La Fontaine : « Je définis la cour un pays où les gens, Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents... » | L’Histoire en citations

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Chronique du jour

 

Règne personnel de Louis XIV - Prologue (suite)

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

La cour, les courtisans et les Grands

« Je définis la cour un pays où les gens,
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu’il plaît au prince, ou, s’ils ne peuvent l’être
Tâchent au moins de le paraître :
Peuple caméléon, peuple singe du maître. »824

Jean de LA FONTAINE (1621-1695), Fables. Les Obsèques de la lionne (1678)

Né bourgeois, « maître des Eaux et Forêts », charge qui laisse des loisirs pour fréquenter les salons, lire les Modernes, leur préférer les Anciens, écrire enfin. Fouquet est son mécène et, à la chute du surintendant (1661), La Fontaine trouve d’autres protecteurs (et surtout protectrices (…) Courtisan à la cour, cependant épris de liberté et fort habile à la gérer, tout en ménageant son confort.

« Pressez-les, tordez-les, [les courtisans] dégouttent l’orgueil, l’arrogance, la présomption. »825

Jean de LA BRUYÈRE (1645-1696), Les Caractères (1688)

Bourgeois parisien, avocat, introduit dans la maison des Condé par Bossuet (…) Il vit une « domesticité » honorable, mais mal supportée. La cour est un bon terrain d’observation pour ce moraliste et fournit un chapitre aux Caractères : publiés anonymement par prudence, immense succès, nombreuses éditions augmentées (…) Revanche du talent et de l’esprit sur la naissance et la fortune.

« Le peuple n’a guère d’esprit et les grands n’ont point d’âme : celui-là a un bon fond et n’a point de dehors ; ceux-ci n’ont que des dehors et qu’une simple superficie. »826

Jean de LA BRUYÈRE (1645-1696), Les Caractères (1688)

Et de conclure : « Faut-il opter ? Je ne balance pas, je veux être peuple. »

« Il n’est pas nécessaire, parce que vous êtes duc, que je vous estime ; mais il est nécessaire que je vous salue. »827

Blaise PASCAL (1623-1662), Discours sur la condition des grands (1670)

Le surdoué du siècle (mort à 39 ans) fréquente les salons et les libertins, pendant une brève période mondaine, mais surtout les savants et les jansénistes (…)

« Qui est plus esclave qu’un courtisan assidu, si ce n’est un courtisan plus assidu ? »828

Jean de LA BRUYÈRE (1645-1696), Les Caractères (1688)

Avoir du talent peut faciliter la vie à la cour (…) Mais la vie du « pur » courtisan est dure : rivalités de personnes, clans et coteries viciant les rapports humains, fêtes perpétuelles où le « paraître » est de rigueur, exigences minutieuses et minutées de l’étiquette, incommodités du château de Versailles aux couloirs froids et sales.

« Toutes les fois que je donne une place vacante, je fais cent mécontents et un ingrat. »829

LOUIS XIV (1638-1715). Dictionnaire de français Larousse, au mot « ingrat »

Les Grands ont perdu tout pouvoir (…) La bourgeoisie a le pouvoir (ministres et membres des Conseils gouvernementaux, intendants de province, fermiers généraux, cadres militaires nouveaux), les places sont très disputées. Le roi sait jouer des rivalités entre ses ministres (clan Colbert contre clan Le Tellier-Louvois) : ainsi le servent-ils mieux et ne risquent-ils pas de s’allier contre lui.

« Les princes ont un pouvoir infini sur ceux qui les approchent ; et ceux qui les approchent ont une faiblesse infinie en les approchant. »830

FÉNELON (1651-1715), Examen de conscience sur les devoirs de la royauté

Fénelon annonce parfois les philosophes du XVIIIe siècle. Mais Louis XIV, bien plus que Louis XV après lui, a une conscience aiguë des droits, devoirs et exigences de son métier de roi, ce qui est une façon personnelle de limiter son pouvoir.

« [Louis XIV] est Dieu, il faut attendre sa volonté avec soumission, et tout espérer de sa justice et de sa bonté, sans impatience, afin d’en avoir plus de mérite. »831

Duchesse de MONTPENSIER (1627-1693), Mémoires de Mlle de Montpensier

La Grande Mademoiselle (…) rescapée de la Fronde et de l’exil qui s’ensuivit, extravagante princesse, illustre l’adage : l’argent ne fait pas le bonheur. Son immense fortune (…) lui attire de nombreux prétendants et d’innombrables ennuis en amour. Elle souffre également de voir la noblesse neutralisée, impuissante et humiliée, sous le règne de Louis XIV.

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