Louis XII : « Ce gros garçon gâtera tout. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

La Renaissance « de » François Ier.

En trente ans de règne (1515-1547), François Ier incarne la Renaissance : un Personnage parfaitement défini dans l’action et la parole. Dès 1515, il s’illustre à Marignan. Le chevalier Bayard s’illustre sur tous les champs de bataille, en attendant un trop puissant ennemi, Charles Quint.

La France est déjà le pays le plus peuplé d’Europe et le roi, maître de l’Église, de l’armée, des finances, de la justice, impose sa volonté au Parlement. Les Grands sont mis au pas.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Ce gros garçon gâtera tout. »435

LOUIS XII (1462-1515) (…)

Ainsi parle-il de son cousin et successeur, le futur François Ier à qui il a fiancé sa fille Claude. Son exubérante et folle jeunesse doit effrayer le « Père du peuple ». La mort de la reine Anne (9 janvier 1514) va permettre la célébration de ce mariage qui la contrariait si fort (…)

« Nutrisco et exstinguo.  » / « Je le nourris et je l’éteins. »436

FRANÇOIS Ier (1494-1547), devise accompagnant la salamandre sur ses armes

Allusion à l’ancienne croyance selon laquelle cet animal est capable de vivre dans le feu et même de l’éteindre. Depuis un siècle, les rois de France ont des emblèmes personnels souvent associés à un animal (…) La salamandre se marie bien à cette Renaissance où la frontière est floue entre nature et surnature, chimie et alchimie, astronomie et astrologie (…)

« Car tel est notre plaisir. »437

FRANÇOIS Ier (1494-1547)

Après sept jours de règne, formule royale qui dit la volonté de pouvoir du nouveau roi. Sa mère Louise de Savoie l’appelle son « César triomphant », et les Italiens « Sa Majesté » (à l’égal de l’empereur). Il ne convoquera jamais les États généraux en trente-deux années de règne. Il crée le Conseil secret (dit Conseil étroit, ou Conseil des affaires) (…)

« Je suis votre roi et votre prince. Je suis délibéré de vivre et mourir avec vous. Voici la fin de notre voyage, car tout sera gagné ou perdu. »438

FRANÇOIS Ier (1494-1547), à ses troupes, avant la bataille de Marignan, 13 septembre 1515

Avec la fougue de ses 21 ans, il se lance dans la cinquième guerre d’Italie, allié à Venise, pour la reconquête du Milanais pris, puis perdu par Louis XII. Son armée passe les Alpes, forte des meilleurs capitaines, avec 300 canons et 30 000 hommes : chiffres considérables à l’époque. Le voilà parvenu à Marignan, ville de Lombardie (au sud-est de Milan) (…)

« Et vous promets, Madame, que si bien accompagnés et si galants qu’ils soient, deux cents hommes d’armes que nous étions en défîmes bien quatre mille Suisses et les repoussâmes rudement, si gentils galants qu’ils soient, leur faisant jeter leurs piques et crier France. »439

FRANÇOIS Ier (1494-1547), Lettre à sa mère Louise de Savoie, au soir du 13 septembre 1515 (…)

Son « César triomphant » lui conte par le menu la première partie de la bataille. Les Suisses sont les alliés du duc de Milan : redoutables combattants, ils barrent l’accès de l’Italie, en tenant les divers cols. Ces milices paysannes sont redoutées pour leurs charges en masses compactes, au son lugubre des trompes de berger (…)

« Sonnez, trompettes et clairons
Pour réjouir les compagnons
Bruyez bombardes et canons
Donnez des horions,
Tous gentils compagnons
Suivez, frappez, tuez. »440

Chanson de Marignan, 1515

Le patriotisme précède le mot même de patrie, sous la Renaissance : il inspire d’innombrables hymnes et odes à la France, signés des plus grands poètes du temps (tel Ronsard), il éclate aussi dans les chansons qui accompagnent chaque haut fait des armées françaises. « Bataille de géants », Marignan, 1515, est également un carnage (…)

« Et tout bien débattu, depuis deux mille ans, n’a point été vue une si fière ni si cruelle bataille […] Au demeurant, Madame, faites bien remercier Dieu par tout le royaume de la victoire qu’il lui a plu nous donner. »441

FRANÇOIS Ier (1494-1547), Lettre à sa mère Louise de Savoie, au soir du 14 septembre 1515

Infatigable épistolier, le « César triomphant » rend compte à sa mère, par ailleurs régente quand il « s’en va-t-en guerre ». Femme de caractère, belle, intelligente, mais avide et intrigante, elle exerça sur son royal et adoré fils une influence politique souvent heureuse, parfois détestable (…)

« Bayard, mon ami, je veux aujourd’hui être fait chevalier par vos mains […]
— Sire, celui qui est couronné, loué et oint de l’huile envoyée du Ciel et est le roi du royaume, le premier fils de l’Église, est chevalier sur tous autres chevaliers. »442

FRANÇOIS Ier (1494-1547) et BAYARD (vers 1475-1524), au soir de Marignan, le 14 septembre 1515 (…)

Pierre du Terrail, seigneur de Bayard, s’est distingué à 20 ans en Italie, dans la « furia francese » à Fornoue, puis dans toutes les guerres suivantes, sous Charles VIII et Louis XII. Au « chevalier sans peur et sans reproche » passé dans la légende revient l’insigne honneur d’armer chevalier le roi de France, à sa demande, au soir de la victoire de Marignan (…)

« Je ne souffrirai pas qu’il y ait plus qu’un roi de France. »443

FRANÇOIS Ier (1494-1547), 14 janvier 1518. François Ier, le souverain politique (1937), Louis Madelin

(…) Il s’adresse à une députation du Parlement de Paris : « (…) Le Parlement a pour mission de rendre la justice […] Il ne lui appartient pas de régler et d’ordonner les affaires publiques. » Jamais roi de France ne s’était ainsi emporté contre son Parlement. Objet du litige ? L’enregistrement d’un concordat. Et devant la résistance du Parlement à ce sujet, il menace.

