Louis XIV : « L’État, c’est moi. » | L’Histoire en citations

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Chronique du jour

 

Règne personnel de Louis XIV (9 mars 1661, mort de Mazarin - 1er septembre 1715, mort de Louis XIV).

Prologue

Détaillé en quatre thématiques à la fois classiques et typiques de ce règne, exceptionnel par sa longueur et par la toute puissance du personnage principal. Florilège de citations d’auteurs connus ou célèbres, à commencer par le Roi.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

La fonction royale

« L’État, c’est moi. »807

LOUIS XIV (1638-1715). L’État baroque : regards sur la pensée politique de la France du premier XVIIe siècle (1985), H. Méchoulan, E. Le Roy Ladurie, A. Robinet

Mot réputé apocryphe, souvent cité, qui reflète la réalité et fut prononcé avant même le début du règne personnel, selon l’historien Louis Madelin (La Fronde) (…) Le président du Parlement de Paris invoquait l’intérêt de l’État (en refusant de signer un édit financier) (…) et le roi le fait taire, le 13 avril 1655. Il a 16 ans.

« Nous sommes la tête d’un corps dont les sujets sont les membres. »808

LOUIS XIV (1638-1715), Mémoires pour l’instruction du Dauphin (1662)

Louis XIV, plus qu’aucun roi, incarne le pouvoir et s’identifie à la France. On trouve cette notion très physique et même sensuelle de la royauté, chez Henri IV, mais le temps n’était pas encore venu de rendre effective la monarchie absolue.

« Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu’on les respectât comme ses lieutenants, se réservant à lui seul le droit d’examiner leur conduite. Sa volonté est que quiconque est né sujet obéisse sans discernement. »809

LOUIS XIV (1638-1715), Mémoires pour l’instruction du Dauphin (1662)

La monarchie est de droit divin et le roi n’est comptable que devant Dieu. Aussi longtemps que dure ce postulat, rien ne peut être remis en question.

« Quelque mauvais que puisse être un prince, la révolte de ses sujets est toujours infiniment criminelle. »810

BOSSUET (1627-1704), Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte (posthume)

L’évêque de Meaux, chef de l’Église en France, pousse très loin la doctrine de la monarchie absolue et de droit divin. Mais il exprime l’opinion de l’immense majorité des Français et des Européens de l’époque, pour qui le roi est l’image de Dieu sur Terre et de sa toute-puissance. Cela dit, être roi est un métier pour Louis XIV (…) qui veut l’exercer rigoureusement.

« Nommer un roi “Père du peuple” est moins faire son éloge que l’appeler par son nom, ou faire sa définition. »811

Jean de LA BRUYÈRE (1645-1696), Les Caractères (1688)

L’auteur apporte ici une nuance à la doctrine de la monarchie absolue. On est encore très loin du siècle des Lumières et de leurs philosophes.

« Ce n’est point pour lui-même que les dieux l’ont fait roi : il ne l’est que pour être l’homme des peuples : c’est aux peuples qu’il doit tout son temps, tous ses soins, toute son affection ; et il n’est digne de la royauté qu’autant qu’il s’oublie lui-même pour se sacrifier au bien public. »812

FÉNELON (1651-1715), Les Aventures de Télémaque (1699)

Précepteur du duc de Bourgogne pour lequel il compose cette œuvre édifiante, ce théologien, devenu archevêque de Cambrai, apporte ici plus qu’une nuance à la notion de monarchie absolue. Ses vues politiques hardies vont déplaire à Louis XIV, mais représentent un courant d’opinion et d’opposition qui se dessine dans la seconde partie du règne (…)

« Ce qu’ils [les rois] semblent faire contre la loi commune est fondé le plus souvent sur la raison d’État, qui est la première des lois mais la plus inconnue et la plus obscure à ceux qui ne gouvernent pas. »813

LOUIS XIV (1638-1715). Raison d’État (2009), Bernard Bachelot

Le roi soumet sa vie à cette raison d’État, et la France du XVIIe siècle suit son roi, presque unanimement, dans les heures de gloire, et dans l’adversité qui marquera toute la seconde partie du règne. Quant à la notion même de raison d’État, elle va être défendue et attaquée dans un débat sans fin.

« Le Français est surtout jaloux de la liberté de se choisir son maître. »814

SAINT-ÉVREMOND (1614-1703). Encyclopédie universelle de la langue française, article « maître »

Moraliste et critique, exilé à Londres en raison d’écrits frondeurs contre Mazarin, il refusera la grâce octroyée par Louis XIV. Mais ses œuvres circulent en France comme en Angleterre. Ce trait de caractère d’un peuple par ailleurs souvent réputé ingouvernable, ce besoin du « père », revient souvent dans l’histoire de France.

« En France et sous nos rois, la chanson fut longtemps la seule opposition possible ; on définissait le gouvernement d’alors comme une monarchie absolue tempérée par des chansons. »815

Eugène SCRIBE (1791-1861), Discours de réception à l’Académie française (1834)

Le peuple chante pour encenser, mais aussi pour critiquer – et avec quelle violence, parfois ! Bien des écrivains n’osent pas, alors qu’au siècle suivant la voix des philosophes s’élèvera pour tempérer l’absolutisme royal. Sous le règne personnel de Louis XIV, nul n’est épargné par les chansons, pas même le roi.

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