Giscard d'Estaing : « Chaque fois qu'il s'agira d'un choix fondamental pour la France, j'indiquerai quel est, selon moi, le bon choix. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Les années Pompidou, Giscard d’Estaing et Mitterrand

Les élections législatives de 1978

Malgré un résultat extrêmement serré, la majorité sortante est confortée. Comme aux lendemains des élections de mars 1977, Giscard d’Estaing opère un vaste remaniement ministériel (30 avril 1978). C’est le gouvernement Barre III, qui gouvernera jusqu’à l’élection présidentielle de 1981. L’échec de la gauche met un terme a l’aventure du Programme commun. Désormais, Parti socialiste et Parti communiste poursuivent des trajectoires distinctes.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Chaque fois qu’il s’agira d’un choix fondamental pour la France, j’indiquerai quel est, selon moi, le bon choix. »3176

Valéry GISCARD D’ESTAING (né en 1926), réunion de presse, 17 janvier 1977

La France vit à l’heure des élections à répétition, la politisation passionne chaque scrutin : cantonales en 1976, municipales en 1977, législatives en 1978. Sans parler des sénatoriales de 1977 et des européennes de 1979 !

Horizon mars 1978, on peut craindre une majorité de gauche à l’Assemblée, avec un président de droite – ce qu’on appellera plus tard la cohabitation, bizarrerie institutionnelle à la française (…)

« Lorsque j’engage un combat, il ne me vient pas à l’idée que je puisse le perdre. »3177

Jacques CHIRAC (né en 1932). L’Express (13 février 1978)

(…) Le 25 mars 1977, à 45 ans, il vient de remporter sa première grande victoire à une élection : la mairie de Paris. Il la doit indirectement à Giscard, et sa réforme du statut de la capitale. Paris n’avait plus connu de maire depuis Jules Ferry en 1870.

« Une personnalité politique ambitieuse est portée, par le suffrage universel, à un niveau où elle peut menacer la plus haute autorité de l’État. »3178

André MATHIOT (1909-1991), Chronique, 1977. La Vie politique sous la Ve République (1987), Jacques Chapsal

Fort bien vu par ce professeur de droit public. La mairie de Paris va servir de tremplin aux ambitions de Jacques Chirac. Contre Giscard président, il avait démissionné de son poste de Premier ministre, en août 1976, et fondé en décembre son propre parti, le RPR (Rassemblement pour la République). Une machine de guerre à son service. Il gagne donc cette mairie capitale, et c’est une victoire personnelle – il sera d’ailleurs réélu, en 1983 et 1989 (…)

« L’homme le plus neuf du cabinet restreint sera donc Raymond Barre, ce robuste bison dont le petit galop pourrait encore changer au détriment de la gauche – qui sait ! – le dénouement de la partie de chasse. »3179

Olivier CHEVRILLON (1929-2013), Le Point, 4 avril 1977

Après les municipales de mars 1977, perdues par la majorité, Barre succède à Barre, pour aller à la bataille des législatives de mars 1978, avec un gouvernement remanié dans un sens moins politique. Mais la gauche semble bien placée pour gagner les prochaines élections. Jusqu’au coup de théâtre qui se prépare en coulisses : la rupture de l’Union de la gauche.

« J’apprécie plus le pain, le pâté, le saucisson, que les limitations de vitesse. »3180

Jacques CHIRAC (né en 1932), L’Auto-Journal, 1er Août 1977

Le nouveau maire de Paris sait se rendre sympathique, avec un contact populaire inné (ou bien acquis), et un appétit devenu légendaire. Il pense déjà à la plus haute des fonctions et s’y prépare… La mairie est un bon poste, il va pourtant rester trop longtemps en pays conquis (…)

« Crise gouvernementale anticipée […] Un des non-événements les plus extraordinaires de l’Histoire politique : une opposition qui devait remporter les élections s’est employée in extremis à les perdre. »3181

Olivier DUHAMEL (né en 1950), La Gauche et la Ve République (1980)

PC, PS et MRG (Mouvement des radicaux de gauche) se sont réunis plusieurs fois au cours du printemps 1977 : la bible (le Programme commun de 1972) a vieilli, les divergences s’aggravent sur les nationalisations, la politique extérieure, la politique de défense.

La rupture se produit le 22 septembre 1977, au sommet (Marchais, Mitterrand, Fabre), dramatisée par le direct à la télévision (…)

« Dans le comportement révolutionnaire, il y a une terreur que je refuse. »3182

Serge JULY (né en 1942), interview dans Le Nouvel Observateur, 31 octobre 1977

(…) Automne 1977 : la violence de la « Fraction armée rouge » explose en RFA. La façon dont Libération présentera ces événements et les morts qui s’ensuivent consacre la rupture de son directeur, ex-gauchiste révolutionnaire, avec le gauchisme révolutionnaire. Loin de regretter ses années d’engagement total (guerre d’Algérie, Mai 68, Gauche prolétarienne), July en a tiré une expérience humaine et politique sans laquelle il n’aurait pu faire « Libé » tel qu’il est. July qui voulait changer le monde a quand même changé le monde de la presse.

« Les Français ne vivront pas heureux au paradis des idées fausses. »3183

Valéry GISCARD D’ESTAING (né en 1926), Discours de Verdun-sur-le-Doubs, 27 janvier 1978

On reparle d’une cohabitation Giscard-Mitterrand. Début février, selon la Sofres, 60 % des Français seraient pour ce ticket choc – ils seront presque toujours friands de ce mi-gauche mi-droite, redouté par les dirigeants qui en savent les limites (…)

« Rien n’est perdu, rien n’a été gagné. »3184

Raymond BARRE (1924-2007), entre les deux tours des élections législatives (12 et 19 mars 1978). L’Année politique, économique, sociale et diplomatique en France (1978)

(…) Le 19 mars, la gauche reçoit 49,36 % des suffrages exprimés, la majorité 50,47 %. René Rémond, historien du présent, professeur et politologue très médiatique, rappelle cette vérité qui fait loi, une fois de plus : « Le pays se partage de longue date à peu près par moitié entre les deux grandes tendances qui se disputent son adhésion. L’écart entre elles a toujours été faible et il tend à se réduire encore : de ce fait, il appartient a quelques centaines de milliers d’électeurs de les départager et de faire pencher le fléau de la balance… La portée du déplacement d’une minorité est incalculable. »

« Taisez-vous, Elkabbach ! »3185

Georges MARCHAIS (1920-1997), Premier secrétaire du PC, mars 1978

Petite phrase célèbre, des témoins assurent l’avoir entendue, mais aucune source n’en garde la trace, même pas l’INA dans ses archives pléthoriques ! Et le journaliste apostrophé avoue lui-même ne pas se la rappeler ! (…) Il l’attribue finalement à l’humoriste Pierre Douglas, populaire par son imitation de Marchais. En tout cas, cette citation apocryphe reflète parfaitement la réalité.

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