Ronsard : « Le Grec vanteur la Grèce vantera... » | L’Histoire en citations

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Ronsard : « Le Grec vanteur la Grèce vantera... »
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Citations louis xiiiMort le 27 décembre 1585, rendons hommage à Ronsard, premier « prince des poètes et poète des princes » sous la Renaissance, avant d’évoquer au XVIIe s. les poètes officiels (un oxymore… et une surprise). Au XIXe, en marge des grands noms (Chateaubriand, Hugo et Lamartine), l’Histoire en citations met à l’honneur le plus populaire des poètes chansonniers, Béranger, pour finir par les poètes de la Résistance, en bonne place dans la Littérature du XXe s.

Ronsard, le plus engagé des poètes de la Pléiade, va vivre assez longtemps pour voir sa douce France sombrer dans la tragédie et en souffrir passionnément.

Feuilletez notre Chronique sur la Renaissance pour tout savoir.

« Le Grec vanteur la Grèce vantera Et l’Espagnol l’Espagne chantera L’Italien les Itales fertiles, Mais moi, François, la France aux belles villes. »

Pierre de RONSARD (1524-1585), Hymne de France (1555-1556)

Le jeune « écuyer d’écurie » entre dans la carrière des lettres. L’éloge de la France est un thème classique, l’expression d’un sentiment national profond, sensible en d’autres lieux, mais sans doute plus intense en cette terre bénie des dieux, faite d’équilibre et de charme, qui lui inspirera, le danger revenu avec les guerres étrangères et civiles, des chansons déjà patriotiques et les Discours enflammés d’une littérature engagée.

« Soyez comme un bon Prince amoureux de la gloire,
Et faites que de vous se remplisse une histoire,
Du temps victorieux, vous faisant immortel,
Comme Charles le Grand [Charlemagne] ou bien Charles Martel. »399

Pierre de RONSARD (1524-1585), L’Institution pour l’adolescence du Roi (1562)

Renonçant à la carrière des armes et à la diplomatie pour cause de surdité précoce, Ronsard devient « le prince des poètes, puis le poète des princes », sans être jamais bassement courtisan. Sincèrement patriote (avant même que n’existe la notion de Patrie), il élabore un art de gouverner à l’intention du roi Charles IX, alors âgé de 12 ans.

« Je veux de siècle en siècle au monde publier
D’une plume de fer sur un papier d’acier,
Que ses propres enfants l’ont prise et dévêtue,
Et jusques à la mort vilainement battue. »412

Pierre de RONSARD (1524-1585), Continuation du discours des misères de ce temps (1562)

Le poète des célèbres Discours se jette dans la mêlée pour parler de la France en peine - en proie aux horreurs de la guerre civile qui ne fait pourtant que commencer. Fidèle à la foi catholique, il s’en prend aux protestants tenus pour responsables des troubles. Après le beau XVIe siècle de la Renaissance et du rêve italien, la France des guerres de Religion sombre dans le cauchemar de l’anarchie, de la haine et du fanatisme : tous les Grands du royaume seront impliqués, et nombre d’entre eux mourront en combattant, ou assassinés – jusqu’au roi Henri III, en 1589.

« De là vient le discord sous lequel nous vivons,
De là vient que le fils fait la guerre à son père,
La femme à son mari, et le frère à son frère. »503

Pierre de RONSARD (1524-1585), Discours des misères de ce temps, Remontrance au peuple de France (1562)

Prince des poètes, devenu poète des princes, il est à présent protégé par le chancelier Michel de L’Hospital. Le massacre de Wassy est l’acte I des grandes « misères de ce temps », qui inspirent ses Discours au patriotisme écorché vif et font de ce fervent catholique un auteur engagé au sens le plus contemporain.

Rappelons la situation. Le 1er mars 1562, François de Guise et ses gens, revenant de Lorraine, voient des protestants au prêche dans la ville de Wassy – pratique interdite par l’édit de janvier. Ils foncent dans la foule au son des trompettes. Bilan : 74 morts et une centaine de blessés. C’est la « première Saint-Barthélemy » et les massacres de huguenots se suivent et se ressemblent dramatiquement à Sens et à Tours, dans le Maine et l’Anjou. Ainsi commence la première des huit guerres de Religion – trente-six années de guerre civile, presque sans répit, jusqu’à l’édit de Nantes (1598).

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