Retz : « Dans les mauvais temps, je n'ai point abandonné la ville ; dans les bons, je n'ai point eu d'intérêt en vue ; et dans les désespérés, je n'ai rien craint. » | L’Histoire en citations

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Chronique du jour

 

Avant le règne personnel de Louis XIV.
De Retz joue son jeu, Mazarin a encore le rôle ingrat, mais le pays adore son jeune Roi.

La Fronde rebondit, relancée par de Retz, représentatif de cette époque folle : prêtre et bientôt cardinal sans vocation religieuse, avec goût du complot et talent littéraire de « mémorialiste », ennemi personnel de Mazarin dont la tête est mise à prix. Contraint à nouveau de fuir la capitale et même la France, le ministre continue de diriger tant bien que mal le pays en conseillant la reine régente. En dépit des événements, le petit Roi reste très populaire et le principe même de la monarchie n’est pas mis en cause.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Dans les mauvais temps, je n’ai point abandonné la ville ; dans les bons, je n’ai point eu d’intérêt en vue ; et dans les désespérés, je n’ai rien craint. »785

Cardinal de RETZ (1613-1679), devant la Grande Chambre

Mémoires du cardinal de Retz (posthume, 1717).

Discourant du sort des trois princes révoltés et emprisonnés, il fait sienne cette fière formule d’un Ancien (…) signifiant que par sa conduite exemplaire, il pense être le meilleur ambassadeur pour défendre Condé et Cie auprès du pouvoir (…) Condé quittera Vincennes pour d’autres prisons, finalement libéré par Mazarin (…)

« Qui n’admire l’enfance
D’un jeune Roi plus beau que le jour,
Soit qu’il chante ou qu’il danse
Les dames pour lui brûlent d’amour
Et tout bas disent avec rougeur :
Qu’il est beau, que n’est-il majeur. »786

Qui n’admire l’enfance (1650), chanson. Histoire de France par les chansons (1982), France Vernillat, Pierre Barbier

La Fronde des princes fait rage, cela n’empêche pas le peuple d’adorer le petit Louis. Cette chanson date de ses 12 ans, on épie l’adolescent, on le jauge, on évalue non sans tendresse la poussée de ses jeunes forces. Louis XIV le Grand deviendra l’un des plus brillants danseurs de son siècle, s’exhibant dans des ballets consacrant la gloire du Roi-Soleil (…)

« Après ton compte rendu
Cher Jules, tu seras pendu
Au bout d’une vieille potence,
Sans remords et sans repentance. »787

Paul SCARRON (1610-1660), mazarinade. Poésies diverses : la mazarinade, Virgile travesti, roman comique

Ministre aussi accusé de « rapine publique, fausse politique et sot gouvernement ». Mais il tient bon. La Fronde des princes s’essouffle dans ses querelles de personnes, mais va s’unir, fin 1650, à un nouvel accès de Fronde parlementaire, pour réclamer le départ du ministre (…) Il s’exile un temps en Allemagne (…) Les frondeurs recommencent à se quereller.

« L’on dit toujours qu’il n’y a point d’assurance au peuple ; l’on a menti, il y a mille fois plus de solidité que dans les cabinets. Je veux m’aller loger aux halles. »788

Gaston d’ORLÉANS (1608-1660), à de Retz (…)

Il s’insurge contre les accommodements secrets que les princes frondeurs (Condé le premier) s’apprêtent à faire avec la reine, sans se soucier de leurs compagnons. Rappelons que Gaston d’Orléans, sous le règne de son frère Louis XIII, fut de tous les complots et s’en tira toujours en lâchant ses complices au dernier moment. Le personnage reste le même (…)

« Toujours pour moi à l’avenir, toujours contre moi dans le présent. »789

ANNE d’AUTRICHE (1601-1666), à Gaston d’Orléans. Mémoires du cardinal de Retz (posthume, 1717)

La reine se plaint à Monsieur, qui s’engage pourtant à prendre sa défense devant le Parlement. Mais elle n’est pas dupe : son beau-frère lui promet toujours d’être dans son camp, alors qu’il complote sans cesse avec les frondeurs – conduite d’autant moins pardonnable qu’il a été nommé lieutenant général du royaume.

« Voilà des maximes de républicain. »790

ANNE d’AUTRICHE (1601-1666), à de Retz, juillet 1651. Mémoires du cardinal de Retz (posthume, 1717)

(…) En fait, de Retz ne s’attaque pas au pouvoir royal et au régime, mais à la personne de Mazarin. Malgré certains de ses aspects, la Fronde n’est pas une tentative de renversement de la monarchie (hormis un temps à Bordeaux, avec le parti de l’Ormée).

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