Grégoire de Tours : « Tout lui réussissait, parce qu'il marchait le cœur droit devant Dieu. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Mérovingiens et Carolingiens : deux dynasties royales parfaitement incarnées au Moyen Âge.

Loin des Gaulois et des BD qui les ont immortalisés et caricaturés, voici Clovis et Charlemagne : deux personnages aux traits de caractère attachants, fascinants ou repoussants, mais bien réels.

Reflets des mœurs du temps, ils contribuent à les changer dans le sens d’un évident progrès : moins de violence et plus de civilisation. La religion joue aussi un rôle capital, dans cette évolution et dans leur vie.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

Personnage de Clovis

« Tout lui réussissait, parce qu’il marchait le cœur droit devant Dieu. »60

GRÉGOIRE de TOURS (538-594), Histoire des Francs (Historia Francorum)

(…) Clovis, roi converti, se montre assez ardent dans sa nouvelle religion pour que l’évêque de Tours parle ainsi de cet ancien barbare.

« Clovis fit périr tous les petits rois des Francs par une suite de perfidies. »61

Jules MICHELET (1798-1874), Histoire de France, tome I (1835)

Petit-fils de Mérovée qui s’illustra dans la guerre contre les Huns, à la tête des Francs saliens, il va fonder la première dynastie des rois francs, dits Mérovingiens. Mais il aura du mal à affirmer son pouvoir (…) dans une Gaule divisée, à peine sortie des Grandes Invasions.

« Il avait reçu une peuplade barbare, il a laissé une grande nation chrétienne. »62

Mathieu Maxime GORCE (1898-1979), Clovis (1935)

(…) Héritier d’un modeste royaume (…) il l’agrandit considérablement au terme d’une série de victoires sur les Alamans, les Wisigoths et autres barbares (…) Converti au catholicisme, il gagne l’appui de ses sujets gallo-romains et favorise l’expansion de la religion qui procure à la royauté un ferment d’unité.

Personnage de Charlemagne

« Il respirait dans toute sa personne, soit qu’il fût assis ou debout, un air de grandeur et de dignité. »63

ÉGINHARD (vers 770-840), Vie de Charlemagne (écrite dans les années 830)

(…) Biographie en deux parties : guerres menées par Charlemagne ; portrait de l’empereur, la vie à la cour, son testament. Précieux document, contemporain des faits et gestes relatés (…) Mais nulle allusion à la légendaire « barbe fleurie ».

« Il savait résister à l’adversité et éviter, quand la fortune lui souriait, de céder à ses séductions. »64

ÉGINHARD (vers 770-840), Vie de Charlemagne (écrite dans les années 830)

Le portrait moral du héros ne le cède en rien au portrait physique (…)

« Passionné pour la science, il eut toujours en vénération et comblait de toutes sortes d’honneurs ceux qui l’enseignaient. »65

ÉGINHARD (vers 770-840), Vie de Charlemagne (écrite dans les années 830)

Il mène une véritable politique culturelle, au point que l’on voit en son siècle une « Renaissance carolingienne ». Lui-même est fort savant, quoique autodidacte, ayant appris la rhétorique, la dialectique, le grec, le latin, l’astronomie ; il compose même une grammaire de la langue franque (…)

« J’aimais justement en vous ce que je vous voyais chercher en moi. »66

ALCUIN (vers 735-804), Derniers mots d’une lettre à Charlemagne. Alcuin et Charlemagne (1864), Francis Monnier

Moine anglais (…) et l’« homme le plus savant de son temps ». Charles (qui n’est encore que roi des Francs) le place à la tête de l’école palatine d’Aix-la-Chapelle, en 782. Maître à penser du monde franc, Alcuin promeut l’enseignement des arts libéraux et les ateliers de copies, permettant la diffusion des textes sacrés et profanes (…)

« Ne nous laissons pas engourdir dans un repos qui nous mènerait à la paresse. »67

CHARLEMAGNE (742-814). De gestis Caroli Magni, moine de Saint-Gall

L’empereur est avant tout un homme d’action (…) guerrier sans cesse en campagne (jusqu’en 800, où ses fils le relaient souvent), remarquable organisateur militaire et grand politique.

« Vainqueurs, vaincus, ils faisaient des déserts et dans ces déserts, ils élevaient quelques places fortes, et ils poussaient plus loin, car on commençait à bâtir. »68

Jules MICHELET (1798-1874), Histoire de France, tome I (1835)

Irrésistible avancée de Charlemagne et ses hommes, et avant lui de son père Pépin le Bref, occupant, matant, soumettant, massacrant, déportant, en un mot conquérant : Saxe et Bavière, Armorique (Bretagne) et Normandie, avec des expéditions en Espagne et en Italie (…)

« Les royaumes sans la justice ne sont que des entreprises de brigandage. »69

CHARLEMAGNE (742-814) faisait sienne cette formule de saint Augustin

D’après Éginhard : « Si le comte du Palais lui signalait un procès qui réclamait une décision de sa part, il faisait aussitôt introduire les plaideurs et, comme s’il eut été au tribunal, écoutait l’exposé de l’affaire et prononçait la sentence. » On croirait voir Louis IX, futur Saint Louis.

« Charles, savant, modeste, […] maître du monde, bien-aimé du peuple […], sommet de l’Europe […] est en train de tracer les murs de la Rome nouvelle. »70

ANGILBERT (vers 740-814) parlant de Charlemagne en 799. Encyclopædia Universalis, article « Europe »

Poète et historien, ministre, conseiller et ami de Charlemagne (…) l’un des acteurs de cette Renaissance culturelle. La « Rome nouvelle » désigne l’Empire d’Occident reconstitué, soit en gros les six premiers pays du Marché commun, ancêtre de l’Union européenne (…)

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