Lucien Boyer : « Je vais chanter le bois fameux... » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Première Guerre Mondiale

La bataille de Verdun

La longue et sanglante guerre des tranchées culmine à Verdun, le « cœur de la France », tenu par le général Pétain, bombardé durant cinq mois (février-juillet 1916). Au printemps 1917, des mutineries traduisent la lassitude sur le front, en raison d’offensives incessantes et vaines.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Je vais chanter le bois fameux Où chaque soir, dans l’air brumeux, Rode le Boche venimeux À l’œil de traître, Où nos poilus au cœur altier Contre ce bandit de métier Se sont battus sans lâcher pied Au Bois le Prêtre. »2592

Lucien BOYER (1876-1942), Au Bois le Prêtre (1915), chanson

Destinée à maintenir le moral des troupes, cette chanson évoque un épisode de l’interminable guerre de tranchées.

(…) Le Bois le Prêtre est, avec les Éparges, un des points de l’Argonne témoin des combats les plus acharnés, en cette année 1915 (…)

« Debout les morts ! »2593

Jacques PÉRICARD (1876-1944) du 95e RI (régiment d’infanterie), 8 avril 1915. Fait rapporté par Maurice Barrès, L’Écho de Paris du 18 novembre 1915

Dans l’attaque de la Woëvre (plaine à l’ouest de la Lorraine), les Allemands ont envahi la tranchée, les soldats français gisent à terre. De cet amas de blessés et de cadavres, soudain un homme se soulève et crie. À cet appel, les blessés se redressent et chassent l’envahisseur.

Par cette citation épique et mystique, l’adjudant de 36 ans, engagé volontaire, entre dans la légende en héros (…)

« La faillite de la deuxième Internationale a prouvé que le prolétariat était déterminé par autre chose encore que sa condition économique et qu’il avait une patrie, contrairement à la fameuse formule. »2594

Albert CAMUS (1913-1960), L’Homme révolté (1951)

La « fameuse formule » se trouve dans le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels (1848) : « Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut donc leur ravir ce qu’ils n’ont pas. »

Pendant cette guerre de 1914-1918, les leaders socialistes (Russes et Serbes exceptés) votent les crédits militaires demandés par les « gouvernements bourgeois ». La deuxième Internationale, fondée au congrès de Paris en 1889 par les partis socialistes et sociaux-démocrates de l’Europe, éclate en deux temps (septembre 1915 et avril 1916) et divers mouvements (…)

« Verdun est le cœur de la France. »2595

GUILLAUME II (1859-1941), empereur d’Allemagne, 14 février 1916. L’Épopée de Verdun, 1917 (1917), Gaston Jollivet

1916. Nouvelle année de batailles indécises et sanglantes, dont le plus terrible exemple est Verdun.

(…) Pourquoi, Verdun ? Il y a bien des raisons : tactiques, stratégiques, logistiques, politiques. Et psychologiques. La prise de Verdun, ce serait l’effondrement du moral de l’armée française : « Verdun n’est pas seulement la grande forteresse de l’Est destinée à barrer la route à l’invasion, c’est le boulevard moral de la France », dira le maréchal Pétain.

« Ils ne passeront pas. »2596

Défi des Français face aux Allemands, à Verdun. Verdun 1916 (2006), Malcolm Brown

(…) Joffre fait appel à Pétain, la percée allemande échoue, et on se retrouve face à face, dans une guerre d’usure.

Cette résistance proclamée, c’est d’ailleurs la réaction espérée par les Allemands : voulant à tout prix défendre ce « cœur de la France », l’armée française va épuiser toutes ses forces et l’Allemagne gagnera. Elle ne gagnera pas, et « ils ne passeront pas », mais à quel prix !

Verdun demeure la bataille qui symbolise l’horreur de la Grande Guerre (…)

« Courage ! On les aura ! »2597

Philippe PÉTAIN (1856-1951), derniers mots de l’Ordre du jour rédigé le 10 avril 1916. Verdun, 1914-1918 (1996), Alain Denizot

(…) Commandant de la IIe armée, il prend la direction des opérations après la première offensive allemande, réorganise le commandement, et le ravitaillement des troupes par la Voie sacrée (qui relie Verdun à Bar-le-Duc).

L’équilibre des forces est rétabli, et la brèche colmatée. Il redonne confiance aux « poilus », et même s’il n’obtient pas les renforts demandés, il impose que les troupes soient périodiquement remplacées - c’est le système du « tourniquet », en vertu de quoi 70 % de l’armée française a « fait » Verdun.

Dix mois de batailles de tranchées, chaque jour 500 000 obus de la Ve armée allemande pour « saigner à blanc l’armée française », 80 % des pertes venant de l’artillerie. Chaque unité perdra plus de la moitié de ses effectifs – 162 000 morts et 216 000 blessés, côté français. La saignée est comparable, chez l’ennemi (…)

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