Barère de Vieuzac : « Détruisez la Vendée ; Valenciennes et Condé ne seront plus au pouvoir de l'Autrichien... » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Révolution

Convention nationale (suite)

Les députés légifèrent remarquablement, mais les sans-culottes font la loi dans la rue et bientôt à l’Assemblée.

Sur fond de guerre civile et étrangère, la Convention accomplit un travail législatif aussi remarquable que les deux premières Assemblées. Paradoxe constant de cette Révolution toujours en marche…

Le service militaire obligatoire remplace le volontariat de 1792 pour les soldats de l’An II. Contre l’Europe des rois, la « guerre totale » est décrétée. Le Tribunal révolutionnaire est renforcé, mais les sans-culottes font déjà la loi à l’Assemblée, en attendant que la Terreur soit décrétée.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Détruisez la Vendée ; Valenciennes et Condé ne seront plus au pouvoir de l’Autrichien. Détruisez la Vendée ; l’Anglais ne s’occupera plus de Dunkerque. Détruisez la Vendée ; le Rhin sera délivré des Prussiens… »1524

Bertrand BARÈRE de VIEUZAC (1755-1841), Discours, Convention, 1er août 1793

Histoire parlementaire de la Révolution française ou Journal des Assemblées nationales (1834-1838), P.J.B. Buchez, P.C. Roux.

(…) Le génocide semble inscrit dans le décret voté le 1er août, après ce discours incendiaire (…) Il faut des « mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle, à faire disparaître leurs repaires, à incendier leurs forêts, à couper leurs récoltes. L’humanité ne se plaindra pas ; c’est faire son bien que d’extirper le mal (…) » L’armée vendéenne est anéantie à Savenay (23 décembre 1793), les colonnes infernales font la « terre brûlée » et exécutent 160 000 civils, au début de 1794 (…)

« Le nouveau système de poids et mesures, fondé sur la mesure du méridien de la Terre et la division décimale, servira uniformément dans toute la République. »1525

Décret du 1er août 1793 à la Convention. Archives parlementaires de 1787 à 1860 (1906), Assemblée nationale

Après le décret génocidaire, même jour, même lieu, les mêmes hommes votent ce texte qui établit l’uniformité et le système général des poids et mesures. Malgré les guerres civiles et extérieures qui mettent la patrie en danger, malgré la crise des subsistances, les émeutes et les insurrections répétées (…) envers et contre tout, les députés font du bon travail, à l’Assemblée (…) Le système va s’étendre à l’Europe.

« Après avoir longtemps marché sur des ruines, il faut élever le grand édifice de la législation civile. »1526

CAMBACÉRÈS (1753-1824), rapport fait à la Convention nationale sur le premier projet de Code civil, 21 août 1793

Juriste sous l’Ancien Régime, nourri de la philosophie des Lumières, il parle au nom du Comité de législation (…) Mis en chantier trois ans plus tôt par la Constituante, le projet sera trois fois rejeté : trop long et pas assez révolutionnaire, puis trop court, victime des courants politiques contraires… C’est quand même une étape importante dans l’histoire du droit.

« Rien au monde ne fait plus d’honneur aux Français que d’avoir été capables de se donner froidement, impassiblement leur Code civil au milieu du délire de 1793. »1527

Edgar QUINET (1803-1875), La Révolution (1865)

Onze ans plus tard, c’est le Code Napoléon et Cambacérès est toujours là, président du Sénat et du Conseil d’État, bientôt archichancelier de l’Empire. « La France [qui] a été gouvernée par des coutumes, souvent par des caprices, et jamais par des lois » (selon Mme de Staël) réalise en quelques années le vieux rêve d’unification juridique de la monarchie.

« Dès ce moment jusqu’à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en état de réquisition permanente pour le service des armées. »1528

Décret sur la levée en masse, Convention, 23 août 1793 (…)

Suite au rapport de Barère de Vieuzac et au nom du salut public, l’Assemblée vote le décret de levée en masse et de guerre totale. Au volontariat de 1792 succède le service obligatoire, rendu inévitable par les guerres de la première coalition, et le recul de nos armées (…) Les soldats de l’an II atteindront presque le million.

« Il n’existe qu’une sorte de délit à ce tribunal, la haute trahison, et il n’y a qu’une seule peine, qui est la mort. »1529

ROBESPIERRE (1758-1794) réaffirmant la terrible vocation du Tribunal révolutionnaire, Convention, Discours du 25 août 1793 (…)

Créé le 10 mars, avec 12 jurés, cinq juges et un accusateur public (Fouquier-Tinville), ce tribunal d’exception juge tout individu suspect de porter « atteinte à la liberté, l’égalité, l’unité, l’indivisibilité de la République » ou de fomenter des complots tendant à rétablir la royauté. Le jugement, sans appel, est exécutoire dans les 24 heures (…) Le Comité de salut public (…) et le Comité de sûreté générale (…) sont les deux autres outils du gouvernement révolutionnaire théorisé par Robespierre (…)

« C’est ici la guerre ouverte des riches contre les pauvres ; ils veulent nous écraser ; eh bien ! il faut les prévenir et les écraser nous-mêmes ; nous avons la force en main. »1530

Pierre-Gaspard CHAUMETTE (1763-1794), 4 septembre 1793 à la Commune de Paris (Hôtel de Ville) (…)

Extrémiste hébertiste, il revendique la pauvreté qu’il a vécue. La crise des subsistances et la reddition de Toulon aux Anglais provoquent l’émeute : deux journées révolutionnaires. D’abord les rassemblements ouvriers du 4 septembre, puis, le lendemain, une manifestation organisée (…) En fait, les sans-culottes veulent une répression plus expéditive des « méchants » : comploteurs, affameurs, traîtres à la patrie et autres suspects (…)

« Guerre aux tyrans ! Guerre aux aristocrates ! Guerre aux accapareurs ! »1531

Mots d’ordre des sections populaires des sans-culottes, 5 septembre 1793 (…)

Un long cortège d’émeutiers, précédé de Pache et de Chaumette, encadré par les Hébertistes et les Enragés, s’ébranle de l’Hôtel de Ville à la Convention. Les sans-culottes n’ont pas besoin, comme au 2 juin, de violence pour faire plier l’Assemblée qui cédera à la plupart de leurs revendications économiques (…)

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