Chateaubriand : « L'opposition était dans son génie naturel aussi bien que dans sa passion du moment. » | L’Histoire en citations
Chateaubriand : « L'opposition était dans son génie naturel aussi bien que dans sa passion du moment. »
Citation du jour

restauration citationToujours royaliste, Chateaubriand est devenu libéral et opposant résolu aux deux nouveaux rois, Charles X et Louis-Philippe : « Ne me parlez pas des poètes qui parlent de politique ! » Ce qu’il a dit contre Lamartine, il a pu le penser de Chateaubriand.

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« L’opposition était dans son génie naturel aussi bien que dans sa passion du moment. »1994

François GUIZOT (1787-1874), Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps (1858-1867)

Cet historien qui est aussi un habile politicien donne une des clés du personnage de Chateaubriand : ambassadeur à Londres et éphémère ministre des Affaires étrangères en 1823, renvoyé par le roi « comme un laquais », le 6 juin 1824 : « Chateaubriand, quoique sans clientèle dans les Chambres, et sans empire comme orateur, n’en devint pas moins tout à coup un chef d’opposition brillant et puissant. »

Miracle historique ou raisonnable conversion politique ? Le vicomte ultraroyaliste va désormais se faire défenseur des idées libérales, qui ont bien besoin de cette grande voix, parmi d’autres. Hugo jouera bientôt le même rôle.

« Aux époques ordinaires, roi convenable ; à une époque extraordinaire, homme de perdition. »1910

François René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), Mémoires d’outre-tombe (posthume)

Chateaubriand juge Charles X, lors de son accession au trône à la mort de Louis XVIII : « Incapable de suivre jusqu’au bout une bonne ou une mauvaise résolution ; pétri avec les préjugés de son siècle et de son rang. » Mais à côté de cela : « doux, quoique sujet à la colère, bon et tendre avec ses familiers, aimable, léger, sans fiel, ayant tout du chevalier, la dévotion, la noblesse, l’élégante courtoisie, mais entremêlé de faiblesse… » Bref, pas né pour être roi, en 1824 ! On ne peut s’empêcher de penser à la situation de son frère aîné, Louis XVI, accédant au trône en 1774, si mal armé, si faible, dans une situation prérévolutionnaire.

Déçu par la politique, le vicomte avouera : « J’ai vu de près les rois, et mes illusions politiques se sont évanouies. »

« J’ai aidé à conquérir celle de nos libertés qui les vaut toutes, la liberté de la presse. »2003

François René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), Mémoires d’outre-tombe (posthume)

Monarchiste modéré, il mène campagne pour les libertés publiques dans Le Journal des débats et à la Chambre, contre le ministère Villèle qui multiplie les lois réactionnaires. Les pairs modifient tant et si bien la loi sur la presse que Villèle retire son projet, le 17 avril 1827. Et Paris illumine.

« Charles X a essayé de sauver la légitimité française et avec elle la légitimité européenne : il a livré la bataille et il l’a perdue […] Napoléon a eu son Waterloo, Charles X ses journées de juillet. »2030

François René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), Mémoires d’outre-tombe (posthume)

Révolution de juillet, 27, 28, 29. Ce sont les Trois Glorieuses. « Les révolutions sont de magnifiques improvisatrices. Un peu échevelées quelquefois. » Hugo, 28 ans, écrit ses Choses vues (1830). Tous les jeunes romantiques se retrouvent dans l’opposition, Hugo est le plus ardent - début d’une belle et longue vie politique, parallèlement à sa carrière littéraire.

Talleyrand, travaillant à ses Mémoires, entend les troupes de Marmont qui refluent sous ses fenêtres, rue de Rivoli – le Louvre est pris par les insurgés, les soldats se débandent. Le vieux pair de France, qui a vécu tous les tournants de l’histoire depuis la Révolution et survécu à tant d’épreuves, s’interrompt et dicte à son secrétaire. : « Mettez en note que le 29 juillet 1830, à midi cinq minutes, la branche aînée des Bourbons a cessé de régner sur la France ! » Ce même jour, les députés font cause commune avec le peuple. C’est la « Troisième Glorieuse » de cette brève Révolution.

Le 30, Charles X retire les ordonnances. Trop tard. Thiers et Mignet font placarder un manifeste orléaniste. Louis-Philippe attend son heure. Tandis que La Fayette, septuagénaire fringant, est de retour pour son dernier rendez-vous avec l’Histoire, de nouveau à la tête de la garde nationale rétablie, qui occupe l’Hôtel de Ville : on hisse le drapeau tricolore.

« Madame […] votre fils est mon roi ! »2075

François René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), à la duchesse de Berry (mère d’Henri V). Mémoires d’outre-tombe (posthume)

Fait divers historique et rocambolesque. La duchesse a débarqué secrètement en France, le 30 avril 1832. Pour le vicomte de Chateaubriand, Louis-Philippe roi des Français n’est qu’un usurpateur. L’auteur sera poursuivi en cour d’assises pour son Mémoire sur la captivité de la duchesse de Berry, et acquitté en 1833. Quant à la duchesse, elle tente en vain de soulever la Provence, puis la Vendée. Arrêtée le 6 novembre à Nantes, internée au fort de Blaye sous la surveillance du futur maréchal Bugeaud, elle accouche en prison d’une fille, fruit d’un mariage secret : scandale ! La branche légitimiste en est discréditée.

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