Hugo : « Haine vigoureuse de l'anarchie, tendre et profond amour du peuple. » | L’Histoire en citations
Hugo « Haine vigoureuse de l'anarchie, tendre et profond amour du peuple. »
Citation du jour

 

Napoléon III et Victor Hugo : duo devenu très vite duel « à mort ».

Le plus grand poète du siècle, coauteur (avec Napoléon…) de la légende napoléonienne, est séduit par le Nom et les idées sociales affichées par Louis-Napoléon. Très vite déçu par l’homme et sa politique, il devient son plus redoutable opposant, exilé pendant près de vingt ans pour mieux le combattre. Cette histoire dans l’Histoire illustre à sa manière (très partisane et particulière) les avantages et les inconvénients du Nom à porter, dans le cas de Napoléon III.

« Haine vigoureuse de l’anarchie, tendre et profond amour du peuple. »2178

Victor HUGO (1802-1885), devise de L’Événement, juillet 1848-septembre 1851

Formule empruntée à l’un de ses discours électoraux de mai 1848.

Le poète, qui a renoncé au théâtre (après l’échec des Burgraves), entre sur la scène politique. Élu député par la bourgeoisie, le 4 juin, favorable à la fermeture des Ateliers nationaux, mais partisan résolu de la répression des journées insurrectionnelles qui a suivi, Hugo demeure profondément libéral. Tout en refusant le socialisme, il va s’opposer au gouvernement Cavaignac qui, avec le parti de l’Ordre, menace la liberté de la presse et multiplie les mesures répressives.

Dans son journal, créé avec l’aide de son ami Émile de Girardin, grand patron de presse, il dicte ou écrit la plupart des articles, même s’il ne signe pas. Il a d’abord deux buts précis et corollaires : promouvoir sa propre candidature à la présidence de la République et défendre le suffrage universel pour cette élection à venir. Au passage, il attaque le général, qui est candidat et très populaire : « M. Cavaignac n’a encore remporté de victoires que contre les talents et les libertés. De pareils Austerlitz sont toujours des Waterloo ! »

Dès le mois d’octobre, influencé par Girardin, Hugo renonce à se présenter, mettant L’Événement au service du prince Louis-Napoléon, qui lui apparaît comme la solution au drame du pays. Mission vite et bien accomplie : « Le citoyen Bonaparte élu président de la République. » Au suffrage universel par 75 % des votants, (5,5 millions de voix).

Mais tout se gâte et les ambitions impériales de Louis-Napoléon vont apparaître clairement.

« C’est parce que je veux la souveraineté nationale dans toute sa vérité que je veux la presse dans toute sa liberté. »2206

Victor HUGO (1802-1885), Assemblée législative, 9 juillet 1850

Le défenseur des libertés s’oppose ici à la loi sur la presse qui va rétablir le timbre et le cautionnement, le 16 juillet. Le prince qui gouverne chaque jour un peu plus la France déplaît chaque jour davantage à Hugo.

« Ce gouvernement, je le caractérise d’un mot : la police partout, la justice nulle part. »2211

Victor HUGO (1802-1885), Assemblée législative, avril 1851

Le parti de l’Ordre est devenu impopulaire, par ses lois trop réactionnaires ; les monarchistes sont divisés sur le nom d’un candidat, après la mort de Louis-Philippe (26 août 1850). Louis-Napoléon Bonaparte se pose plus que jamais en homme providentiel et sait se rallier un nombre grandissant de partisans.

Hugo qui avait mis son journal, L’Événement, au service de sa candidature, est désormais son principal opposant. Le libéral en lui est révolté : le président de la République manipule habilement l’opinion et exploite à son profit la peur – peur de la révolution, peur d’un vaste complot démocratique, peur de l’incertitude née de la Constitution qui empêche sa réélection en 1852. Des troubles dans le pays affolent le bourgeois.

« La France a compris que je n’étais sorti de la légalité que pour entrer dans le droit. Plus de sept millions de suffrages viennent de m’absoudre… »2220

Louis-Napoléon BONAPARTE (1808-1873), plébiscité les 21 et 22 décembre 1851

Le pays (au suffrage universel rétabli) approuve massivement le coup d’État du 2 décembre, qui permet au président, contrairement à la Constitution, de se faire réélire : 7 439 216 oui contre 640 737 non. Mais c’est un scrutin sous haute surveillance, et l’opinion publique est manipulée.

« Qu’importe ce qui m’arrive ? J’ai été exilé de France pour avoir combattu le guet-apens de décembre […] Je suis exilé de Belgique pour avoir fait Napoléon le Petit. Eh bien ! je suis banni deux fois, voilà tout. Monsieur Bonaparte m’a traqué à Paris, il me traque à Bruxelles ; le crime se défend, c’est tout simple. »2221

Victor HUGO (1802-1885), Pendant l’exil (écrits et discours de 1852-1870)

Hugo a fui le 11 décembre 1851, pour éviter d’être arrêté. L’exil commence. Il va durer près de vingt ans, avant le triste retour au lendemain de l’abdication de l’empereur, en pleine guerre, à la veille de la défaite et de la Commune.

Second Empire et Troisième République

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