipsée par Diane de Poitiers, de vingt ans l’aînée du roi. Diane fit son éducation à la cour, quand l’enfant de 11 ans rentra, après quatre années passées comme otage en Espagne (…)

« Sus donc Paris regarde quel doit être
Ton heur futur, en adorant ton maître,
Ton nouveau Dieu, dont la divinité
T’enrichira d’une immortalité. »480

Pierre de RONSARD (1524-1585), Entrée du Roi Très-Chrétien Henry II à Paris, l’an 1549

Le « prince des poètes » écrit ces vers pour l’Entrée du nouveau roi. Henri II est plus austère que son père François Ier, sa cour sera moins brillante, mais le prestige du monarque est exalté d’une autre manière. Les Entrées solennelles dans les villes sont l’occasion de fêtes à l’italienne, avec arcs de triomphe, statues à l’antique, pyramides et obélisques (…)

« Ce n’est point chose vicieuse, mais grandement louable, emprunter d’une langue étrangère les sentences et les mots, et les approprier à la sienne. »481

Joachim du BELLAY (1522-1560), Défense et illustration de la langue française (1549)

Poète de la Pléiade, chargé de rédiger ce manifeste littéraire (…) : « défense » de la langue française contre le latin qui reste, sauf exception, la langue des savants et des lettrés et « illustration », c’est-à-dire enrichissement de cette langue (…) Le XVIe siècle verra triompher un français en pleine évolution, rendu « classique » au siècle suivant.

« Madame, contentez-vous d’avoir infecté la France de votre infamie et de votre ordure, sans toucher aux choses de Dieu. »482

Un domestique du tailleur d’Henri II, s’adressant à Diane de Poitiers (1550) (…)

 Le ton dit assez la violence des haines qui couvent. L’homme est interrogé sur son éventuelle conversion au calvinisme, par Diane de Poitiers, la maîtresse du roi, qui encourage la répression du protestantisme. Il paiera de sa vie cette phrase, sitôt condamné à être brûlé vif devant Henri II, spectateur du supplice (…)

« Le Roi Très Chrétien est complètement tourné vers les choses de l’Italie. »483

Nonce du pape Jules III, à propos d’Henri II. Histoire de la France : dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 (1971), Georges Duby

Le mirage italien continue d’opérer sur nos rois de France et Henri II poursuit la politique de son père François Ier contre Charles Quint. La dixième guerre d’Italie se prépare – la cinquième contre l’empereur. En 1552, Henri II soutient militairement les Siennois révoltés contre les Impériaux et s’allie aux princes protestants allemands (…)

« Je le soignay, Dieu le guérit. »484

Ambroise PARÉ (vers 1509-1590), phrase gravée sur le socle de sa statue à Laval, sa ville natale

(…) Apprenti chez un barbier, il monte à Paris pour apprendre la chirurgie, les deux pratiques allant de pair, à l’époque. Il obtient le titre de maître barbier-chirurgien et va rencontrer, lors de divers sièges guerriers, les plus grands princes de France, blessés. Son habileté fait qu’on l’appelle partout et il sera au service des rois de France jusqu’à sa mort (…)

« Charles Quint, d’ailleurs ennemi mortel de la France, aimait si fort la langue française qu’il s’en servit pour haranguer les États des Pays-Bas le jour qu’il fit son abdication. »485

Antoine FURETIÈRE (1619-1688), Dictionnaire universel, Préface (posthume, 1690)

Le « vieux goutteux » décide d’abdiquer, dit-on, quand les armées impériales doivent lever le siège de Metz annexée par les Français et bien défendue par François de Guise (…) Rappelons ses origines de prince bourguignon : le français est sa langue maternelle et l’empereur d’Allemagne ne parla jamais couramment l’allemand (…)

« Jésus ! qu’a donc cette jeunesse pour vouloir ainsi se faire brûler pour rien ? »486

Président du tribunal chargé de juger des calvinistes. Histoire de France au seizième siècle, Guerres de religion, tome IX, Jules Michelet

