Mitterrand : « Les institutions n’étaient pas faites à mon intention. Mais elles sont bien faites pour moi. » | L’Histoire en citations
Mitterrand : « Les institutions n’étaient pas faites à mon intention. Mais elles sont bien faites pour moi. »
Citation du jour

 

5e jour : après de Gaulle, les présidents vont s’accommoder de sa Constitution et de la cohabitation, avec plus ou moins de bonheur et de stature présidentielle. Les temps changent, les hommes aussi, au point que certains souhaitent une Sixième République. La Cinquième qui a fait ses preuves fait quand même de la résistance.

« Les institutions n’étaient pas faites à mon intention. Mais elles sont bien faites pour moi. »3210

François MITTERRAND (1916-1996), Le Monde, 2 juillet 1981

De Gaulle a dit, évoquant dans une conférence de presse (1967) l’après de Gaulle : « Un jour viendra, sans doute, où notre Constitution avec tout ce qu’elle implique sera devenue comme notre seconde nature. »

Mitterrand, l’antigaulliste absolu, a exprimé tout le mal qu’il pensait de cette Constitution, dans un pamphlet fameux, son meilleur livre selon lui, dont le titre seul fait provocation : Le Coup d’État permanent (1964). Il assimilait le régime gaulliste à une dictature et ne reniera jamais sa démonstration polémique.

Pourtant, à peine élu en mai 1981, le principal opposant à de Gaulle donne raison au père de la Cinquième, au moins en cela, déclarant dans le même élan : « J’exercerai dans leur plénitude les pouvoirs que me confère la Constitution. » Il dira et agira de même, lors de ce nouveau cas de figure politique : la cohabitation avec un gouvernement de droite (dès 1986, avec Chirac Premier ministre). En attendant, le camp socialiste ne doute pas de sa victoire aux législatives – la vague rose s’annonce triomphale.

Toutes les citations qui suivent
sont commentées dans nos Chroniques.

« Je ne serai pas un Président-candidat, mais un citoyen-candidat. »3200

GISCARD D’ESTAING, annonce officielle de sa candidature, 2 mars 1981

Le président (centriste) se présente, pour un second septennat, trop confiant. Il reconnaîtra avoir fait une mauvaise campagne. Mitterrand l’emporte donc et Chirac séduit l’électorat de droite qui découvre un homme neuf et battant.

« Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats […] Vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand.
— Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre. »3275

CHIRAC et MITTERRAND, débat télévisé de l’entre-deux-tours, 28 avril 1988

Mitterrand a changé d’adversaire. Après Giscard, il s’oppose à Chirac, Premier ministre sortant. Situation originale qui aboutit au passage le plus marquant de leur duel. Mitterrand sera réélu le 8 mai.

« La cohabitation, c’est le jardin des supplices pour le futur Premier ministre, le jardin des malices pour le président, le jardin des délices pour les nostalgiques de la Quatrième République. »3261

François d’AUBERT, député UDF de la nouvelle majorité, printemps 1986

Au lieu de démissionner, comme ses proches le lui conseillent, Mitterrand assuma la situation. Le compromis, l’arrangement sont dans sa nature. Les heurs et malheurs de Chirac Premier ministre commencent… Au total, trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002. Les Français adorent !

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