« Si la Cour y fait faute, je l’en ferai repentir. »444

FRANÇOIS Ier (1494-1547). François Ier, le souverain politique (1937), Louis Madelin

Fureur contre le Parlement qui repousse l’enregistrement du concordat dont la bulle a été signée par le pape, le 18 août 1516. Le Parlement finit par céder en mars 1518, mais enregistre avec la mention : « de l’ordre exprès et réitéré du roi » (…)

« Il est jeune et à la fleur de l’âge, libéral, magnanime, expérimenté et habile à la guerre. Il a bonne paix avec tous ses voisins, en sorte qu’il pourra employer au service de Dieu et de la foi sa personne et tout son avoir, sans que nul le détourne et que rien l’empêche. »445

FRANÇOIS Ier (1494-1547), autoportrait et déclaration de candidature, en 1519

Il brigue la couronne impériale, à la mort de Maximilien. L’adversaire est de taille : Charles, prince bourguignon (arrière-petit-fils du Téméraire), devenu prince des Pays-Bas, puis roi d’Espagne, roi de Sicile (…) héritant par son père des terres des Habsbourg ! Il l’emporte naturellement (…) Face à Charles Quint, nouvel ennemi héréditaire, nos guerres vont devenir plus défensives qu’offensives.

« Souvent femme varie
Bien fol est qui s’y fie. »446

FRANÇOIS Ier (1494-1547). Vie des Dames galantes, extraites des Mémoires de Brantôme

Brantôme, abbé laïc et chroniqueur du XVIe s., donne à voir le roi chevalier écrivant ces mots, sur le côté d’une fenêtre au château de Chambord. Le jeune et beau François délaisse son épouse Claude de France, boiteuse et laide, mais populaire, lui faisant quand même deux fils, François mort jeune et le futur Henri II. Et il va multiplier les aventures (…)

« Le plus grand et le plus extrême acte de la Grâce divine par lequel se propage l’influence de l’Évangile. »447

Martin LUTHER (1483-1546). « Sur certaines formes de la propagande religieuse au XVIe siècle », Pierre Deyon, revue Annales, Économies, Sociétés, Civilisations, volume XXXVI (1981)

Grand réformateur religieux et l’un des premiers écrivains de langue allemande, il rend ainsi hommage à l’imprimerie, découverte dans son pays en 1434 par Gutenberg. Avec la presse à imprimer, le livre est devenu une véritable industrie à Paris et à Lyon, sous Louis XII. On peut dire sans exagérer que Luther est, avec la Bible, le « best-seller » du temps (…)

« C’est dans l’Écriture Sainte que se trouve la doctrine du Christ […] Attachons-nous donc au seul Christ et à la doctrine apostolique. Le reste est peut-être plus superstitieux que religieux. »448

Jacques LEFÈVRE d’ÉTAPLES (vers 1450-1537) (…)

Théologien et humaniste français (…) on lui doit les idées fondamentales de la première Réforme. Il crée le « cénacle de Meaux », groupe qui travaille à la réforme du clergé et à la vulgarisation de l’Écriture. Le mouvement, condamné par la Sorbonne dès 1521, mais protégé par la sœur du roi, est dans un premier temps toléré : période heureuse et féconde (…)

« Il n’y a point de place faible, là où il y a des gens de cœur pour la défendre. »449

BAYARD (vers 1475-1524), à François Ier, 31 août 1521 à Mézières

Le « chevalier sans peur et sans reproche », veut convaincre le roi de défendre Mézières contre les troupes de Charles Quint, malgré le mauvais état des fortifications (le nom de la ville dérive du latin maceriae, murailles). La sixième guerre d’Italie – première guerre contre Charles Quint – commence (…)

« J’ai couvé un œuf de colombe, Luther en a fait sortir un serpent. »450

ÉRASME (1469-1536), Éloge de la folie (1508)

(…) Il rompt en 1524 avec la doctrine luthérienne où « nul ne retrouvait l’esprit de l’Évangile » (…) Tentative pour concilier les enseignements de l’Évangile et l’étude des Anciens. Mais l’humanisme devait fatalement aboutir au grand schisme : la Renaissance porte en elle tous les ferments de la révolution religieuse qui prend le nom de Réforme.

« Le naturel du Français est de ne jamais abandonner son prince. »451

Joachim du BELLAY (1522-1560). Esquisse d’une histoire de France (1910), Eugène Cavaignac

Ainsi tire-t-il leçon de la vaine tentative du connétable de Bourbon pour détacher la France de son roi. Cela confirme le sentiment national déjà très fort dans cette France de la Renaissance. Moins condamnable qu’on ne peut le penser est la trahison de Charles de Bourbon, héros des guerres d’Italie et connétable (chef de l’armée) (…)

« Monsieur, il n’y a point de pitié en moi, car je meurs en homme de bien. Mais j’ai pitié de vous, de vous voir servir contre votre prince, et votre patrie, et votre serment. »452

BAYARD (vers 1475-1524), à l’ex-connétable de Bourbon - son mot de la fin

Mortellement blessé en couvrant la retraite de l’armée française au passage de la Sesia en Piémont, le 30 avril 1524, il reproche à Charles de Bourbon d’être à présent lieutenant de l’ennemi, Charles Quint (…) Entre Moyen Âge et période classique, en ce siècle plein de bruits, de fureurs, de guerres, la mort revient comme un thème obsédant.

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