De Gaulle : « La vieillesse est un naufrage... » | L’Histoire en citations
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 Seconde Guerre Mondiale citationsSeconde guerre mondiale (1939-1945).    

De Gaulle, l’homme du destin pour la France, s’impose à 50 ans, face à un vieillard, le maréchal Pétain, ex héros de Verdun toujours très populaire. Dans un contexte tragique, doué d’un sens de l’Histoire visionnaire et grand géopoliticien (à l’inverse de Napoléon), il a une foi indéfectible en la France qu’il représente et incarne, avec la certitude de parler en son nom.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« La vieillesse est un naufrage. Pour que rien ne nous fût épargné, la vieillesse du maréchal Pétain allait s’identifier avec le naufrage de la France. »2708

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome I, L’Appel, 1940-1942 (1954)

La France vit l’une des pages les plus dramatiques de son histoire : guerre et défaite, occupation de son territoire, pillage de ses ressources, destructions, hécatombes.

En 1940, le recours au maréchal Philippe Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, vieillard de 84 ans, va se révéler le pire des pièges, et le pays se divise dans une autre guerre fratricide.

« Un fou a dit “Moi, la France” et personne n’a ri parce que c’était vrai. »2709

François MAURIAC (1885-1970). Encyclopædia Universalis, article « France »

Simple général de brigade à titre temporaire, Charles de Gaulle en 1940, absolument seul et contre le destin, refuse la défaite entérinée par le gouvernement légal de la France face à l’Allemagne nazie, continue la lutte dans l’Angleterre toujours en guerre, mobilise des résistants, combattants français de plus en plus nombreux à entendre cette autre voix de la France parlant espoir et grandeur, se fait reconnaître non sans peine des Alliés, déchaîne des haines et des passions également inconditionnelles, et permet enfin à la France d’être présente au jour de la victoire finale.

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. »2710

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome I, L’Appel, 1940-1942 (1954)

Premiers mots des Mémoires : L’Appel (1940-1942), L’Unité (1942-1944), Le Salut (1944-1946) : six années d’histoire de France et du monde – suite de récits, portraits, méditations et formules – signés d’un personnage historique qui est aussi un écrivain parmi les grands du siècle. Son entrée dans La Pléiade (Gallimard, 2002) en fait foi.

Le début est devenu page d’anthologie : « Le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. »

« Elle [la France] n’est pas seule […] Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte […] Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »2713

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome I, L’Appel, 1940-1942 (1954)

Atout majeur dans cette histoire, la Grande-Bretagne qui a aussi trouvé son grand homme : Churchill, partenaire essentiel pour de Gaulle. Au lendemain de la défaite française de juin 1940, la « bataille d’Angleterre » commence avec la marine qui empêche tout débarquement allemand, l’aviation qui met en échec la Luftwaffe, enfin le Commonwealth qui permet de tenir tête à Mussolini et même à Hitler, dans la guerre méditerranéenne.

« Cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. »2714

Charles de GAULLE (1890-1970), Appel « A tous les Français » du 23 juin 1940

Paroles prophétiques, alors que l’Angleterre est seule à faire encore front face à Hitler qui semble tout-puissant ! La guerre devient mondiale quand l’Allemagne attaque l’URSS (22 juin 1941) et quand le Japon intervient contre les États-Unis (7 décembre 1941) et le Commonwealth (début 1942). Elle s’étend à tous les continents, toutes les mers du globe, mobilise 92 millions d’hommes et fait (selon les estimations) de 35 à 60 millions de morts (civils et militaires) (…)

« Si l’on venait me dire un jour que seul un miracle peut sauver la France, ce jour-là je dirais : je crois au miracle, parce que je crois en la France. »2742

Paul REYNAUD (1878-1966), Sénat, 21 mai 1940. 1940, l’année terrible (1990), Jean-Pierre Azéma

Les blindés allemands de Guderian foncent sur Paris et Amiens est pris le 20 mai. C’est la bataille de France, guerre éclair qui sème la panique dans la population civile. C’est le début de l’exode. Paul Reynaud a donné sa démission, refusée par le président Lebrun. Le 18 mai, il remanie son gouvernement dans le sens de l’Union nationale, les royalistes y côtoient les socialistes – les communistes restent exclus (conséquence du pacte germano-soviétique) (…) Mais il n’y a pas de miracle : du 4 au 8 juin, le front établi sur la Somme et sur l’Aisne est enfoncé. La bataille de France est finie, l’armée française pratiquement anéantie : plus de 100 000 militaires morts en un mois, 2 millions de prisonniers. Et l’exode des populations affolées se poursuit, vers le sud.

« Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. »2750

Maréchal PÉTAIN (1856-1951), Allocution à la radio, 17 juin 1940

Nommé président du Conseil des ministres par le président de la République Albert Lebrun, le vieil homme rallie à sa personne – et au symbole qu’elle incarne – l’immense majorité du pays. Celui qui a sauvé la France à Verdun n’est-il pas le seul recours pouvant lui éviter à présent le pire ? La logique de la résistance incarnée par de Gaulle est inverse.

« Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. »2754

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome I, L’Appel, 1940-1942 (1954)

L’Appel du 18 juin et ses arguments simple et forts seront repris. Ils marquent l’acte de naissance de la France libre (et bientôt combattante) qui, à côté de l’autre France envahie et vaincue, incarnée par le Maréchal, va renaître, et d’abord dans les terres lointaines de son empire colonial, en Afrique équatoriale.

« Devant la confusion des âmes françaises, devant la liquéfaction d’un gouvernement tombé sous la servitude ennemie, devant l’impossibilité de faire jouer nos institutions, moi, général de Gaulle, soldat et chef français, j’ai conscience de parler au nom de la France. »2756

Charles de GAULLE (1890-1970), Appel à la BBC, 19 juin 1940. De Gaulle (1964), François Mauriac

La voix reparle à la radio. Le célèbre Appel du 18 juin est suivi de bien d’autres qui vont toucher des Français de plus en plus nombreux à se vouloir libres (…) Le gouvernement légal ne va pas longtemps tolérer cette « voix de la France » qui lui dispute sa légitimité.

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