De Gaulle : « le Général emportait avec lui quelque chose de primordial, de permanent, de nécessaire... » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Quatrième République

La démission du général de Gaulle et la naissance de la Quatrième République

De Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République, refuse les jeux politiciens des partis et démissionne, le 20 janvier 1946. L’Assemblée constituante élue au suffrage universel (femmes comprises, pour la première fois) donne à la France une Constitution acceptée par référendum (13 octobre 1946) et qui prolonge en fait la Troisième République, avec tous ses défauts.

 Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Chacun, quelle que fût sa tendance, avait, au fond, le sentiment que le Général emportait avec lui quelque chose de primordial, de permanent, de nécessaire, qu’il incarnait de par l’Histoire, et que le régime des partis ne pouvait pas représenter. »2862

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome III, Le Salut, 1944-1946 (1959)

20 janvier 1946 : le président du Gouvernement provisoire de la République démissionne brutalement, après dix-huit mois au pouvoir. Le motif : son désaccord avec le Parti communiste sur l’élaboration de la Constitution de cette Quatrième République. Plus fondamentalement, il incrimine le système des partis (…)

« Dans le tumulte des hommes et des événements, la solitude était ma tentation. Maintenant, elle est mon amie. De quelle autre se contenter, quand on a rencontré l’Histoire ? »2863

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome III, Le Salut, 1944-1946 (1959)

C’est « le sentiment qui parle » ici. Il se retire de la scène politique et sera (presque) absent de l’histoire, pour une traversée du désert de douze ans, dans une relative solitude (…)

« Un tiers des Français s’étaient résignés [à la Constitution], un tiers l’avaient repoussée, un tiers l’avaient ignorée. »2864

Charles de GAULLE (1890-1970). Vie politique sous la Cinquième République (1981), Jacques Chapsal

Jugeant avec ironie la Constitution de 1946. Premier projet, rejeté par référendum du 5 mai 1946, second projet accepté par référendum du 13 octobre 1946.

En fait, la Libération a raté sa Constitution (…) Elle prolonge la Troisième République avec tous ses défauts, alors qu’il lui faut affronter des problèmes nouveaux.

L’Assemblée nationale, élue le 10 novembre, donne au PC la place du premier parti de France (plus de 28 % des suffrages exprimés (…)

« Le choix est simple : modernisation ou décadence. »2865

Jean MONNET (1888-1979), Mémoires (1976)

(…) Après la guerre, les priorités économiques s’imposent : reconstruire le pays, moderniser l’outil de production.

Le plan est la solution rationnelle – de Gaulle, revenu au pouvoir, dira que « les objectifs à déterminer par le Plan revêtent pour tous les Français un caractère d’ardente obligation ». Mais la planification à la française n’est pas dirigiste, se voulant surtout incitative, après concertation. Près d’un millier d’acteurs économiques sont consultés pendant un an (patrons, syndicalistes, fonctionnaires), de sorte que le plan est bien accepté, en 1947. Il bénéficie également du plan Marshall, initiative américaine, au niveau européen.

La vraie citation est un peu plus longue, dans le Rapport du Commissariat général du Plan (1946) : « Nous n’avons pas le choix. La modernisation n’a d’autre alternative que la décadence. » (…)

« Je vous avertis loyalement, je ne resterai pas cloîtré dans la maison où vous allez m’emmener. Ayant été en prison, je saurai faire des trous dans le mur. »2866

Vincent AURIOL (1884-1966), président de la République. Déclaration du 16 janvier 1947. La France de Vincent Auriol, 1947-1953 (1968), Gilbert Guilleminault

Il s’exprime ainsi, le jour de son élection.

En toute occasion, il revendiquera l’importance de son rôle, « magistrature morale […] pouvoir de conseil, d’avertissement et de conciliation ». Bref : « Je ne serai ni un président soliveau, ni un président personnel. »

« Le jour va venir où, rejetant les jeux stériles et réformant le cadre mal bâti où s’égare la nation et se disqualifie l’État, la masse immense des Français se rassemblera sur la France. »2867

Charles de GAULLE (1890-1970), Discours de Bruneval, 30 mars 1947. Discours et messages : dans l’attente, février 1946-avril 1958 (1970), Charles de Gaulle

À l’occasion d’une cérémonie commémorative de la Résistance, devant une foule de 50 000 personnes et des officiels du régime, la grande voix s’élève à nouveau.

Ramadier, premier président du Conseil de la Quatrième République s’empresse de déclarer : « Il n’y a point de sauveur suprême, ni César ni tribun. »

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