Hugues de Launoy : « Je promets à Dieu que cette [paix] sera entretenue de ma partie et que jamais ne l'enfreindrai. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Charles VII termine la Guerre de Cent Ans et reconquiert son royaume.

Charles VII a repris courage : en vingt ans, il reconquiert la Normandie et sagement réconcilié avec Philippe le Bon, puissant duc de Bourgogne, « boute » les Anglais hors de France. Il ne leur reste que Calais. C’est la fin de la guerre de Cent Ans.

Père de 13 enfants, affligé d’un fils très comploteur (le futur Louis XI), Charles VII est follement épris d’Agnès Sorel, la Dame de Beauté - première favorite royale sur une longue liste, elle a une bonne influence politique.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Je promets à Dieu que cette [paix] sera entretenue de ma partie et que jamais ne l’enfreindrai. »351

Hugues de LAUNOY (première moitié du XVe siècle), au nom du duc de Bourgogne. Chroniques (posthume, 1826), Enguerrand de Monstrelet

Après la reconquête d’une partie de la « France anglaise » (Nord et Centre), le roi de France Charles VII et le duc de Bourgogne, enfin réconciliés, signent la paix d’Arras, le 21 septembre 1435. Ce renversement des alliances, même au prix d’importantes concessions territoriales de Charles VII, ramène l’espoir. Paris est repris en avril 1436 (…)

« À toute personne qu’ils [les écorcheurs] rencontraient, ils demandaient : Qui vive ? Si on était de leur parti, on était simplement dépouillé de tout ; si on était du parti adverse, on était volé et tué. »352

Journal d’un bourgeois de Paris (chronique anonyme des années 1405 à 1449)

Année 1440. La paix d’Arras laisse « sans emploi » les bandes de mercenaires bourguignons. Voici revenu le temps des Grandes Compagnies et des routiers (…) Et voilà que la peste est de retour et décime la population. Et voilà la famine. Cependant que la guerre de Cent Ans avec les Anglais continue.

« Pendant plus de dix ans, tous les champs se couvrirent de saules et autres arbres, d’épines, de buissons et furent transformés en forêts impénétrables. »353

Thomas BASIN (1412-1491), Histoire de Charles VI et de Louis XI

Prélat et chroniqueur, évêque de Lisieux et membre du conseil privé de Charles VII, il décrit le pays de Caux en Normandie, vers 1440.

« Par ma foi, beau-frère et beau-cousin, je vous dois aimer par-dessus tous mes autres princes de ce royaume, et ma belle cousine, votre femme ; car si vous et elle ne fussiez, je fusse demeuré toujours au danger de mes adversaires, et n’ai trouvé meilleur ami que vous. »354

Charles d’ORLÉANS (1391-1465), au duc Philippe de Bourgogne, 1440. Chroniques (posthume, 1826), Enguerrand de Monstrelet

Le prince poète (frère de Charles VI) lui doit d’être libre, après vingt-cinq ans de captivité en Angleterre ! Son « beau-frère et beau-cousin », Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon, sera bientôt le prince le plus puissant de toute la chrétienté, à la tête de « l’État bourguignon » qui regroupe beaucoup d’autres terres (…)

« C’est mon seigneur, il a tout pouvoir sur mes actions, et moi, aucun sur les siennes. »355

MARIE d’ANJOU (1404-1463), reine de France. Histoire de France depuis les Gaulois jusqu’à la mort de Louis XVI (1822), Louis-Pierre Anquetil

La reine, qui donna 13 enfants en vingt-trois ans à Charles VII, lui pardonne sa liaison commencée vers 1444 avec Agnès Sorel, première d’une très longue liste de favorites officielles des rois de France (…) La « Dame de Beauté » influence heureusement la politique du roi et redonne confiance à l’homme (…)

« La manière et ordre de vivre des gens d’armes afin de faire cesser la pillerie qui longuement a eu cours au royaume. »356

Préambule de la Grande Ordonnance, publiée le 26 mai 1445

La permanence de l’impôt (consentie à Charles VII par les États généraux) rend possible la permanence de l’armée. Elle est instaurée par la Grande Ordonnance qui permet en outre de récupérer et de payer les mercenaires laissés sans emploi par la trêve de Tours (1444) et d’éviter qu’ils ne redeviennent bandits de grands chemins ou routiers (…)

« Réjouis-toi, franc royaume de France.
À présent, Dieu pour toi combat ! »357

Charles d’ORLÉANS (1391-1465), bataille de Formigny, 18 avril 1450. Histoire des Français (1972), Pierre Gaxotte

