De Gaulle : « La vieillesse est un naufrage. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Seconde Guerre Mondiale

Prologue

Quelques repères sur la Seconde Guerre Mondiale

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« La vieillesse est un naufrage. Pour que rien ne nous fût épargné, la vieillesse du maréchal Pétain allait s’identifier avec le naufrage de la France. »2708

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome I, L’Appel, 1940-1942 (1954)

(…) En 1940, le recours au maréchal Philippe Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, vieillard de 84 ans, va se révéler le pire des pièges, et le pays se divise dans une autre guerre fratricide.

« Un fou a dit “Moi, la France” et personne n’a ri parce que c’était vrai. »2709

François MAURIAC (1885-1970). Encyclopædia Universalis, article « France »

Simple général de brigade à titre temporaire, Charles de Gaulle en 1940, absolument seul et contre le destin, refuse la défaite entérinée par le gouvernement légal de la France face à l’Allemagne nazie.

En vertu de quoi, il continue la lutte dans l’Angleterre toujours en guerre, mobilise des résistants, combattants français de plus en plus nombreux à entendre cette autre voix de la France (…)

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. »2710

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome I, L’Appel, 1940-1942 (1954)

(…) Le début est devenu page d’anthologie : « Le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. »

« Le général de Gaulle ne prétendait pas inventer la Résistance, mais l’incarner. »2711

Edgar FAURE (1908-1988), Oraison funèbre de Christian Fouchet à l’Assemblée nationale (1974)

(…) Le phénomène de la Résistance est d’abord extérieur, lancé de Londres par de Gaulle lors du fameux Appel, le lendemain même du jour où Pétain, chef du gouvernement, accepte publiquement la défaite.

Mais la Résistance, phénomène qui touche tous les pays, se fait très vite aussi intérieure (…)

« Pour soulever le fardeau, quel levier est l’adhésion du peuple ! Cette massive confiance, cette élémentaire amitié, qui me prodiguent leurs témoignages, voilà de quoi m’affermir. »2712

Charles de GAULLE (1890-1970), Mémoires de guerre, tome II, L’Unité, 1942-1944 (1956)

De Gaulle, d’abord seul, rassemble autour de sa personne et de l’idée-force de Résistance une « armée des ombres » et des troupes de militaires qui grossiront.

La France, pétainiste dans son immense majorité en 1940, se retrouve gaulliste dans les mêmes proportions, en 1945 (…)

« Elle [la France] n’est pas seule […] Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte […] Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »2713

Charles de GAULLE (1890-1970), Appel du 18 juin 1940, Mémoires de guerre, tome I, L’Appel, 1940-1942 (1954)

Atout majeur de la France dans cette histoire, la Grande-Bretagne qui a aussi trouvé son grand homme : Churchill, partenaire essentiel pour de Gaulle. Au lendemain de la défaite française de juin 1940, la « bataille d’Angleterre » commence avec la marine qui empêche tout débarquement allemand, l’aviation qui met en échec la Luftwaffe (…)

« Cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. »2714

Charles de GAULLE (1890-1970), Appel « A tous les Français » du 23 juin 1940. La Résistance : chronique illustrée 1930-1950 (1973), Alain Guérin

Paroles littéralement prophétiques, alors que l’Angleterre est seule à faire encore front face à Hitler qui semble tout-puissant ! La guerre devient mondiale quand l’Allemagne attaque l’URSS (22 juin 1941) et quand le Japon intervient contre les États-Unis (7 décembre 1941) et le Commonwealth (…)

« La guerre, ce n’est pas l’acceptation du risque. Ce n’est pas l’acceptation du combat. C’est, à certaines heures, pour le combattant, l’acceptation pure et simple de la mort. »2715

Antoine de SAINT-EXUPÉRY (1900-1944), Pilote de guerre (1942)

Pilote de ligne qui traça l’un des premiers la liaison France-Amérique, pilote d’essai et de raid, alors que le succès littéraire lui vint au début des années 1930 – Courrier du Sud, Vol de nuit –, journaliste partant pour de grands reportages, combattant en 1939-1940, il rejoint en 1943 les Forces françaises libres et meurt en 1944, pilote volontaire pour une mission de guerre. L’humanisme, le lyrisme, la façon simple et courageuse de faire ce métier d’aventurier, et cette fin à 42 ans, feront de « Saint-Ex » un héros et un écrivain très aimés, notamment de la jeunesse.

