Henri IV : « Je veux que ceux de la religion vivent en paix en mon royaume. Il est temps que nous tous, saouls de guerre, devenions sages à nos dépens. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Naissance de la monarchie absolue (suite) - Règne d’Henri IV - L’édit de Nantes (1598), c’est la Paix.

« La France et moi avons besoin de reprendre haleine » : parole de roi. Ainsi le royaume est-il pacifié en 1598, année heureuse : le traité de Vervins met fin à la guerre étrangère avec l’Espagne et l’édit de Nantes à la guerre religieuse entre catholiques et protestants.

Le Vert Galant aime la vie, les (jeunes et jolies) femmes, mais ça ne l’empêche pas de faire son métier de roi et de penser au bonheur de son peuple dont il est proche.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Je veux que ceux de la religion vivent en paix en mon royaume. Il est temps que nous tous, saouls de guerre, devenions sages à nos dépens. »639

HENRI IV (1553-1610), résumant la philosophie de l’édit de pacification de Nantes, signé le 13 avril 1598 (…)

Clauses religieuses : liberté de conscience, liberté du culte réformé (…) Clauses politiques : amnistie, égalité civile, accès à tous les emplois (…) Clauses territoriales et militaires : disposition d’une centaine de villes de sûreté. Acte de tolérance, unique dans l’Europe de l’époque, il met fin à trente-huit années de guerres de Religion, mais favorise l’existence d’un « État dans l’État » (…)

« Cela me crucifie ! »640

CLÉMENT VIII (1536-1605), à l’annonce de la signature de l’édit de Nantes, 1598 (…)

(…) Allié d’Henri IV, depuis sa conversion en 1594 (…) il lui a donné son absolution en 1595. Mais le 229e pape ne peut approuver l’édit de Nantes : « C’est le plus mauvais édit qui se puisse imaginer. » Il ne faut pas y voir une manifestation d’intolérance. Plutôt la parole d’un homme passionné, horrifié par les progrès de ce qu’il considère comme une hérésie en France (…)

« La liberté des deux religions sera la guérison de cet État. La liberté rompra l’impétuosité de nos divisions. »641

De la concorde de l’État, libelle anonyme (1599) (…)

C’est déjà le langage de la tolérance, tel qu’il s’exprimera à la fin du XVIIe siècle (…) et surtout au XVIIIe, siècle des Lumières. Auparavant, l’intolérance va encore faire des ravages, dans les faits et dans les esprits. Malgré tout, malgré l’hostilité des catholiques et la méfiance des protestants, l’édit de Nantes permet leur coexistence pacifique et provisoire (…)

« La France et moi avons besoin de reprendre haleine. »642

HENRI IV (1553-1610), 2 mai 1598 (…)

Année heureuse, pour la France enfin pacifiée ! Après la paix faite avec les protestants, le roi signe la paix de Vervins avec Philippe II d’Espagne (…) Le pays retrouve les frontières du traité de Cateau-Cambrésis qui mit fin aux guerres d’Italie (1559) et gagne en Europe une autorité accrue (…) Paris, reconquis et libéré se reconstruit (…) mais le pays est dans un triste état.

« La Ligue nous a réduits non à la pauvreté, mais à la mendicité. »643

Étienne PASQUIER (1529-1615), Les Recherches de la France (1633)

(…) Trente-huit années de guerres de Religion doublées de guerres avec l’étranger ont fait des ravages. La misère due à la crise économique s’aggrave avec les épidémies qui déciment les populations (la peste est de retour) et le brigandage qui paralyse le commerce. Soldats et officiers sans plus d’emploi détroussent les voyageurs (…) comme aux pires époques du Moyen Âge.

« En ce temps […] la guerre étant finie entre les hommes, commença celle des loups contre eux. »644

Pierre de l’ESTOILE (1546-1611), Journal inédit du règne de Henry IV (posthume, 1862)

Ce chroniqueur français tient son Journal durant les règnes d’Henri III et Henri IV. En juin 1598, autour de Paris et en Normandie, « on oyait parler d’autre chose que femmes, enfants mangés par les loups, pour châtier les péchés des hommes ».

