« La patrie est en danger. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Révolution

Assemblée législative (suite)

« La patrie en danger », une réalité qui va devenir obsession révolutionnaire, d’où le massacre du 10 août (1792) et la Carmagnole populaire.

Le décret du 11 juillet proclame « la patrie en danger ». Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin passe par Marseille, remonte à Paris, devient La Marseillaise et galvanise les citoyens soldats.
Exaspéré par le manifeste de Brunswick, général prussien qui menace de détruire Paris, encouragé par Danton, nouveau leader révolutionnaire, le peuple prend d’assaut les Tuileries, le 10 août.

Louis XVI et sa famille se réfugient à l’Assemblée, avant d’être emprisonnés au Temple. Le roi est destitué, le peuple chante et danse la Carmagnole contre « Madam’ et Monsieur Veto ».

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« La patrie est en danger. »1418

Législative, Proclamation par décret du 11 juillet 1792 (…)

Depuis la déclaration de guerre à l’Autriche en avril, les défaites se succèdent aux frontières de l’Est. L’armée de 80 000 hommes est insuffisante et mal dirigée par des officiers surnommés les « vaincre ou courir », face aux Prussiens commandés par Brunswick et aux émigrés français emmenés par Condé, cependant que la menace d’un complot aristocratique plane sur la France. Chacun se prépare à l’invasion étrangère (…)

« S’il est fait la moindre violence, le moindre outrage à leurs Majestés, le roi, la reine et la famille royale, s’il n’est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, à leur conservation et à leur liberté, [les Majestés impériale et royale étrangères] en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion, et les révoltés coupables d’attentats aux supplices qu’ils auront mérités. »1419

Charles Guillaume Ferdinand de BRUNSWICK (1735-1806), Manifeste rédigé le 25 juillet 1792. Journal de Paris (1792)

Fait sous la pression des émigrés, et sans doute de Marie-Antoinette, connu à Paris le 1er août, « le manifeste du général prussien Brunswick […] était, avec ses menaces insolentes de détruire Paris, conçu dans les termes les plus propres à blesser la fierté des Français » (Jacques Bainville, Histoire de France).

« Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs.
Liberté, liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs. »1420

ROUGET de l’ISLE (1760-1836), Chant de guerre pour l’armée du Rhin (1792), devenu La Marseillaise (dernier couplet)

Les fédérés marseillais, appelés à la suite de la déclaration de guerre, ont traversé la France et défilent dans la capitale, avec ce Chant de guerre (…) Connu de tout Paris en un jour, rebaptisé Marseillaise par les Parisiens, diffusé à 100 000 exemplaires par la Convention fin septembre, ce chant entre dans l’histoire de France et deviendra hymne national en 1879, sous la Troisième République (…)

« Depuis longtemps, les factieux ne prennent plus la peine de cacher le projet d’anéantir la famille royale […] Si l’on n’arrive pas, il n’y a que la providence qui puisse sauver le roi et sa famille. »1421

MARIE-ANTOINETTE (1755-1793), Lettre à Fersen, 1er août 1792. (…)

La reine appelle au secours le plus fidèle, le plus sûr, le plus passionné de ses alliés. Axel de Fersen s’est impliqué, personnellement et financièrement, dans la fuite à Varennes. Il a été bouleversé par son échec. Et depuis, il tente de convaincre toutes les cours européennes de sauver le couple royal. En vain. Les deux amants s’écrivent et s’épanchent à profusion (…)

« La fermentation est au comble, et tout semble présager pour cette nuit même la plus grande commotion à Paris. Nous sommes arrivés au dénouement du drame constitutionnel. »1422

ROBESPIERRE (1758-1794), Lettre à Couthon, 9 août 1792 (…)

Et de conclure : « La Révolution va reprendre un cours plus rapide si elle ne s’abîme pas dans le despotisme militaire et dictatorial. » C’est bien vu : il écrit ces mots la veille du drame. Robespierre espérait encore une voie légale. Mais les sans-culottes parisiens supportent de plus en plus mal la monarchie et préparent une nouvelle « journée révolutionnaire » (…)

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime et je pense que je ne saurais être plus en sûreté qu’au milieu de vous. »1423

LOUIS XVI (1754-1793), venu se réfugier à l’Assemblée législative, 10 août 1792. Histoire parlementaire de la Révolution française ou Journal des Assemblées nationales (1834-1838), P.J.B. Buchez, P.C. Roux.

Contexte explosif : patrie en danger, blocage institutionnel, effervescence dans les clubs, agitation des sans-culottes et manifeste de Brunswick qui menace de détruire Paris (…) Danton a fait prendre d’assaut le palais des Tuileries (…) 17 000 assaillants contre 1 800 défenseurs. Louis XVI ordonne à ses Suisses de ne pas tirer sur les émeutiers (…) et se rend à l’Assemblée avec sa famille. Mais les Suisses et les derniers fidèles sont massacrés par les patriotes, au chant de La Marseillaise. Bilan des morts : quelque 600 Suisses, 200 aristocrates et gens de maison aux Tuileries. Le palais est pillé, les têtes promenées au bout des piques. Bonaparte, jeune officier d’artillerie présent au Carrousel, marqué par ce spectacle, méprisera dorénavant la foule.

« Le peuple français est invité à former une Convention nationale […] Le chef du pouvoir exécutif est provisoirement suspendu de ses fonctions. »1424

Législative, 10 août 1792 (…)

Deux mesures prises par l’Assemblée qui ne fait que se survivre jusqu’à la Convention. Juridiquement, ce n’est qu’une suspension de plus ; politiquement, la Législative se saborde et le roi est déchu. Le pouvoir est à la Commune de Paris, c’est la « Première Terreur », elle va durer six semaines : un tournant dans la Révolution (…) La famille royale est transférée à la prison du Temple (…)

« Madam’ Veto avait promis
De faire égorger tout Paris.
Mais son coup a manqué
Grâce à nos canonniers.
Refrain
Dansons la carmagnole
Vive le son vive le son
Dansons la carmagnole
Vive le son du canon ! »1425

La Carmagnole (fin août 1792), chanson. Chansons populaires de France (1865), Librairie du Petit Journal éd

De parolier inconnu, cette Carmagnole est chantée sous les fenêtres du Temple où la famille royale est prisonnière. Monsieur Veto est aussi violemment apostrophé que sa femme. Adoptée par tous les patriotes, la Carmagnole aura de nombreuses parodies, comme la plupart des chants très populaires.

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