Mirabeau : « Gardez-vous de demander du temps ; le malheur n’en accorde jamais. » | L’Histoire en citations
Chronique du jour

 

Révolution

Assemblée constituante (suite)

Premiers malentendus entre hommes (politiques), première manifestation de femmes (anonymes).

Mirabeau, le grand orateur de la Constituante, joue double jeu : il dénonce la banqueroute imminente, en même temps qu’il tente de sauver la monarchie (comme La Fayette).

La misère et le chômage exaspèrent le peuple de Paris. Les femmes, dans une marche symbolique, vont chercher « le boulanger, la boulangère et le petit mitron », autrement dit la famille royale ramenée de Versailles à Paris, le 6 octobre 1789.

Les commentaires sont allégés, les coupes signalées (…) Retrouvez l’intégralité dans nos Chroniques de l’Histoire en citations.

« Gardez-vous de demander du temps ; le malheur n’en accorde jamais. »1348

MIRABEAU (1749-1791), Discours à la Constituante, 26 septembre 1789

L’Orateur du peuple improvise dans le génie : « Aujourd’hui la banqueroute, la hideuse banqueroute est là ; elle menace de consumer vous, vos propriétés, votre honneur, et vous délibérez ! » Mirabeau se fait ici l’avocat du projet Necker (rappelé aux Finances le 16 juillet) prévoyant une contribution volontaire du quart des revenus.

« Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. »1349

MIRABEAU (1749-1791), Discours à la Constituante, 26 septembre 1789

Crise financière et déficit du budget public sont les causes directes de la Révolution. Mirabeau tente de sauver la monarchie, tout en dénonçant les raisons du mal dont souffre le régime : « Deux siècles de déprédations et de brigandage ont creusé le gouffre où le royaume est près de s’engloutir. Il faut le combler, ce gouffre effroyable ! Eh bien, voici la liste des propriétaires français, choisissez… »

« Pour faire sentir toute l’absurdité de ce décret, il suffit de dire que Jean-Jacques Rousseau, Corneille et Gabriel de Mably [le philosophe] n’auraient pas été éligibles. »1350

Camille DESMOULINS (1760-1794). Histoire socialiste, 1789-1900, Volume 1, La Constituante (1908), Jean Jaurès

(…) Le journaliste révolutionnaire Camille Desmoulins, qui n’a pas réussi à être élu député, s’élève contre le système censitaire instauré le 29 septembre 1789. Un tel mode d’élection aurait même exclu Jésus-Christ, selon lui ! (…)

« Pères de la patrie […] tremblez qu’en nous refusant le droit de citoyen en raison de notre pauvreté, nous ne le recouvrions en vous enlevant le superflu. »1351

MARAT (1743-1793). Œuvres de J.-P. Marat (1869), recueillies et annotées par A. Vermorel

Comme Desmoulins, il manifeste une opposition de principe au système censitaire, mais plus violente dans la forme (…) Dans l’Ami du peuple, il défend ardemment la cause des « citoyens passifs », non admis à s’exprimer par le vote. L’attitude de la Constituante s’explique : la majorité, faite de bourgeois et de gens cultivés, craint le peuple illettré, influençable.

Aux femmes de Paris venues à Versailles demander audience au roi pour réclamer du pain :
« Vous n’en manquiez pas quand vous n’aviez qu’un roi. Allez en demander à nos douze cents souverains ! »1352

Comte de SAINT-PRIEST (1735-1821), 5 octobre 1789

Secrétaire d’État à la Maison du roi, nommé ministre de l’Intérieur en août, il désigne en ces termes les députés de la Constituante. Ces nouvelles journées révolutionnaires des 5 et 6 octobre ont pour cause le chômage, la misère, tout ce qui exaspère le peuple de Paris (…) La manifestation pacifique va dégénérer, après une nuit de liesse bien arrosée (…)

« La Reine […] a été trompée, elle promet qu’elle ne le sera plus […] elle promet d’être attachée au peuple comme Jésus-Christ à son Église. »1353

LA FAYETTE (1757-1834), à la foule, Versailles, 6 octobre 1789 (…)

Il s’adresse à la foule qui a forcé les grilles et envahi le château de Versailles, massacré deux gardes du corps. Commandant de la garde nationale, il n’a pu empêcher l’émeute, mais il calme le jeu, apparaissant au balcon avec le roi, la reine (en larmes) et le dauphin dans ses bras : signe de réconciliation symbolique entre Louis XVI et son peuple (…)

« Si l’on avait fait davantage confiance à Monsieur de La Fayette, mes parents seraient encore en vie. »1354

Marie-Thérèse de France, devenue duchesse d’ANGOULÊME (1778-1851). Phrase non « sourcée », peut-être apocryphe

Fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette, seule survivante des enfants royaux, libérée en 1795 à 17 ans, « Madame Royale » reconnaîtra le rôle joué par le héros le plus populaire de la Révolution en ses débuts (…)

« Mes amis, j’irai à Paris avec ma femme et mes enfants : c’est à l’amour de mes bons et fidèles sujets que je confie ce que j’ai de plus précieux. »1355

LOUIS XVI (1754-1793), au matin du 6 octobre 1789 à Versailles. La Révolution française (1965), François Furet, Denis Richet

Le roi ne peut que céder à la foule – des milliers de Parisiens et Parisiennes amassés dans la cour du château de Versailles, criant : « À Paris ! À Paris ! » (…) Il va quitter définitivement Versailles, pour regagner le palais des Tuileries, sa résidence parisienne (…) Un immense cortège s’ébranle à 13 heures : plus de 30 000 personnes (…)

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