Antoine Duprat : « Le roi de France est empereur en son royaume. » | L’Histoire en citations
Antoine Duprat : « Le roi de France est empereur en son royaume. »
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Citations louis xiiiLa Renaissance française se distingue en Europe par la puissance du roi et le rayonnement de la cour. Ce n’est pas encore la monarchie absolue du siècle de Louis XIV, mais c’est une rupture totale avec le Moyen Âge et même avec Louis XI, dernier grand roi. Les guerres ont du panache, déjà coûteuses en matériel (plus qu’en hommes), la cour est plaisante et le mécénat prospère sans grande censure.

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« Le roi de France est empereur en son royaume. »396

Antoine DUPRAT (1463-1535)

Le Chancelier Antoine Duprat (1935), François Albert-Buisson.

Prélat et grand légiste, premier président du Parlement de Paris (en 1507), précepteur du futur François Ier qui le fait chancelier en 1515. Cette formule résume l’œuvre du roi qui aura eu assez d’autorité (et de temps) pour remettre à leur place Parlements, Universités, haut clergé, féodaux, grande bourgeoisie financière, provinces et villes, bref, tout ce qui menace son pouvoir. De 1484 à 1560, les États généraux ne sont plus convoqués. Des monarques tels François Ier et Henri II ont pu s’en passer, véritablement rois en leur royaume. Même les étrangers le reconnaissent.

« Le roi de France est le roi des bêtes, car en quelque chose qu’il commande, il est obéi aussitôt comme l’homme l’est des bêtes. »397

MAXIMILIEN Ier (1459-1519), vers l’an 1535. Histoire de la France : dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 (1971), Georges Duby

Boutade de l’empereur d’Allemagne (grand-père du futur Charles Quint), affirmant que lui-même n’est que le roi des rois, et le roi catholique (roi d’Espagne) le roi des hommes. Machiavel donne le royaume de France en exemple aux Italiens pour sa solidité et les ambassadeurs vénitiens en France témoignent de même : « Il y a des pays plus fertiles et plus riches ; il y en a de plus grands et de plus puissants, tels l’Allemagne et l’Espagne ; mais nul n’est aussi uni, aussi facile à manier que la France. Voilà sa force : unité et obéissance » (Marino Cavalli, 1546).

« Soyez comme un bon Prince amoureux de la gloire, / Et faites que de vous se remplisse une histoire,
Du temps victorieux, vous faisant immortel, / Comme Charles le Grand ou bien Charles Martel. »399

Pierre de RONSARD (1524-1585), L’Institution pour l’adolescence du Roi (1562)

Prince des poètes, puis poète des princes, sans être jamais bassement courtisan, sincèrement patriote, il élabore un art de gouverner à l’intention du roi Charles IX, alors âgé de 12 ans.

« Guerre faite sans bonne provision d’argent n’a qu’un soupirail de vigueur. Les nerfs des batailles sont les pécunes. »465

François RABELAIS (vers 1494-1553), Gargantua (1534)

Livre polémique où il aborde des questions sérieuses, comme la guerre. Il ridiculise le roi Picrochole, sa folie ambitieuse qui le pousse aux conquêtes (Charles Quint est visé) et l’oppose au bon roi Grandgousier, pacifique et prudent. Mais pour cela, il faut être fort et disposer d’une armée permanente – allusion à la politique militaire de François Ier. Notons l’origine de l’expression « nerf de la guerre » – ou sa réapparition, Thucydide en ayant usé, dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse (ve s. avant J.-C. La métaphore va faire fortune dans l’histoire : les guerres deviennent ruineuses.

« Il n’y a point de place faible, là où il y a des gens de cœur pour la défendre. »449

BAYARD (vers 1475-1524), à François Ier, 31 août 1521 à Mézières

Le « chevalier sans peur et sans reproche » veut convaincre le roi de défendre Mézières contre les troupes de Charles Quint, malgré le mauvais état des fortifications. La sixième guerre d’Italie commence et Bayard triomphe contre les Impériaux.

« Le naturel du Français est de ne jamais abandonner son prince. »451

Joachim du BELLAY (1522-1560). Esquisse d’une histoire de France (1910), Eugène Cavaignac

Ainsi tire-t-il leçon de la vaine tentative du connétable de Bourbon pour détacher la France de son roi. Cela confirme le sentiment national déjà très fort dans cette France de la Renaissance.

« Plaise au roi de me donner cent livres / Pour acheter livres et vivres.
De livres je me passerais / Mais de vivres je ne saurais. »402

Clément MAROT (1496-1544), Quatrain à François Ier

Poète de cour, également « valet de chambre » de la sœur du roi, Marguerite, future reine de Navarre, Marot vit de mécénat comme ses confrères et se bat à coups de vers pour sa place au soleil. Il connaîtra plusieurs fois la prison royale et l’exil genevois, pour ses mœurs (légères), pour ses idées (protestantes).

« Que dit-on à la cour, que fait-on à Paris ? / Quels seigneurs y voit-on, et quelles damoiselles ? »400

Olivier de MAGNY (vers 1529-vers 1561), Les Soupirs (1557)

Poète de cour et secrétaire d’ambassadeur à Rome, il « soupire » après Paris. Jean Bertaut, autre poète de cour, dans son Cantique en forme de confession, parle de « cette ville sans pair, cet abrégé de France ». La mode parisienne fait prime dans le beau monde et le monde tout court, notamment chez les Anglais. La cour, instrument de règne, est une ville de plus de 15 000 personnes, itinérante entre Val de Loire, Fontainebleau et Paris (Louvre) qui retrouve la faveur du roi.

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