« Faire la guerre au loin est assurément une épreuve très pénible, mais […] la supporter sur le territoire national, et cela trois fois en un siècle, face au plus savamment cruel des ennemis, c’est beaucoup plus qu’il n’en faut pour surmener un peuple édifié tour à tour dans le malheur et la gloire. »2716

Georges DUHAMEL (1884-1966), La Pesée des âmes (1949)

(…) Biologiste et médecin, engagé à titre de chirurgien militaire dans « cette aventure absurde et monstrueuse » de la Grande Guerre, il a vu venir la suivante. Elle fait d’énormes dégâts matériels en France : ports, ponts, voies ferrées, usines et maisons détruites. La terre même a souffert, bouleversée par les bombardements, truffée de mines (…)

« C’est une erreur de croire que les hommes moyens ne sont capables que de sacrifices moyens. »2717

Georges BERNANOS (1888-1948). Après Dachau : recueil des allocutions de Pierre Murat (1992), Pierre Murat

À côté des héros, une armée des ombres va se lever, anonyme, donnant le gros des bataillons de la Résistance.

« Battus, brûlés, aveuglés, rompus, la plupart des résistants n’ont pas parlé ; ils ont brisé le cercle du Mal et réaffirmé l’humain, pour eux, pour nous, pour leurs tortionnaires mêmes. »2718

Jean-Paul SARTRE (1905-1980), Situations II (1948)

(…) Activité clandestine à haut risque : en France, 30 000 résistants fusillés, plus de 110 000 déportés, dont la plupart morts dans les camps, ou à leur retour. Jean Moulin en est à la fois le chef (président du Conseil national de la Résistance), le héros, le martyr, le symbole.

« La vraie barbarie, c’est Dachau ; la vraie civilisation, c’est d’abord la part de l’homme que les camps ont voulu détruire. »2719

André MALRAUX (1901-1976), Antimémoires (1967)

Témoin et surtout acteur de ce temps, prisonnier de guerre en 1939, évadé d’un camp après l’armistice de 1940, aventurier au sens noble comme de Gaulle et rallié inconditionnel du général incarnant la Résistance, blessé dans les rangs du maquis, commandant la brigade d’Alsace-Lorraine à la libération (…)

« Ils se croyaient des hommes
N’étaient plus que des nombres. »2720

Jean FERRAT (1930-2010), Nuit et brouillard (1963), chanson sur les prisonniers des camps nazis

Nuit et brouillard est d’abord le titre d’un film de 1955, d’Alain Resnais et Jean Cayrol (poète et romancier, ancien déporté), qui évoque les camps d’extermination. Après les témoignages au présent, l’atrocité de la guerre fait surgir les œuvres du souvenir.

« C’est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles. »2721

Jean ANOUILH (1910-1987), Antigone (1943)

La guerre n’est pas un enfer pour tous, partout et tout le temps. Dans le Paris de l’Occupation, les salles de spectacle sont pleines, les théâtres surtout font recette et certaines œuvres, malgré la censure allemande, parlent aux Français le langage qu’ils veulent entendre (…)

« Hitler ? Connais pas. »2722

Bertrand BLIER (né en 1939), Titre d’un film de 1962

C’est aussi la réponse à un sondage, devenu symbole d’une génération qui n’a pas fait ni même connu la guerre et l’ignore. Plus grave est la volonté pseudo scientifique et politiquement coupable de certains historiens des années 1980 de nier l’existence des camps de concentration, comme si l’holocauste n’avait été qu’une immense illusion collective. On appelle cela le révisionnisme. Élie Wiesel, prix Nobel de la paix (1986), qualifie cette attitude de perversion morale, intellectuelle, politique et sociale.

« Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique. »2723

Marcel PAGNOL (1895-1974), Critique des critiques (1947)

Le Japon, écrasé par les bombardements, résiste encore, trois mois après la capitulation allemande : la caste militaire refuse une telle issue et l’amiral Onishi, inventeur des « kamikazes », envisage froidement la mort de 20 millions de Japonais.

Harry Truman, président des États-Unis, décide le 6 août 1945, de lancer la première bombe atomique. Hiroshima : près de 100 000 morts des suites de l’explosion. Le 9 août, à Nagasaki, deuxième bombe atomique. Hiro-Hito l’empereur impose alors au pays sa volonté : le Japon capitule (…)

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