Blanc : « Pour chaque indigent qui pâlit de faim, il y a un riche qui pâlit de peur. » | L’Histoire en citations
Blanc : « Pour chaque indigent qui pâlit de faim, il y a un riche qui pâlit de peur. »
Citation du jour

Après la Révolution, d’autres révolutions agitent le XIXe siècle, en France comme en Europe - éphémère « printemps des peuples » en 1848.

L’industrialisation et la prospérité économique rendent plus révoltant que jamais l’écart entre les riches et les pauvres. Les « mouvements sociaux » se succèdent et font des centaines de morts, voire des milliers (grèves et répressions), mais la misère tue plus massivement. Le socialisme naît et prospère logiquement dans ce contexte.

« Pour chaque indigent qui pâlit de faim, il y a un riche qui pâlit de peur. »2101

Louis BLANC (1811-1882), Organisation du travail (1839)

Cet ouvrage fait connaître le jeune journaliste : il y expose un programme de réformes socialistes qu’il ne va plus cesser de défendre jusque sous la Troisième République.

La fraternité doit guider l’économie. Il préconise des associations ouvrières de production, des Ateliers nationaux qui seront expérimentés, au début de la Deuxième République, au nom du « droit au travail » dûment reconnu, mais inapplicable, du moins en l’état. Trop de chômeurs payés à ne rien faire et rejetés sur le pavé de Paris, d’où les émeutes des 23 au 26 juin 1848, 5 000 morts, le « bonnet de coton » (des bourgeois) usant de la même violence que le « bonnet rouge » (des ouvriers).

C’en est fini de l’idéal généreux des républicains de février et l’apparent consensus national. La réalité, c’est la violence de la lutte sociale, des conflits de classes et de doctrines.

Le député Louis Blanc doit émigrer en Angleterre où il reste jusqu’à la chute du Second Empire : plus de vingt ans d’exil, avant de revenir siéger, fidèle à ses idées, à l’extrême gauche de l’Assemblée.

Toutes les citations qui suivent
sont commentées dans nos Chroniques.

« La nation a admis pour principe fondamental que les pauvres devaient être généreux à l’égard des riches. »1901

Comte de SAINT-SIMON, L’Organisateur (1819)

C’est « le monde renversé » : l’aristocratie terrienne exploite et domine le monde paysan, mais aussi l’État et l’administration. Il incarne le socialisme (utopique) à la française, aux accents messianiques, vingt ans avant le marxisme. Peu d’écho, sauf après sa mort, chez les saint-simoniens… et chez le futur Napoléon III.

« La pauvreté ne sera plus séditieuse, lorsque l’opulence ne sera plus oppressive. »2118

Louis-Napoléon BONAPARTE, L’Extinction du paupérisme (1844)

Le prince qui gouvernera la France a passé six ans en prison (tentative de coup d’État), profitant de sa captivité pour exposer ses théories économiques influencées par le socialisme utopique. Il se présente en protecteur du monde ouvrier. Sincérité socialiste suspecte, à en croire Hugo, dans Napoléon le Petit. Mais Hugo est très partial.

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