Malherbe : « Les ouvrages communs durent quelques années ; Ce que Malherbe écrit dure éternellement. » | L’Histoire en citations

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Malherbe : « Les ouvrages communs durent quelques années ; Ce que Malherbe écrit dure éternellement. »
Citation du jour

Citations louis xiiiLes poètes officiels versifient sans génie, Malherbe et de Piis sont en cela exemplaires jusqu’à la caricature ! Même le grand Racine en oublie d’avoir du talent. L’Histoire en citations est là pour le prouver.

Feuilletez notre Chronique sur la Renaissance pour tout savoir.

« Les ouvrages communs durent quelques années ; Ce que Malherbe écrit dure éternellement. »597

François de MALHERBE (1555-1628), Poésies. Au roi, sonnet

Paroles de poète officiel, fier et conscient de cette charge, largement pensionné par Henri IV depuis sa Prière pour le Roi Henri le Grand allant en Limousin (1605) et qui le restera sans éclipse jusque sous la régence de Marie de Médicis.

« La terreur de son nom [le roi] rendra nos villes fortes :
On n’en gardera plus ni les murs ni les portes,
Les veilles cesseront au sommet de nos tours ;
Le fer mieux employé cultivera la terre,
Et le peuple qui tremble aux frayeurs de la guerre,
Si ce n’est pour danser, n’orra plus de tambours. »655

François de MALHERBE (1555-1628), Prière pour le roi Henri le Grand allant en Limousin (1605)

Ces stances saluent Henri IV, partant en Limousin pour y présider les Grands Jours (session d’un tribunal extraordinaire). L’agitation nobiliaire continue et il va remettre au pas les vassaux du duc de Bouillon qui arment en secret. Cet hymne à la paix est un poème de commande : Henri IV, charmé, prend et gardera Malherbe comme poète officiel.

« Que vivre au siècle de Marie, / Sans mensonge et sans flatterie,
Sera vivre au siècle doré. »666

François de MALHERBE (1555-1628), Ode à la Reine mère du Roi sur les heureux succès de sa régence (1610)

Poète officiel, il s’empresse de saluer l’âge d’or et ses nouveaux maîtres. En réalité, la régence de Marie de Médicis va se révéler catastrophique.

« Elle est digne de lui comme il est digne d’elle.
Des Reines et des Rois, chacun est le plus grand.
Et jamais conquête si belle
Ne mérita les vœux d’un si grand conquérant. »804

Jean RACINE (1639-1699), La Nymphe de la Seine (1660)

Le mariage entre Louis XIV et Marie-Thérèse est célébré le 6 juin 1660, avant l’Entrée triomphale à Paris le 26 août. Poète courtisan, quand il écrit à la louange des jeunes époux, il n’exprime pas moins l’admiration et même la vénération des Français pour leur roi, image de Dieu sur Terre, par ailleurs fort bel homme et attendu comme un nouveau héros de leur histoire. Renonçant au théâtre après la cabale contre sa Phèdre (1677), Racine devient historiographe du roi, produisant des vers laborieux, mais bien payés. Jamais Corneille ni Molière n’ont ainsi asservi leur plume et leur génie.

« Le saviez-vous, Républicains, / Quel sort était le sort du Nègre ?
Qu’à son rang, parmi les humains, / Un sage décret réintègre ;
Il était esclave en naissant, / Puni de mort pour un seul geste / On vendait jusqu’à son enfant. »1598

Pierre-Antoine-Augustin de PIIS (1755-1832), La Liberté des Nègres (1794), chanson

Le « citoyen Piis » est poète de circonstance, comme beaucoup à l’époque. L’esclavage a été aboli le 4 février 1794. Il met sa plume au service de cette cause : dès le 8 février, il fait représenter La Liberté de nos colonies, « vaudeville républicain », au théâtre des Variétés-Amusantes. Auteur à succès sous l’Ancien Régime et jusqu’à la Restauration, en passant par la Révolution et l’Empire, son opportunisme lui vaut l’honneur du Dictionnaire des girouettes (1815).

« Ils se sont embrassés ! / Telles sont les nouvelles,
Dites-m’en de plus belles / Si vous en connaissez :
Ils se sont embrassés […] / Vous, Anglais, pâlissez : / Ils se sont embrassés ! »1828

Pierre-Antoine-Augustin de PIIS (1755-1832), Ils se sont embrassés ou L’Entrevue des deux empereurs à Tilsit (1807), chanson

Premier Empire. À force de faire dans les vers de circonstance, Piis se retrouve Premier Secrétaire général de la Police jusqu’en 1815, sous trois préfets de police successifs ! L’embrassade entre les deux empereurs devint célèbre. Mais sont-ils sincères ? « Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard », dit Napoléon en 1807.

« Des Bourbons généreux, / Le retour en ces lieux / Comble nos vœux […]
Nos yeux sont éblouis, / Nos maux évanouis ; / Vive Louis. »1914

Pierre-Antoine-Augustin de PIIS (1755-1832), God save the King des Français (mai 1814), chanson

« M. Piis redevient royaliste » et se refait donc (médiocre) parolier de circonstance pour chanter, sur l’air de l’hymne national anglais, le retour d’Angleterre du nouveau roi de France.

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