Mirabeau : « Cet homme ira loin car il croit tout ce qu'il dit. » | L’Histoire en citations
Comte de Mirabeau Cet homme ira loin car il croit tout ce qu'il dit
Citation du jour

 

Dernier de la bande des 4 (révolutionnaires). Il faut « contextualiser » : la France vit sous la Terreur, oui, mais… c’est lui qui l’organise. Cas unique d’un homme politique qui croit tout ce qu’il dit et le met en pratique. Contesté et admiré, détesté et adulé, l’historien doit citer à charge et à décharge… À vous de juger, de réagir…

« Cet homme ira loin car il croit tout ce qu’il dit. »1306

Comte de MIRABEAU (1749-1791), Mémoires biographiques, littéraires et politiques de Mirabeau (posthume)

Mirabeau, « la torche de Provence », parle de Robespierre, surnommé en 1789 « la chandelle d’Arras » : avocat, mais introverti, solitaire et hypersensible, ce député du tiers état manque d’éloquence à la Constituante. Pour la conviction, il ne craint personne et sera bientôt redouté de tous ses adversaires, peu à peu éliminés.

Autre surnom : l’Incorruptible : « Il aurait payé pour qu’on lui offrît de l’or, pour pouvoir dire qu’il l’avait refusé. » Roederer, député aux États généraux de 1789, n’apprécie pas son confère, ses mœurs au-dessus de tout soupçon et cette vertu érigée en système qu’il voudra imposer à tous.

« Je suis du peuple, je n’ai jamais été que de là, je ne veux être que cela ; je méprise quiconque a la prétention d’être quelque chose de plus. »1407

ROBESPIERRE (1758-1794), Discours aux Jacobins, 2 janvier 1792

Œuvres de Maximilien Robespierre (posthume, 1834)

Maximilien (de) Robespierre, futur révolutionnaire, est d’abord un avocat de province, mondain, poudré, tiré à quatre épingles, épris de notoriété et de respectabilité – tout le contraire d’un Mirabeau ou d’un Marat ! Sous ces apparences lisses couve la passion.

Il s’est imprégné des philosophes, notamment Rousseau visité à Ermenonville, peu avant sa mort : « Personne ne nous a donné une plus juste idée du peuple que Rousseau, parce que personne ne l’a plus aimé. » Le Contrat social est son livre de chevet et va déterminer son engagement politique : selon Jaurès (historien et socialiste), il restera l’homme d’une (seule) grande idée : la nation souveraine.

« Le Ciel qui me donna une âme passionnée pour la liberté m’appelle peut-être à tracer de mon sang la route qui doit conduire mon pays au bonheur. J’accepte avec transport cette douce et glorieuse destinée. »1309

ROBESPIERRE (1758-1794). Réponse de M. Robespierre aux discours de MM. Brissot et Guadet du 23 avril 1792

Discret sous la Constituante et monarchiste constitutionnel, absent de la Législative où il ne pouvait être réélu député, il s’exprime entre amis au club des Jacobins, tribune moins impressionnante que l’Assemblée. Il va se révéler farouche républicain sous la Convention. Il lui reste deux ans à vivre…

Deux ans pour éliminer les factions et les factieux, marquer la Révolution de son empreinte, imposer la Terreur et parler en dictateur : « Nous sommes intraitables, comme la vérité, inflexibles, uniformes, j’ai presque dit insupportables comme les principes. » Discours du 5 février 1794.

« Le correcteur d’épreuves de la Révolution, c’est Robespierre. Il revoyait tout, il rectifiait tout. »1307

Victor HUGO (1802-1885), Quatre-vingt-treize (1874)

Il n’improvise jamais comme Danton : il lit, discours interminables, emphatiques et rhétoriques, rabâchage dénoncé par ses adversaires, rythme incantatoire allant de pair avec la rigueur du raisonnement. On y trouve toujours matière à citation. « Nous voulons substituer toutes les vertus et tous les miracles de la république à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie. » Discours sur le gouvernement intérieur, Convention nationale, 1794.

Et quelle efficacité, dans ce magistère de la parole ! Louvet de Couvray, conventionnel girondin échappé à la charrette de 1793, témoigne : « Ce n’étaient plus des applaudissements, c’étaient des trépignements convulsifs, c’était un enthousiasme religieux, c’était une sainte fureur. » Cela explique la dictature et la Terreur.

Révolution

 

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