Duc de Castries : « Cela veut raisonner de tout, et n'a pas mille écus de rente. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Siècle des Lumières.
Les philosophes.

Véritable défi, résumer la pensée de Montesquieu, Voltaire, Rousseau et Diderot en moins de 100 citations.

Mais de nos jours, qui prend le temps de lire la Correspondance intégrale du premier (4793 lettres répertoriées), l’Esprit des Lois du deuxième, le Contrat social du troisième ou les articles de l’Encyclopédie du quatrième mousquetaire de la pensée !?

(Nous allons naturellement retrouver la « bande des quatre » en action et en situation dans la Chronique à suivre)

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Cela veut raisonner de tout, et n’a pas mille écus de rente. »997

Marquis et duc de CASTRIES (1727-1801)

Le Rouge et le Noir (1830), Stendhal.

Le duc parle avec dédain de Rousseau (le plébéien) et de d’Alembert (le bâtard) – il aurait pu en dire autant de Diderot (le bohème). Chez ces hommes avides de répandre les Lumières dans un public de plus en plus vaste et éclairé, la vocation encyclopédique va de pair avec une curiosité universelle et une culture tout terrain (…)

« Fiers dans leurs écrits et rampants dans les antichambres. »998

ROBESPIERRE (1758-1794) parlant des Encyclopédistes. Histoire de la Révolution française (1823-1827), Adolphe Thiers, Félix Bodin

Rousseau fut l’exception à cette règle, et pour cela le plus populaire auprès des révolutionnaires. Robespierre le vertueux, le rigoriste, accusera les philosophes souvent courtisans de n’avoir guère porté ombrage au pouvoir des rois, alors même qu’ils contestent le bien-fondé de leur monarchie (…)

« Il fallait, pour les écrivains, se soumettre à cette convention [la monarchie absolue] ou s’en aller écrire hors de France. – Les écrivains ont fini par rester ; et les rois absolus sont partis. »999

Gérard de NERVAL (1808-1855), Faux saulniers (textes parus en feuilleton dans Le National à partir de 1850)

Tous les philosophes des Lumières sans exception ont dû ruser avec la censure. Tous ont recouru un jour ou l’autre aux pseudonymes ou à l’anonymat (sauf Rousseau, là encore exception à la règle). La proximité de la frontière suisse leur est commode pour fuir en cas d’alerte, mais la Bastille abrite pour un temps Voltaire et Diderot (…)

« Depuis l’Évangile jusqu’au Contrat social, ce sont les livres qui ont fait les révolutions. »1000

Vicomte Louis de BONALD (1754-1840), Mélanges littéraires, politiques et philosophiques, « Sur les éloges historiques de MM. Séguier et de Malesherbes »

Les philosophes n’étaient pas révolutionnaires, mais leur pensée le devint, diffusée par leurs œuvres. En schématisant : à Voltaire le temps de la pré-Révolution ; Montesquieu triomphe sous la Constituante où Diderot aussi a son heure ; puis Législative et Convention s’inscrivent sous le signe de Rousseau, qui inspire jusqu’à l’élan des discours jacobins.

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