De Gaulle : « La réforme, oui, la chienlit, non. » | L’Histoire en citations
De Gaulle La réforme, oui, la chienlit, non
Citation du jour

« La réforme, oui, la chienlit, non. »3057

Charles de GAULLE (1890-1970), Bureau de l’Élysée, dimanche matin, 19 mai 1968

Le Printemps des enragés (1968), Christian Charrière.

Réplique étudiante dès le lendemain, sortie de l’Atelier des Beaux-Arts : La chienlit, c’est lui !

En plein Mai 68, le président réunit les responsables de l’ordre qui n’existe plus, demande le nettoyage immédiat de la Sorbonne et de l’Odéon occupés. Autoritaire et de surcroît militaire, de Gaulle ne tolère pas cette grève qui paralyse le pays et ces manifs aux slogans provocateurs : Interdit d’interdire – Tout pouvoir abuse, le pouvoir absolu abuse absolument – Ce n’est pas une révolution, Sire, c’est une mutation.

De retour d’un voyage officiel (écourté) en Roumanie, il annonce : « La récréation est finie… Ces jeunes gens sont pleins de vitalité. Envoyez-les donc construire des routes. » Quant à nettoyer la Sorbonne et l’Odéon, cela risque de déclencher un engrenage de violences et le gouvernement obtient un sursis d’exécution.

« Nous ne parvenons pas à accomplir des réformes autrement qu’en faisant semblant de faire des révolutions. »2953

Jacques CHABAN-DELMAS (1915-2000), Assemblée nationale, 16 septembre 1969

Premier ministre sous la présidence de Pompidou, il songe naturellement à Mai 68.

Constat plus général, « la société française n’est pas encore parvenue à évoluer autrement que par crises majeures ». C’est un mal français, maintes fois diagnostiqué. Contre les « conservatismes » et les « blocages », Chaban propose sa « nouvelle société », avec un programme très ambitieux de réformes. Réforme ! Maître mot des prochains présidents, mais pas de Pompidou, aux priorités concrètes (et surtout économiques) plus que sociétales !

« Gouverner, c’est réformer. »3165

Valéry GISCARD D’ESTAING (né en 1926), Déclaration à la presse, 19 avril 1974. Et Conseil des ministres, janvier 1976

Dans le débat télévisé avec Mitterrand, entre les deux tours de l’élection présidentielle, il termine par cette promesse aux Français : « Vous serez surpris par l’ampleur et la rapidité du changement. » (10 mai 1974).

Nouveau style. Fini le cérémonial monarchique hérité du gaullisme. VGE descend à pied les Champs-Élysées le jour de son intronisation et on le verra sortir de l’Élysée ou entrer à grandes foulées. Il troque la jaquette pour le veston et porte aussi le pull-over. Il change le tempo de La Marseillaise au défilé du 14 juillet et joue de l’accordéon à la télé. Il invite les éboueurs à sa table au petit-déjeuner – il en fait un peu trop et ça finit par agacer.

Réformes de fond : création d’un secrétariat d’État à la Condition féminine, abaissement à 18 ans de l’âge de la majorité, statut de la ville de Paris qui retrouve un maire élu et unique, éclatement de l’ORTF, simplification du divorce. Et surtout la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) qui déchaîne des passions. « La France doit devenir un immense chantier de réformes », oui, mais… VGE ne sera pas réélu en 1981.

« Il est impossible d’imposer plus, ruineux d’emprunter toujours ; non suffisant de se borner aux réformes économiques. »1244

CALONNE (1734-1802), Plan d’amélioration des finances, Mémoire, 20 août 1786

« L’Enchanteur » a multiplié les projets industriels, financé les fêtes à Versailles, les spectacles à l’Opéra de Paris, dopé le commerce en diminuant les taxes. Mais l’emprunt coûte de plus en plus cher, les recettes n’augmentent pas comme espéré, l’inflation encourage la spéculation, les faillites se multiplient, l’état de grâce est fini.

Calonne a compris : « Il est indispensable de reprendre en sous-œuvre l’édifice entier pour en prévenir la ruine. » Trop tard ! Impossible de réformer, aussi bien l’économie et les finances publiques que les institutions politiques et la société. Blocage dû aux privilégiés tenant à leurs privilèges, comme aux gouvernants (rois et ministres) coupés des réalités ou trop faibles pour imposer des mesures nécessaires, mais fatalement impopulaires. La France est dans l’impasse, d’où la Révolution (1789). Est-ce une constante historique ?

Cinquième République

 

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