« J’ai sauté sur des murailles de ville, je sauterai bien sur des barricades. »645

HENRI IV (1553-1610), Déclaration au Parlement, 7 janvier 1599. Mémoires relatifs à l’histoire de France, Journal de Henri IV (posthume), Pierre de l’Estoile

Le Parlement n’a toujours pas approuvé l’édit de Nantes et le roi fait pression devant lui pour obtenir la ratification, indispensable pour que l’édit ait force de loi dans le royaume : « Je couperai la racine à toutes ces factions et à toutes ces prédications séditieuses, faisant accourcir tous ceux qui les suscitent… » (…)

« Les gens de justice sont mon bras droit, mais si la gangrène se met au bras droit, il faut que le gauche le coupe. »646

HENRI IV (1553-1610), Déclaration au Parlement, 7 février 1599. Lettres intimes de Henri IV (1885), Henri IV

Le pouvoir du roi doit s’affirmer face à tous les corps intermédiaires : cours souveraines, états provinciaux, collèges d’officiers, assemblées d’ordres. Avec les Parlements, Henri IV se montre tour à tour bonhomme et menaçant (…) En fait, le roi respectera les institutions (sauf rares exceptions), mais les videra de leur signification.

« Je me passerais mieux de dix maîtresses comme vous, que d’un serviteur comme lui. »647

HENRI IV (1553-1610), à Gabrielle d’Estrées, 1599. Dictionnaire historique, critique et bibliographique (1822), Louis Maïeul Chaudon

Sa belle maîtresse vient de se plaindre de Sully, qu’elle appelle un « valet ». Le duc (…) est un de ses plus vieux compagnons de route, grand voyer de France (…) superintendant des Fortifications et Bâtiments, grand maître de l’artillerie, surintendant des Finances (…) Mais Gabrielle d’Estrées est la plus aimée des femmes, il projetait de l’épouser (…)

« La racine de mon cœur est morte et ne rejettera [repoussera] plus ! »648

HENRI IV (1553-1610), inconsolable à la mort de Gabrielle d’Estrées, 1599. Lettres inédites d’Henri IV et de plusieurs personnages célèbres (1802)

Favorite d’Henri IV (…) Gabrielle d’Estrées se voit reine de France (…) Elle donne de nombreux enfants à Henri IV, dont plusieurs légitimés (…) Le pape ayant annulé le mariage avec la « reine Margot », les noces (…) sont prévues pour le 10 avril 1599 (…) Dans la nuit du 9 au 10 avril, elle meurt (…) empoisonnement, apoplexie foudroyante ? (…) Le mariage avec Marie de Médicis sera un second échec (…)

« Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée et les vrais mines et trésors du Pérou. »649

Duc de SULLY (1560-1641), Économie royale (1594-1597)

(…) Au tournant du siècle, Sully peut enfin entreprendre de réorganiser l’agriculture française (…) Deux autres protestants sont d’une grande aide : premier agronome français, Olivier de Serres (…) et Barthélemy de Laffemas, contrôleur général du commerce (…) Pour la première fois, notre pays a une politique économique cohérente. Richelieu et Colbert suivront cet exemple.

« Je veux qu’il n’y ait si pauvre paysan en mon royaume qu’il n’ait tous les dimanches sa poule au pot. »650

HENRI IV (1553-1610). Histoire du Roy Henry le Grand (1681), Hardouin de Péréfixe

Cet historien lui attribue le mot. La poule au pot fait partie de la légende du roi, au même titre que son panache blanc. Vœu pieux et sûrement sincère, de la part d’un souverain proche de son peuple. Mais malgré les efforts de l’équipe au pouvoir, les petits paysans français sont écrasés d’impôts, exploités par des usuriers, dépossédés de leurs parcelles (…)

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