Cambacérès : « [Napoléon] avait l'air de se promener au milieu de sa gloire. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Premier Empire

Chronique

1810-1811. Napoléon, « souverain de l’Europe »

Ayant brisé trois coalitions, rêvant de faire de Paris la capitale du monde et « l’air de se promener au milieu de sa gloire », il distribue des trônes à ses frères, beaux-frères et maréchaux. La France compte 130 départements. L’économie est favorisée par le blocus continental, l’épanouissement des beaux-arts et des sciences contribue à la gloire de l’empereur.

Quoique très épris de sa femme, Napoléon répudie Joséphine (stérile). Il épouse « un ventre » pour se donner des ancêtres. Le mariage avec Marie-Louise, fille de l’empereur d’Autriche, flatte son orgueil, mais contribuera à sa perte.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Il avait l’air de se promener au milieu de sa gloire. »1839

CAMBACÉRÈS (1753-1824), archichancelier de l’Empire et duc de Parme, parlant de Napoléon en 1809

Histoire du Consulat et de l’Empire (1847), Adolphe Thiers.

La cinquième coalition, qui réunit l’Angleterre et l’Autriche en 1809, s’est vite soldée par la victoire de Napoléon sur l’Autriche. Défaite par la Grande Armée à Wagram (5 et 6 juillet), elle signe la paix de Vienne (14 octobre), perd 300 000 km2 et 3 500 000 habitants.

« Il est le Souverain de l’Europe. »1840

METTERNICH (1773-1859), 1809. Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d’État, volume II (1880)

(…) Cette domination culminera en 1811 : le Grand Empire comporte 130 départements qui réuniront 45 millions de « Français », plus 40 millions d’habitants des États vassaux (Italie, Espagne, Naples, duché de Varsovie, Confédération du Rhin, Confédération helvétique).

« Celles de mes journées que je passe loin de la France sont des journées perdues pour mon bonheur. »1841

NAPOLÉON Ier (1769-1821), Sénat, 16 novembre 1809. France militaire : histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1833 (1837), Abel Hugo

Trois jours après cette déclaration, la paix avec l’Autriche est publiée dans Paris. La nouvelle déclenche un enthousiasme qui confine au délire. Enfin, la paix ! Napoléon va vivre deux années sans coalition, donc sans guerre – si l’on excepte la guerre d’Espagne qui occupe les trois maréchaux, Masséna, Soult, Suchet.

« Il n’est aucun sacrifice qui ne soit au-dessus de mon courage, lorsqu’il m’est démontré qu’il est utile au bien de la France. »1842

NAPOLÉON Ier (1769-1821) annonçant son divorce au château des Tuileries, devant toute la famille impériale, 15 décembre 1809. Histoire du Consulat et de l’Empire (1847), Adolphe Thiers

Il a pris brutalement cette décision, qui lui coûte infiniment, car il est fort épris de Joséphine, veuve Beauharnais. Mais raison d’État oblige : l’empereur, à 40 ans, veut un héritier qu’elle n’a pu lui donner (…) La vie du couple fut orageuse : la très jolie Créole a beaucoup trompé le jeune et bouillant Bonaparte, l’empereur collectionna ensuite les maîtresses. La naissance de son premier enfant naturel vient de lui prouver que la stérilité ne vient pas de lui.

« Ne conservant aucun espoir d’avoir des enfants qui puissent satisfaire les besoins de sa politique et l’intérêt de la France, je me plais à lui donner la plus grande preuve d’attachement et de dévouement qui ait été donnée sur la terre. »1843

JOSÉPHINE (1763-1814), répondant à Napoléon, 15 décembre 1809. Histoire du Consulat et de l’Empire (1847), Adolphe Thiers

(…) Répudiée pour stérilité, après deux enfants d’un premier mariage, elle a aujourd’hui 46 ans. Le lendemain, l’ex-impératrice quitte les Tuileries pour ne plus jamais y revenir. Largement dotée, elle se retire à la Malmaison et continue d’écrire à l’empereur, qui fait annuler son mariage civil par sénatus-consulte, dès le lendemain, 16 décembre (…)

« Je me donne des ancêtres. »1844

NAPOLÉON Ier (1769-1821), château de Compiègne, 27 mars 1810. Metternich (1965), Henry Vallotton

« Ivre d’impatience, ivre de félicité », il apprend la valse (viennoise) et attend sa future femme, Marie-Louise : archiduchesse d’Autriche, descendante de l’empereur Charles Quint et petite-nièce de Marie-Antoinette (…) Il s’est décidé en février, dans une hâte qui a fort embarrassé l’ambassadeur d’Autriche à Paris : pas le temps de prévenir l’empereur d’Autriche, avant que Napoléon annonce sa décision aux Français ! (…)

« L’Autriche fit au Minotaure le sacrifice d’une belle génisse. »1845

Prince de LIGNE (1735-1814). L’Europe et la Révolution française (1904), Albert Sorel

De Ligne commente le mariage impérial, en authentique et vieux prince autrichien, avec des références mythologiques familières au monde de son temps. Mais qui pense à l’humiliation du père de la mariée, François Ier d’Autriche, empereur romain germanique ? Le mariage de Marie-Louise et de Napoléon a lieu le 1er avril 1810.

« C’est un ventre que j’épouse. »1846

NAPOLÉON Ier (1769-1821). Le Fils de l’empereur (1962), André Castelot

Napoléon confirme la référence à la « belle génisse » sacrifiée par l’Autriche, et assume le rôle du Minotaure prédateur, sans y mettre les formes. Il manifeste tant de hâte qu’on parle d’un enlèvement, plus que d’un mariage. La cérémonie religieuse a lieu le 2 avril 1810. Marie-Louise a 18 ans, il vit une lune de miel de trois semaines qui le comble et sa seconde femme lui donnera un fils, le 20 mars 1811 : le roi de Rome.

« Mon mariage m’a perdu, l’Autriche était devenue ma famille, j’ai posé le pied sur un abîme recouvert de fleurs. »1847

NAPOLÉON Ier (1769-1821). Correspondance de Napoléon Ier, publiée par ordre de l’empereur Napoléon III (1858)

En 1810, François Ier, empereur d’Autriche, lui a donné sa fille pour sceller la paix, au lendemain de ses défaites. Trois ans après, conseillé par Metternich, il se joindra aux alliés de l’Europe contre son gendre : sixième et dernière coalition, qui amène la chute de l’Empire (…)

« Pourvu que cela dure. »1848

Madame MÈRE, alias Marie Letizia (ou Laetitia) Ramolino (1750-1836). Mercure de France, volume CXXXI (1919), publié par Alfred Louis Edmond Vallettee

La mère de Napoléon eut treize enfants. Mariée à 14 ans et morte à 97, cette forte femme vit modestement, à l’écart de la cour. Qu’on imagine ce qu’elle pensait, devant l’incroyable ascension du plus célèbre de ses fils, qui ne manque pas une occasion de distribuer des titres et des terres à toute sa grande famille, frères, sœurs et conjoints (…) Mais la précarité d’un tel Empire n’est que trop évidente, alors même qu’il est à l’apogée de son destin (…)

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