Surpris dans leur pratique interdite à Paris (…) les disciples de Calvin semblent chercher le martyre. La législation antiprotestante date d’Henri II : Chambre ardente (…) plus de 500 arrêts contre l’hérésie en trois ans. L’édit de Chateaubriant établit la censure en 1551 (…) Malgré cet arsenal répressif, l’Église réformée recrute de plus en plus de nobles (…)

« Dieu vous a illuminé en la connaissance de l’Évangile de notre Seigneur Jésus, ce qui n’est pas donné à tous. Si vous, Sire, qui devez être l’organe de tous enfants de Dieu, avez la bouche close, qui osera ouvrir la sienne pour sonner mot ? »487

Jean CALVIN (1509-1564), Lettre à Antoine de Bourbon, 1er janvier 1558 (…)

Calvin, le « pape de Genève » (…) tente de convertir à ses idées le père du futur Henri IV qui, pas plus que son fils, n’a de convictions religieuses bien arrêtées. Il a surtout des ambitions politiques, déplorant de ne pouvoir espérer, bien que Bourbon, le royaume de France : Catherine de Médicis a fait trop d’enfants au roi Henri II (…)

« Si l’on ouvrait mon cœur, on y trouverait gravé le nom de Calais. »488

Marie TUDOR (1516-1558), son mot de la fin. Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789, tome IX (1844), Henri Martin

Ainsi s’exprime la reine d’Angleterre, mourante dit-on du chagrin que lui a causé la perte de cette ville, seule place restée anglaise en France, à la fin de la guerre de Cent Ans. Sauvée du massacre il y a deux siècles par les bourgeois de Calais, la ville fut quelque peu oubliée par les rois de France, davantage intéressés par la riche et fascinante Italie (…)

« Mais comme un Roi chrétien est doux et débonnaire,
Et comme son enfant duquel il a souci,
Vrai père, aime son peuple et sa Noblesse aussi. »489

Pierre de RONSARD (1524-1585), Exhortation au camp du roi Henri II pour bien combattre le jour de la bataille

Ronsard est (depuis octobre 1558) aumônier ordinaire et conseiller du roi dont il est ami d’enfance. Prince des poètes, devenu poète des princes, il sera richement pensionné pour fournir la cour en poésies de circonstances – ce qui nuit quelque peu à son génie poétique (…)

« En une heure, et par un trait de plume, fallut tout rendre et souiller et noircir toutes nos belles victoires passées, de trois ou quatre gouttes d’encre. »490

BRANTÔME (1540-1614), Œuvres du seigneur de Brantôme (posthume)

Le roi signe le traité de Cateau-Cambrésis (3 avril 1559) avec Philippe II d’Espagne et Élisabeth d’Angleterre (succédant à Marie Tudor). Il renonce à presque tout (Milanais, Piémont, Corse, Savoie…), mais récupère Saint-Quentin et garde Calais (…) Il met fin à soixante années de guerres étrangères et doit permettre à Henri II de parer au danger qui menace le royaume : la Réforme.

« Partout où le calvinisme réussit, l’autorité royale devient incertaine, et l’on court le risque de tomber en une espèce de république, comme les Suisses. »491

HENRI II (1519-1559). De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue (1841), Charles Labitte

Sa mort prochaine ne laissera pas au roi le temps de profiter de la paix conclue pour lutter contre les ravages du protestantisme qui se répand. Et la paix revenue augmente les risques de troubles intérieurs : elle laisse sans emploi les gentilshommes, disponibles pour d’autres combats et prêts à se ranger du côté des catholiques ou des protestants.

« Que mon peuple persiste et demeure ferme en la foi en laquelle je meurs. »492

HENRI II (1519-1559), mot de la fin, le 10 juillet 1559

Mort des suites d’un accident de tournoi – blessure à l’œil d’un coup de lance (…) Ses trois fils n’auront jamais son autorité (…) L’aîné François II, 15 ans, confie le gouvernement à sa mère Catherine de Médicis : elle exile Diane de Poitiers la favorite haïe et donne le pouvoir aux Guise, très catholiques. La guerre aux protestants reprend de plus belle (…)

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