« la veuve Capet n'a pas craint de se livrer à des indécences... » | L’Histoire en citations
FOUQUIER-TINVILLE  « la veuve Capet n'a pas craint de se livrer à des indécences... »
Citation du jour

 

Sous la Révolution et l’Empire, la haine atteint des sommets et les pires rumeurs sont les meilleures. Le XIXe siècle se joue entre censure et liberté d’expression, l’impopularité se nourrit des scandales et des « affaires » sous la IIIe République. Guerres et révolutions aggravent encore la situation.

« Immorale sous tous les rapports et nouvelle Agrippine, elle est si perverse et si familière avec tous les crimes qu’oubliant sa qualité de mère, la veuve Capet n’a pas craint de se livrer à des indécences dont l’idée et le nom seul font frémir d’horreur. »1541

FOUQUIER-TINVILLE (1746-1795), Acte d’accusation de Marie-Antoinette, Tribunal révolutionnaire, 14 octobre 1793

Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (1862), Émile Campardon.

« Marie-Antoinette de Lorraine d’Autriche, âgée de 37 ans, veuve du roi de France », a répondu le 12 octobre à un interrogatoire (secret) portant sur des questions politiques et son rôle auprès du roi.

Au procès public, elle répond à nouveau et sa dignité impressionne la foule. L’émotion est au comble, quand Fouquier-Tinville aborde ce sujet intime des relations avec son fils. L’accusateur public ne fait que reprendre les rumeurs qui ont politiquement assassiné la reine, à la fin de l’Ancien Régime. L’inceste (avec un enfant âgé alors de moins de quatre ans) fut l’une des plus monstrueuses.

Au lendemain de son exécution (le 16), le journal très populaire d’Hébert titre sur « La plus grande joie du Père Duchesne après avoir vu de ses propres yeux la tête du Veto femelle séparée de son col de grue et sa grande colère contre les deux avocats du diable qui ont osé plaider la cause de cette guenon. » L’article est de la même veine.

« Mettre à la gueule du canon tous les accapareurs, les financiers, les avocats, les calotins, et tous les bougres qui n’ont vécu jusqu’à présent que pour le malheur public. »1523

Jacques HÉBERT (1757-1794), Le Père Duchesne, fin juillet 1793

Hébert a pris le relais de Marat (assassiné), en plus extrême. Dans son journal, il élargit ainsi la notion de suspect, multiplie les appels aux meurtres et adopte le programme des « Enragés ». Le Père Duchesne, seul grand journal populaire après disparition de L’Ami du peuple (de Marat), aura jusqu’à 200 000 lecteurs. C’est dire l’influence de tels propos ! Le 17 septembre, la loi des Suspects permet d’arrêter « tous ceux qui doivent être considérés comme défavorables au régime nouveau ». La Terreur sera alors légalisée.

« L’ogre corse sous qui nous sommes, / Cherchant toujours nouveaux exploits,
Mange par an deux cent mille hommes / Et va partout chiant des rois. »1765

Pamphlet anonyme contre Napoléon

Encyclopædia Universalis, article « Premier Empire »

De nombreux pamphlets contribuent à diffuser la légende noire de l’Ogre de Corse, contre la légende dorée entretenue par la propagande impériale.

Les rois imposés par Napoléon sont nombreux, pris dans sa famille ou parmi ses généraux : rois de Naples, Hollande, Westphalie, Espagne. Royautés parfois éphémères, souvent mal acceptées des populations libérées ou conquises. Quant aux pertes humaines, les historiens estimeront à un million les morts de la Grande Armée, « cette légendaire machine de guerre » commandée par l’empereur en personne.

« Trochu : participe passé du verbe trop choir. »2349

Victor HUGO (1802-1885), janvier 1871

L’Année terrible (2009), Pierre Milza

Hugo ne va pas rater le mot, quand le général Trochu démissionne, après une résistance bien passive : « On ne peut faire deux choses à la fois : tenir un fusil d’une main et un bulletin de vote de l’autre. » L’histoire lui doit ce mot sur l’impopularité de certains rôles et l’inconfort de certaines situations historiques.

Rappelons qu’il fut à la fois gouverneur militaire de Paris et chef du gouvernement de la Défense nationale, dans la capitale assiégée et révoltée d’une France engagée dans une guerre déjà perdue avec la Prusse. Dans une telle situation, il aurait fallu un homme d’une autre trempe que Trochu.

Révolution

 

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