Les Anglais ont rompu la trêve de Tours (…) Le Conseil royal autorise la guerre à outrance. C’est la reconquête de la Normandie. La victoire de la nouvelle armée française à Formigny a un immense retentissement : 4 000 tués ou blessés, 1 200 prisonniers anglais, et seulement 12 morts français. C’est le « début de la fin » de la guerre de Cent Ans (…)

« Gloire et paix à toi, roi Charles, et louanges perpétuelles. La rage des ennemis a été vaincue et ton énergie, grâce au conseil du Christ et au secours de la loi, refait le pays qu’une crise si grave avait ébranlé. »358

Inscription de la médaille commémorative de la Libération de la Normandie en 1450. Histoire de la France : dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 (1971), Georges Duby

La campagne de Normandie permet de reconquérir une à une les grandes villes (…) En octobre 1450, plus d’Anglais en Normandie. Reconquête de la Guyenne (Aquitaine) plus difficile en raison de la versatilité des Bordelais, attachés à l’Angleterre par des liens séculaires et commerciaux (…) Bordeaux capitule enfin le 19 octobre 1453 (…)

« Et quand Anglais furent dehors
Chacun se mit en ses efforts
De bâtir et de marchander
Et en biens superabonder. »359

Guillaume LEDOYEN (vers 1460-vers 1540), Chronique rimée de Guillaume Ledoyen, notaire à Laval au XVe siècle

1553 (…) La France respire, la confiance revient et l’ardeur au travail. Les impôts permanents et l’armée permanente, à la fois symboles et moyens d’un État reconstitué, vont permettre de rétablir l’ordre dans les villes et les campagnes. Malgré cela, la dépression économique commune à tout l’Occident freine la reprise (…) qui s’étend sur trois générations.

« À cœur vaillant, rien d’impossible. »360

Jacques CŒUR (vers 1395-1456), devise. Le Grand Cœur (2012), Jean-Christophe Rufin

Elle illustre l’esprit d’entreprise sans limite de cet homme d’affaires aux multiples activités (banque, change, mines, métaux précieux, épices, sel, blé, draps, laine, pelleterie, orfèvrerie), banquier de Charles VII, qui finança comme tel la reconquête de la Normandie (…) Sa vie en forme de roman d’aventures en fait un personnage de la proche Renaissance.

« Mon très redouté seigneur, je me recommande à votre bonne grâce tant et si très humblement que je puis […] vous suppliant de m’avoir et tenir toujours en votre bonne grâce en me commandant vos bons plaisirs pour les accomplir en mon bon pouvoir. »361

Dauphin LOUIS, futur LOUIS XI (1423-1483), Lettre à son père le roi Charles VII, octobre 1452

On ne saurait être plus hypocrite ! Depuis 1447 et jusqu’à la mort du roi, père et fils furent fâchés au point de ne plus se voir. Louis, jaloux de son père, d’Agnès Sorel, du favori de Brézé, par ailleurs impatient de régner, ne cessa de comploter pour prendre sa place. (…) Mauvais rôle plus souvent tenu par « Monsieur », frère du roi, que par le Dauphin son fils (…)

« Ce Dauphin en son Dauphiné, c’est déjà le roi Louis. »362

Pierre CHAMPION (1880-1942), Louis XI (1927)

Né à Bourges en 1423, « petite fleur malingre au jardin de France », le futur Louis XI, pendant dix ans, administre soigneusement le Dauphiné : il y fait son apprentissage de roi, révélant déjà toutes les qualités de l’un des plus grands souverains notre histoire.

« Il a reçu chez lui un renard qui mangera ses poules. »363

CHARLES VII (1403-1461), apprenant que son fils s’est réfugié chez le duc de Bourgogne, fin août 1456. Histoire de France (1833-1841), tome V (1841), Jules Michelet

Philippe III le Bon, duc de Bourgogne, s’est réconcilié avec Charles VII en signant la paix d’Arras (1435). Maître de la Bourgogne, la Franche-Comté, la Flandre, l’Artois et les provinces belges, ce grand féodal est le plus puissant souverain d’Europe. Trop heureux d’accueillir le futur roi de France venu conspirer contre son père… qui sait la perfidie de son fils.

« Je loue mon Dieu et le remercie de ce qu’il lui plaît que le plus grand pécheur du monde meure le jour de la fête de la pécheresse. »364

CHARLES VII (1403-1461), mot de la fin, doublement chrétien, du roi mourant le jour de la sainte Madeleine, 22 juillet 1461

Pécheur, certes : après la mort d’Agnès Sorel, le roi, bien que de complexion maladive, vivait entouré d’un essaim de femmes faciles. Mais beaucoup de rois auront bien davantage de maîtresses, et Charles avait été si mal aimé de sa mère, si malheureux, si méprisé au début de sa vie ! Ce dauphin médiocre se révéla à mi-règne un bon roi (…)

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